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Jardin

Un moment de calme avant la saison des momiji

Une escapade à Shiga, la préfecture voisine de Kyoto qui est toujours aussi bondée.
Au pied des montagnes à l’est du lac Biwa se dressent trois temples de l’école Tendai qui jouissaient autrefois d’une grande puissance : le Saimyo-ji, le Kongorin-ji et le Hyakusai-ji, regroupés sous le nom de « Koto Sanzan ».
Cette fois-ci, j’ai visité pour la première fois le Kongorin-ji et le Hyakusai-ji.
Si ces lieux s’animent mi-novembre avec l’arrivée des visiteurs venus contempler les momiji, j’ai pu, cette fois, savourer pleinement leur atmosphère sereine et empreinte d’histoire.

Le temple Kongorin-ji
Temple Kongorin-ji
Temple Kongorin-ji

Ce temple a été fondé au VIIIème siècle sur ordre impérial. À son apogée, le site comptait plus d’une centaine de bâtiments et de nombreux moines y étudiaient et s’y entraînaient. Bien qu’il ait été pris dans les incendies de la période Sengoku du XVIème siècle, ses principaux édifices, comme le bâtiment principal et la pagode à trois étages, ont échappé à la destruction, préservant ainsi l’aspect original du temple jusqu’à nos jours. Le cœur du complexe se trouve à environ 500 mètres de la porte principale. Bien que la montée constitue un petit exercice physique, la vaste enceinte vous permet de profiter du paysage à votre rythme, loin de la foule des touristes qui se presse dans les temples célèbres de Kyoto.

  • Le tarif d’entrée au temple Kongorin-ji est de 800 yens.
  • Il se trouve à 15 minutes en taxi de la gare d’Inae, sur la ligne JR Biwako.
Le temple Hyakusai-ji
Temple Hyakusai-ji
Temple Hyakusai-ji

Fondé au début du VIIᵉ siècle en tant que haut lieu du bouddhisme de la région, ce temple est l’un des plus anciens de la préfecture de Shiga. Présentant autrefois l’aspect d’une forteresse, le temple a subi des dégâts dévastateurs lors des incendies de la période Sengoku du XVIème siècle, mais ses bâtiments principaux ont été reconstruits au XVIIème siècle au milieu des vastes vestiges de murs en pierre. Le long escalier de pierre serpentant au milieu des arbres majestueux qui mène au pavillon principal dégage une sérénité empreinte d’histoire, loin de l’ambiance des temples situés en ville.

  • Le tarif d’entrée au temple Hyakusai-ji est de 600 yens.
  • Il est accessible en 15 minutes de taxi depuis le temple Kongorin-ji.
Petite info

Pendant la saison des momiji, des navettes desservant les trois temples de Koto Sanzan circulent depuis la gare JR de Hikone (à environ 50 minutes en train de la gare de Kyoto). Cette année, elles circuleront du jeudi 19 au dimanche 29 novembre.
Le pass d’une journée coûte 2 500 yens pour les adultes. Pourquoi ne pas faire une excursion d’une journée pour admirer les feuillages d’automne dans ces temples chargés d’histoire ?

Kombu

Une expérience gustative autour du kombu

Avez-vous déjà entendu parler du dashi, qui joue un rôle clé dans la cuisine japonaise ?
La base des saveurs profondes et délicates de cette cuisine repose sur l’umami, une saveur extraite grâce au dashi, un bouillon pur élaboré à partir d’eau et d’ingrédients soigneusement sélectionnés. Ces derniers sont principalement l’algue kombu, les flocons de bonite séchée (katsuobushi), les petites sardines séchées (niboshi) et les champignons shiitake séchés. En particulier, le dashi à base de kombu et de bonite séchée, au goût délicat et raffiné, est indispensable à la cuisine japonaise. Il est d’ailleurs aussi utilisé dans la cuisine française comme ingrédient secret pour les sauces et les soupes.

Rausu-Kombu
Rausu-Kombu

En ce qui concerne le kombu, je sais que certains touristes étrangers n’apprécient pas particulièrement le goût ou l’odeur des algues. Pourtant, ceux qui aiment le thé vert gyokuro pourraient bien apprécier le dashi de kombu. En effet, les feuilles de gyokuro contiennent une grande quantité de théanine, un composant de l’umami dont la structure chimique est très proche de celle de l’acide glutamique, la composante responsable de l’umami dans le kombu. La principale région productrice de kombu au Japon est Hokkaido. Il y a trois principaux types de kombu : le Rishiri-Kombu, le Ma-Kombu et le Rausu-Kombu.

Rishiri-KombuMa-KombuRausu-Kombu
Région productriceDans le nord (les îles de Rishiri et de Rebun)Dans le sud (autour de Hakodate)Dans l’est (la péninsule de Shiretoko)
GoûtSubtile et raffinéDoux et riche en saveurRiche, puissant et aromatique
Couleur du dashiQuasiment transparenteLimpide et doréeJaunâtre
Plat idéalSoupe Suimono, Tofu chaud (Yudofu)Plats mijotés, KobujimeFondue, Oden, Soupe pour udon et soba

Itsutsuji no Kombu 五辻の昆布 × Kombu to Men Kiichi 昆布と麺 喜一

Itsutsuji no Kombu
Itsutsuji no Kombu

Fondé en 1902, Itsutsuji no Kombu est un magasin spécialisé dans le kombu situé dans le quartier de Nishijin, à Kyoto. Il propose une large gamme de produits, allant du kombu pour le dashi jusqu’au kombu pour le tsukudani (plat mijoté) ou pour le grignotage, et est apprécié par les habitants depuis de nombreuses années. Dans le cadre d’une nouvelle initiative, le magasin propose un ramen unique qui met en valeur le kombu. Mais pourquoi le ramen ? Ces dernières années, les assaisonnements instantanés et faciles à utiliser se sont multipliés et on constate un certain désamour pour le dashi de kombu traditionnel. Afin de faire mieux connaître cette algue, en particulier auprès de la jeune génération, ce magasin a donc eu l’idée d’associer le ramen — un plat très populaire chez les jeunes — et le kombu.

Ramen

La base de ce bouillon est un assemblage de Ma-Kombu, Rausu-Kombu et Rishiri-Kombu, infusé à froid avec des fruits de mer, de la bonite fraîchement râpée de Makurazaki, du calmar séché, des coquillages, des fruits à coque, des feuilles de thé et de la tomate séchée.
Sans aucun additif, viande ni assaisonnement kaeshi (sauce d’assaisonnement). C’est un bouillon si pénétrant et savoureux qu’on peut le boire jusqu’à la dernière goutte.

Cependant, il ne s’agit pas simplement de déguster un ramen au bouillon de kombu. C’est une véritable expérience culinaire autour du kombu, comprenant la dégustation comparative de trois sortes de dashi préparés à partir de différentes variétés de kombu, la dégustation d’une petite boule de riz garnie de kombu mijoté, et enfin une démonstration d’oboro-kombu (kombu râpé en de fines lanières). Cela vous permet de découvrir tout le potentiel et la richesse de cette algue emblématique de la cuisine japonaise.

Itsutsuji no Kombu
  • Où
    À cinq minutes à pied de l’arrêt de bus de Senbon-Imadegawa
  • Jours et horaires d’ouverture
    De 9h00 à 18h00 (ouvert tous les jours, sauf les trois premiers jours du Nouvel An)
  • Dégustation
    Le ramen au bouillon de kombu est proposé à l’étage du magasin
    , Kombu to Men Kiichi
Kombu to Men Kiichi
  • Horaires
    3 sessions par jour à 11h00, 12h00 et 13h00 (durée : 45 minutes par session).
  • Réservation
    Sur réservation uniquement
  • Jours de fermeture
    Variables
  • Tarif
    1 520 yens + achat d’au moins un article dans le magasin Itsutsuji no Kombu
  • Condition d’accès
    Interdit aux enfants de moins de 5 ans
  • Remarque
    Pour les touristes étrangers effectuant une réservation ou venant seuls, un formulaire dédié est disponible. Les tarifs sont également différents.
Pavillon flottant

Une petite escapade à Katata, ancienne cité du transport fluvial du lac Biwa

Pavillon flottant
Pavillon flottant

À 20 minutes de train sur la ligne JR Kosei depuis la gare de Kyoto, Katata se situe sur la rive ouest du lac Biwa, à l’endroit où le lac se rétrécit entre ses bassins Nord et Sud.
Le pavillon flottant du temple Mangetsu-ji sur le lac Biwa construit il y a plus de 1 000 ans pour prier pour la sécurité du transport fluvial et pour sauver tous les êtres est un symbole emblématique de Katata. La scène hivernale au coucher du soleil, où une nuée d’oies sauvages se pose autour de ce pavillon, figure parmi les huit vues d’Omi (l’actuelle préfecture de Shiga) et a été immortalisée par le maître de l’ukiyo-e Utagawa Hiroshige.

Katata était autrefois une cité florissante du transport fluvial grâce à sa situation géographique stratégique. À l’origine simple « village de pêcheurs », la cité offrait des produits frais de la pêche du lac Biwa en hommage au sanctuaire Shimogamo-jinja à Kyoto, ce qui lui permit d’obtenir en contrepartie des droits de pêche exclusifs sur le lac. Elle acquit également d’importants privilèges sur le trafic fluvial en percevant des frais de protection auprès des navires en échange de la garantie de leur sécurité, se développant ainsi en une véritable cité autonome à l’époque médiévale.

Aujourd’hui, en raison de sa proximité avec Kyoto, Katata est surtout connue comme une ville-dortoir de l’ancienne capitale. Elle conserve néanmoins de nombreux vestiges et sites historiques qui témoignent de son passé d’autonomie, à l’image des murs de pierre élevés pour la protection de la ville et l’amarrage des bateaux, ou encore du jardin sec de la demeure du puissant clan Isome, qui offre une belle vue sur le lac en arrière-plan.

Nouvelles feuilles de thé

Escapade culturelle autour du thé d’Uji

La région de Yamashiro, située dans le sud de la préfecture de Kyoto, est célèbre pour sa production de thé de haute qualité connu sous le nom de « thé d’Uji ». Elle bénéficie d’un sol et de conditions climatiques favorables à la culture du thé. À Wazuka, Ujitawara et Minami-Yamashiro, les champs de thé s’étendent à perte de vue.

L’histoire du thé d’Uji remonte au début du XIIIᵉ siècle, lorsqu’un moine a introduit des graines de théier auprès des villageois d’Uji, centre de la région de Yamashiro, à son retour de Chine. Ainsi, on pense souvent que le thé d’Uji est uniquement fabriqué à partir de feuilles de thé récoltées dans les environs de la ville d’Uji. En réalité, le thé d’Uji est une marque de thé vert élaboré à partir de feuilles produites dans quatre préfectures — Kyoto et les préfectures voisines de Shiga, Nara et Mie — selon la méthode de fabrication traditionnelle de la région d’Uji.

Autour du quartier de grossistes en thé
Autour du quartier de grossistes en thé

La région de Yamashiro jouait un rôle important non seulement dans la production du thé, mais aussi dans sa distribution. Récemment, l’exportation du thé japonais s’est développée à la suite du boom du matcha. Cependant, de la fin de l’époque d’Edo à l’ère Meiji (1868-1912), le sencha (thé vert infusé) a été exporté en grande quantité comme thé de consommation courante, notamment aux États-Unis. La rivière Kizugawa, qui coule dans cette région, constituait un nœud de transport fluvial ; autour du quartier de Kamikoma, situé au cœur de ce réseau, un quartier de grossistes en thé s’est formé, devenant ainsi un haut lieu de la distribution et du commerce extérieur.

Fukujuen Yamashiro-kan

Parmi la vingtaine de grossistes en thé qui subsistent dans ce quartier, Fukujuen, fondé sur place en 1790, est le plus important. En 2025, la maison a ouvert un nouvel établissement qui retrace l’histoire et la culture du thé de la région de Yamashiro. On y découvre le passage de la fabrication artisanale du thé à sa mécanisation, ainsi que d’anciennes machines à thé. De plus, il est possible d’y fabriquer son propre matcha en moulant du tencha à l’aide d’une meule en pierre, puis de le déguster.
Le tencha est obtenu en cuisant à la vapeur de jeunes pousses de thé cultivées à l’ombre, puis en les séchant sans les malaxer. Après en avoir retiré les tiges et les nervures, on les broie à l’aide d’une meule en pierre pour obtenir du matcha.
Dans certaines boutiques de thé, vous pourrez parfois observer la fabrication du matcha à l’aide d’une machine. La méthode traditionnelle à la meule en pierre, quant à elle, demande du temps car il faut broyer le thé minutieusement, en conservant une vitesse, une force et une direction constantes. C’est grâce à cela que l’on obtient un matcha plus doux et aérien.
C’est une expérience un peu fatigante, mais en broyant environ 4 à 5 grammes de tencha, on peut préparer deux tasses de matcha. En général, on accompagne le matcha d’une pâtisserie japonaise, mais ici, vous pourrez déguster un gâteau opéra au matcha. C’est délicieux !

  • Fukujuen Yamashiro-kan est situé à 9 minutes à pied au sud-ouest de la gare JR de Kamikoma.
  • L’activité ci-dessus coûte 2 750 yens (30 minutes) par personne. La réservation préalable est obligatoire.
Reimen

Le reimen, des nouilles froides recommandées en été

Les ramen sont très populaires auprès des touristes étrangers. Récemment, pour le déjeuner lors de mes visites guidées, j’en mange souvent avec mes clients. On peut en manger à un prix assez raisonnable au Japon par rapport à l’Europe (ils me disent souvent : « C’est très cher chez nous, environ trois fois plus »). Mais la popularité des ramen n’est pas seulement due à leur prix. Le goût du bouillon, les garnitures variées (on voit récemment des ramen au bœuf wagyu), les accompagnements comme les gyoza et le karaage (poulet frit)… Pour toutes ces raisons, le ramen les attire, je trouve.

Ramen chez Kamukura
Ramen chez Kamukura

Moi aussi, j’aime les ramen. Mais en été, je préfère les nouilles froides reimen. On peut en manger dans les restaurants de ramen et les restaurants chinois. De plus, on trouve facilement des kits de nouilles reimen avec leur sauce (par exemple, à base de sésame) dans les supermarchés.
La préparation est simple : on fait bouillir les nouilles, on les égoutte dans une passoire, on les rince à l’eau courante, puis on les refroidit dans de l’eau glacée avant de bien les égoutter à nouveau.
On dispose sur les nouilles les garnitures de son choix, telles que de fines lanières d’omelette, du concombre, du jambon, des tomates cerises ou du surimi. Enfin, on arrose le tout de sauce. Par rapport aux ramen chauds, les reimen sont légers et faciles à manger, même lorsqu’on n’a pas très grand appétit.
Si vous séjournez dans un Airbnb ou un logement similaire équipé d’une cuisine, pourquoi ne pas essayer ?

Au sommet du mont Wakakusa

Coucher de soleil et vue nocturne depuis le sommet du mont Wakakusa

Situé à l’extrémité est du parc de Nara — célèbre pour ses nombreux daims considérés comme des messagers divins (on en compte 1 687 cette année !) —, le mont Wakakusa, d’une altitude de 342 mètres, offre de douces pentes entièrement recouvertes d’herbe.

Son accès est ouvert du printemps au début de l’hiver, ce qui en fait une randonnée facile d’environ 40 minutes aller. Bien qu’on hésite à y monter en été à cause de la chaleur, la vue sur le coucher de soleil et le paysage nocturne depuis le sommet vaut vraiment le détour. C’est aussi une belle occasion de photographier des daims se découpant sur le soleil couchant (ils y semblent d’ailleurs un peu plus paisibles que ceux restés au bas de la montagne).

Chaque samedi et dimanche du mois d’août, un bus circule depuis les gares JR Nara et Kintetsu Nara pour s’adapter à l’heure du coucher du soleil. Il vous emmène jusqu’au sommet, où vous disposez d’une heure sur place. Une excellente idée pour garder un souvenir inoubliable de votre voyage à Nara.

Informations sur la navette (sans réservation, premiers arrivés, premiers servis)

  • Période : Tous les samedis et dimanches du 1ᵉʳ au 30 août 2026 (attention : aucun service en semaine).
  • Itinéraire Aller :
    Gare JR Nara (sortie Est, arrêt n°4) : 17h45
    Gare Kintetsu Nara (arrêt n°20) : 17h50
    Arrivée au sommet du mont Wakakusa : 18h15
    Itinéraire Retour :
    Départ du sommet du mont Wakakusa : 19h15
    Kencho-mae (devant la préfecture) : 19h38
    Gare Kintetsu Nara : 19h40
    Gare JR Nara : 19h45
  • Tarif (aller-retour) : 1 000 yens pour les adultes (500 yens pour les enfants de niveau primaire et moins).

Plus d’infos concernant l’événement d’été à Nara :

Du 5 au 14 août, le parc de Nara accueille le festival Tokae, une tradition estivale où brille une multitude de bougies. Profitez de ces belles nuits d’été, illuminées par leur douce lueur et les éclairages aux alentours.

Immersion artistique au teamLab Biovortex Kyoto

teamLab est un collectif d’artistes composé de différents spécialistes : artistes, programmeurs, ingénieurs, animateurs 3D, mathématiciens ou encore architectes.
Grâce aux technologies de pointe, ils créent un art numérique immersif et somptueux, où la lumière et les images s’animent et évoluent en permanence au contact du public et des autres œuvres. En 2025, le plus grand musée permanent de teamLab au Japon, « teamLab Biovortex Kyoto », a ouvert ses portes à Kyoto, réunissant plus de 50 œuvres d’art. Prévoyez au moins deux heures (et plutôt trois heures si vous souhaitez prendre votre temps), tant cette expérience artistique fait perdre la notion du temps.

Avec son espace ludique où petits et grands peuvent bouger leur corps et stimuler leur esprit, c’est aussi une sortie idéale en famille. Une activité parfaite pour se rafraîchir et s’émerveiller à l’abri de la canicule estivale de Kyoto.

  • teamLab Biovortex Kyoto est situé à 7 minutes à pied depuis la sortie Hachijo-guchi de la gare JR de Kyoto.
  • Les billets doivent être achetés à l’avance sur le site officiel. Pour les billets horodatés (Entrance Pass), les tarifs varient selon le jour et l’heure de la visite.
Fleur de lotus

Le lotus, fraîcheur de l’été

Après un mois de juin un peu plus frais que d’habitude, la saison des pluies a rapidement laissé place à une chaleur étouffante. C’est le moment de sortir l’ombrelle et le mini-ventilateur !
Mais même sous cette chaleur écrasante, la beauté pure du lotus offre une vraie bouffée de fraîcheur.

Cela dit, le réceptacle de la fleur, une fois fanée, est assez particulier. C’est un peu comme une pomme d’arrosoir, voire un brin étrange… On croirait voir une multitude de petits yeux, mais ce sont en fait ses graines. J’aime manger le rhizome du lotus, mais il paraît que ses graines sont aussi bonnes, cuites à l’eau salée.
Une fois séché, ce réceptacle en forme de nid d’abeilles est très utilisé dans l’art floral ikebana. On en trouve souvent dans les bassins de purification des temples et des sanctuaires, au milieu d’autres fleurs d’été. Ouvrez l’œil lors de vos visites !

Hortensias du temple Yoshimine-dera

Le temple Yoshimine-dera, la pépite aux hortensias de Kyoto

Comme fleurs qui embellissent la saison des pluies au Japon, on peut citer l’iris ensata, la rose trémière, l’hortensia, le nénuphar ou encore le hangesho. La fleur que les Japonais aiment le plus admirer pendant cette période est sans doute l’hortensia. Dans les rues, les jardins ou les parcs… ils sont omniprésents. Il existe aussi un peu partout au Japon des « temples aux hortensias ». Certes, on voit souvent cette fleur star de la saison des pluies dans les temples japonais, mais pourquoi ? En réalité, l’hortensia est une plante étroitement liée au bouddhisme au Japon depuis bien longtemps.

Au Japon, la saison des pluies marque une période de transition saisonnière. Autrefois, à l’époque où la médecine était encore rudimentaire, ce changement de climat causait de nombreux décès. Comme l’hortensia est facile à cultiver et à entretenir, il était alors offert en hommage aux défunts.
Aujourd’hui, pour continuer à attirer les touristes après la saison des fleurs de printemps, les temples japonais rivalisent d’ingéniosité pour séduire sur Instagram. On y aligne de nombreux hortensias en pot, on fait flotter des fleurs dans le bassin de purification, ou on y installe même des parapluies colorés… Certes, cela ne manque pas de charme, mais pour ceux qui préfèrent simplement contempler la beauté naturelle des hortensias, ce décor peut sembler un peu trop chargé, voire distrayant. À cet égard, je pense que le temple Yoshimine-dera est un lieu précieux, où l’on peut admirer la beauté naturelle des hortensias tout en profitant de l’atmosphère paisible d’un temple.

Temple Yoshimine-dera
Temple Yoshimine-dera

Fondé au XIe siècle, le temple Yoshimine-dera est l’un des 33 temples du pèlerinage de Kannon dans la région du Kansai. Niché à la périphérie de Kyoto, à flanc de montagne, son accès se mérite. Son domaine étant particulièrement vaste, la visite s’apparente à une petite randonnée. Cependant, votre fatigue sera vite oubliée face à la vue panoramique sur Kyoto et aux éclats colorés de chaque saison.En ce moment, le site est embelli par de magnifiques dégradés de couleurs d’hortensias.

Un autre joyau du temple se dresse devant la pagode : le Yuryu-no-matsu, un pin à cinq aiguilles âgé de plus de 600 ans. Ses branches s’étirent horizontalement sur 37 mètres, évoquant la silhouette d’un dragon qui joue dans la nature. Un spectacle saisissant à ne pas manquer.

  • Le temple Yoshimine-dera est situé à environ 20 minutes en taxi de la gare JR de Mukomachi.
  • Le tarif d’entrée est de 500 yens.
Jardin de roses

Le jardin de roses du temple Ryosen-ji à Nara

Jardin de roses
Jardin de roses

Un temple singulier situé à l’ouest du centre-ville de Nara … Ce lieu chargé d’histoire est dédié au Bouddha de la médecine. Au printemps comme en automne, il attire également les visiteurs par la beauté de ses roses. Son jardin de roses a été créé en 1957 à l’initiative du supérieur du temple. Ayant vécu la Seconde Guerre mondiale, il souhaitait que les visiteurs ressentent une paix intérieure en admirant les roses. C’est un peu surprenant d’admirer des roses dans un temple traditionnel, mais ce lieu est un spot de roses, très prisé des locaux.

Ce fameux jardin de roses se trouve à droite, juste après avoir franchi le portique torii qui se dresse à l’entrée du temple. Un torii à l’entrée d’un temple ? S’agirait-il alors d’un sanctuaire shinto ? Non, c’est bel et bien un temple bouddhiste. Il n’est pas rare au Japon de trouver un torii dans un temple bouddhiste, témoignage fascinant du syncrétisme religieux shinto-bouddhiste. À l’origine, le torii fait office de frontière spirituelle, marquant la séparation entre le monde sacré et le monde profane. Au temple Ryosen-ji, Benzaiten — une divinité protectrice du bouddhisme issue de l’Inde ancienne — y est profondément vénérée au même titre que le Bouddha de la médecine. C’est pourquoi ce portique s’élève à l’entrée.
Le domaine du temple est vaste, ce qui vous permettra de vous ressourcer en pleine nature, au cœur d’une atmosphère paisible pendant cette période de nouvelle verdure.

  • Pour vous rendre au temple Ryosen-ji, prenez le bus n° 50 depuis la gare de Tomio (ligne Kintetsu Nara) et descendez à l’arrêt « Ryosen-ji » (environ 7 minutes de trajet).
  • Le tarif d’entrée du temple est de 1 000 yens pendant la saison des roses.