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Station-relais, Seki-juku

Seki-juku, une des cinquante-trois stations de la route du Tokaido

Seki-juku qui était la quarante-septième des cinquante-trois stations de la route du Tokaido reliant Edo (actuel Tokyo) à Kyoto durant l’époque Edo. Tokaido longeant le littoral était la plus importante des cinq artères du Japon de l’époque. Les stations-relais appelées shukuba permettaient aux voyageurs de se reposer. Seki-juku était animée avec la procession des seigneurs féodaux, daimyos et les pèlerins se rendant au sanctuaire d’Ise. Elle fait partie de la série d’estampes japonaises, les cinquante-trois stations du Tokaido réalisées par Utagawa Hiroshige.

La plupart des shukuba du Tokaido ont bien changé, mais Seki-juku est la seule où la rangée de maisons historiques est bien conservée. Il y reste environ 200 vieilles maisons construites de la fin de l’époque Edo à l’époque Meiji. Il y a des dessins intéressants à voir.

À l’époque Edo, les shukuba offraient les auberges appelées hatago qui avaient des chambres et servaient les repas aux voyageurs ordinaires et aux samouraïs. Aizu-ya a été l’une des hatago représentatives de Seki-juku. Aujourd’hui, c’est un restaurant où on peut goûter la cuisine régionale.

Tama-ya qui a été une grande hatago de Seki-juku est ouverte au public comme musée. Les ustensiles de table et les documents exposés vous aideront à comprendre comment les voyageurs de l’époque ont passé dans les hatago. Les estampes japonaises, ukiyoe de Hiroshige sont à ne pas manquer.

Seki-juku se trouve dans la ville de Kameyama, préfecture de Mie. C’est à 10 minutes à pied de la gare de Seki de la ligne JR Kansai. Depuis Nara, c’est environ 1 heure et 40 minutes de trajet.

Entrée de la maison de thé Shusui-tei

La maison de thé Shusui-tei

Dans le parc Kyoto-gyoen qui est une oasis pour les Kyotoïtes aujourd’hui, environ 200 résidences des nobles s’alignaient jusqu’à la fin de l’époque d’Edo. La plupart d’entre elles ont été détruites lors de la restauration de Meiji en 1868, mais il reste quelques bâtiments et vestiges historiques.

Shusui-tei située au côté sud du parc est la maison de thé de la famille Kujo, une des familles de la noblesse de cour. C’est la seule architecture qui reste encore au site de la résidence de cette famille. Construite il y a environ 200 ans, elle a été utilisée pour la cérémonie du thé ou le salon de la poésie japonaise, waka. Elle est au bord de l’étang. Les nobles devraient profiter également d’une ambiance de la promenade en bateau.

Vous pourrez admirer une belle harmonie de différents styles d’architecture : le style classique et formaliste shoin et le style libre et ludique sukiya. La pièce à tatami au premier étage destinée à accueillir les invités est empreinte d’une ambiance modeste mais raffinée.

 

Une ancienne maison close, yukaku à Yamato-Koriyama

La ville de Yamato-Koriyama située au sud de Nara est connue pour la culture du poisson rouge. Ce bocal en forme de cabine téléphonique sur la photo a été enlevé, mais on peut trouver des objets à motif de poisson rouge ici et là dans la ville.

Yamato-Koriyama n’a pas été touchée par les bombardements américains lors de la seconde guerre mondiale, des bâtiments d’avant-guerre y sont éparpillés.

Ancienne maison close

Cette architecture en bois de deux étages construite en 1924 a été à l’origine une maison close, yukaku en japonais. Les fenêtres donnant sur la rue sont recouvertes de treillages à lamelle en bois dont la largeur est différente à chaque étage. Son style est comme le machiya, ancienne maison en bois qui a servi de logement et d’atelier ou de lieu de commerce aux habitants.

Elle se compose de deux parties : les pièces à l’ambiance triste réservées aux prostituées (espace de travail) à l’avant et l’habitation luxueuse du patron de la maison close (espace de vie quotidienne du patron) à l’arrière.

Après l’entrée en vigueur de la loi sur la prévention de la prostitution en 1957, elle a été reconvertie en pension et enfin en musée, ou plutôt en salle d’exposition en 2018. Mais sa distribution est presque comme à l’origine et on peut y retrouver une ambiance de l’époque. Son intérieur regorge de dessins élaborés à voir.

Estrade ornée de poupées

En mars, son intérieur est décoré de poupées traditionnelles appelées ohinasama. Ce type de bâtiment représentant l’envers de la société de l’époque peut être considéré comme un héritage négatif, mais mérite d’être vu. On y entrevoit la situation pitoyable dans laquelle les femmes du quartier chaud se trouvaient…

Le nagaya et la vie urbaine

Nagaya dans le quartier de Nakatsu

Le nagaya, savez-vous ce que c’est ? C’est un genre de logement collectif japonais. Il est composé de plusieurs petites maisons collées dans un même bâtiment. Chaque habitation a sa propre entrée qui donne sur la rue. À l’origine, le nagaya s’est développé comme habitation urbaine à l’époque d’Edo (1603-1867). La plupart des marchands et artisans des villes vivaient dans des nagaya construits dans des ruelles. Le nagaya était aussi utilisé comme logements pour les samuraï subalternes. Les habitants de nagaya bavardaient au puits commun, échangeaient des informations et constituaient une petite communauté, un lieu de fréquentation de quartier.

Le nagaya se caractérisait par son intérieur étroit et sombre, mais aujourd’hui, on y voit des astuces variées pour introduire la lumière naturelle ou pour agrandir visuellement les espaces. La rénovation adaptée aux modes de vie modernes apporte un nouveau souffle au nagaya. Ces derniers temps, la rénovation des nagaya anciens en bureau, café ou magasin est en plein boom. Quels sont les charmes du nagaya d’aujourd’hui ? L’ambiance rétro ? À travers la vie dans des nagaya, on peut retrouver ce qui était normal autrefois mais perdu avec le temps, les liens avec le voisinage, la notion d’entraide, la solidarité, etc…

Dans le quartier de Nakazakicho et de Nakatsu, 10 à 15 minutes à pied d’Umeda, centre du quartier Nord à Osaka, il reste encore des endroits empreints de nostalgie. Épargnés par les bombardements aériens de la seconde guerre mondiale, les nagaya et les bâtiments anciens rénovés sont éparpillés parmi les immeubles d’habitation. Le temps s’y écoule lentement. Ce sont des quartiers sympathiques à explorer.

Les machiya en voie de disparition

Machiya (ancienne résidence de la famille Kawasaki)

Quels sont les types d’habitat qui nous font découvrir le style de vie traditionnel japonais ? Le machiya, ancienne maison en bois de marchands est un des représentants. Appelé « lit d’anguille » en raison de sa façade étroite et de son intérieur profond, il sert de logement et d’ateliers aux habitants. On y trouve des astuces variées pour le confort transmises de génération en génération. Surtout à Kyoto, ville au patrimoine riche, non seulement les temples et les sanctuaires mais aussi les machiya construits avant 1950 jouent un rôle majeur dans la conservation du paysage historique de la ville.

Mais les machiya qui servaient de logement y sont en voie de disparition aujourd’hui. Certes, certains d’entre eux ont été rénovés en restaurants, boutiques et hôtels profitant de l’ambiance raffinée, mais de nombreux sont menacés de démolition en raison des coûts d’entretien et de réparation élevés. Selon un sondage effectué par la ville de Kyoto, au moins 5 602 machiya ont été perdus au cours des 7 dernières années de 2010 à 2016.

Même les machiya désignés comme bien culturel risquent d’être démoli. Je prends le bâtiment sur la photo (ancienne résidence de la famille Kawasaki) construit en 1926 pour exemple. Il y a plusieurs pièces de style japonais et de style occidental, une salle de thé de bon goût et un jardin magnifique. Il était utilisé comme musée du kimono. L’an dernier, sa propriété est passée à un agent mobilier de Tokyo et un projet de démolition a été révélé. C’est pour construire des installations d’hébergement ?

Situé dans un quartier bordé de chars décorés lors du festival de Gion, ce machiya constitue un élément important du paysage du quartier depuis longtemps. La ville de Kyoto a averti au propriétaire actuel de ne pas le démolir et pour l’instant, il reste intact. Mais cela n’empêche pas que la situation est inquiétante. Je ne veux pas voir la disparition des biens culturels précieux derrière l’essor du tourisme…

Hôtel Royal Classic Osaka, un nouvel édifice phare du quartier Sud d’Osaka

Hôtel Royal Classic Osaka

Hôtel Royal Classic Osaka construit sur le site de l’ancien théâtre de kabuki au centre d’Osaka. Il est directement relié à la station de Namba de la ligne Midosuji du métro d’Osaka. Son ouverture officielle est prévue pour décembre 2019.

Ce dessin créatif est issu du travail de Kengo Kuma, l’architecte qui a conçu le dessin du Nouveau stade olympique pour les Jeux olympiques d’été de 2020. Le dessin à pignon de la partie inférieure hérite de la façade de l’ancien théâtre.

De la fin des années 1920 au début des années 1930, Osaka a été appelé « Grand Osaka ». En 1925, Osaka a compté plus de deux millions d’habitants et ce qui en a fait la plus grande ville du Japon en dépassant la capitale Tokyo. L’architecture d’inspiration occidentale s’y épanouissait en tant que centre de la culture, de l’art et de l’industrie. Aujourd’hui, Nakanoshima, Yodoyabashi, Kitahama et Semba sont les quartiers connus comme des trésors de l’architecture rétro. Dans le quartier Sud aussi, il reste quelques bâtiments qui ont été construits à l’époque de « Grand Osaka ».

Nankai Building

Nankai Building, l’immeuble relié à la gare de Nankai Namba construit en 1932. Les colonnades corinthiennes sont belles.

Théâtre Shochikuza

Le théâtre Shochikuza situé à Dotonbori, quartier de divertissement le plus renommé d’Osaka. Il a été construit en 1923 prenant comme modèle la Scala de Milan.

L’ancienne demeure Omuro

Cette demeure se trouve dans un quartier résidentiel calme, à 2 minutes à pied de la station de tram Omuro Ninna-ji. Elle a été construite il y a 80 ans.

Dans la grande salle, on peut admirer le reflet de la nouvelle verdure du jardin sur une table. Il est autrement appelé « miroir de jardin ».

L’ajour à motif du mont Fuji dans une imposte est aussi magnifique. J’ai été impressionnée par ce travail délicat.

Mont Fuji

Le jardin est aménagé en utilisant la pente d’une colline. De la salle de thé construite sur une hauteur, on a une belle vue sur le jardin. J’aimerais y prendre une tasse de thé.

La cantine et le belvédère de la préfecture de Nara

La préfecture de Nara se trouve dans la rue principale est-ouest qui mène au sanctuaire shinto Kasuga-taisha. En face, on voit le temple Kofuku-ji. Comme c’est un organe administratif, la plupart des touristes passent devant sans y entrer. Mais il y a des endroits idéals pour la pause.

Cantine de la préfecture de Nara

La cantine en libre-service de la préfecture de Nara.Elle n’a l’air de rien… Mais elle est ouverte au grand public, pas uniquement au personnel de la préfecture. Comme déjeuner, elle offre trois types de plats du jour à 520 yens chacun. On peut y manger aussi à la carte (des nouilles, des bols de riz, donburi, et du riz au curry, etc). Chaque semaine, la carte du lundi au vendredi y est affichée. On achète des tickets de repas au distributeur. On y mange bien à un prix abordable. Cette cantine se trouve au 5ème étage du bâtiment principal de la préfecture. On a donc d’ici, une belle vue sur la ville de Nara en mangeant.

Belvédère de la préfecture de Nara

À l’étage du dessus (au dernier étage du bâtiment), il y a un espace de pelouses qui offre une jolie vue panoramique sur Nara. C’est un endroit peu connu et pourtant très agréable et reposant. Que diriez-vous d’y passer ? Les beaux paysages de Nara vous accueilleront.

Vue panoramique sur Nara

La pagode en bois vs la pagode en pierre

La pagode qu’on voit au Japon est la fusion du stupa indien, monument où sont vénérées les reliques du Bouddha et de la tour d’observation chinoise. Construite principalement en bois, elle est constituée d’un socle, d’un corps et d’une flèche. Elle comporte plusieurs étages (impaires), le plus souvent cinq. À l’intérieur, il y a un pilier central, mais sans escalier. La pagode de style japonais est donc destinée à être admirée de l’extérieur comme architecture symbolique du bouddhisme.
N’y a-t-il pas de pagodes en bois à sept étages ou plus au Japon ? Si, mais la pagode en bois à sept étages n’existe plus.

Au sanctuaire shinto Tanzan-jinja situé en banlieue de Nara, il y a une pagode à treize étages. C’est la seule pagode en bois à treize étages au monde. Reconstruite au XVIème siècle, mais son aspect élégant et balancé vous coupera le souffle.

pagode à treize étage

Chez nous, les pagodes à sept étages ou plus sont construites principalement en pierre. Je vous présente des représentants.
Voici la plus haute pagode en pierre à treize étages au Japon. Elle se trouve au banc de sable de la rivière Uji (Kyoto), pas dans l’enceinte du temple bouddhiste. Elle a été construite afin de prier pour le repos de l’âme des poissons capturés et pour la sécurité du pont qui franchit la rivière Uji.

Pagode en pierre à Uji

Voici la pagode en pierre à treize étages au temple Hannya-ji (Nara). Elle date du XIIIème siècle. La pagode simple qui se dresse, entourée de cosmos est belle.

Pagode en pierre au temple Hannya-ji

L’ancienne prison de Nara rénovée en hôtel de luxe

L’ancienne prison de Nara est l’une des cinq prisons modernes construites à l’ère Meiji au début du XXème siècle. Les bâtiments en brique de cette époque restent tels quels. En raison de son apparence élégante, on ne peut pas imaginer que ce soit une prison. Mais à l’intérieur, cinq bâtiments de cellules s’étendent en étoile depuis le poste de gardien disposé au centre. C’est une vraie prison. Elle était utilisée jusqu’en 2017. Il est dit que ces cellules seront rénovées en chambre. Alors, le poste de gardien sera rénové en réception ? L’ouverture de l’hôtel est prévue pour 2021.

Ancienne prison de Nara