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Œuvres du kintsugi

La laque et l’art du kintsugi

La laque appelée urushi en japonais est faite de la sève récoltée sur l’arbre à laque. L’urushiol, le composant principal de la sève, s’oxyde et durcit, ce qui rend la laque très durable, résistante à l’eau, isolante et antiseptique. Elle est utilisée depuis les temps anciens au Japon comme adhésif, enduit et élément de décoration. La relation entre les Japonais et la laque remonte à la période Jomon(-13 000 av. J-C à -400 av. J-C). Les ornements et les objets usuels enduits de laque ont été exhumés dans des sites archéologiques de cette période. Tout au long des siècles, la laque est utilisée non seulement pour les objets quotidiens (bols, assiettes, vase, etc.) mais aussi pour les bâtiments, les statues de Bouddha et les œuvres d’art et fait partie intégrante de la culture japonaise.

On collecte la sève de l’arbre à laque en incisant le tronc. La sève laiteuse suinte des entailles. Après avoir été collectée, elle est filtrée et purifiée. Au Japon, sa collecte se fait à partir d’arbres à laque ayant atteint une dizaine d’année, de juin à septembre et encore en novembre. Une fois que la sève est récoltée, le tronc est abattu. Seulement environ 200 millilitres de sève peuvent être extraits de chaque arbre. À mesure que la sève suinte du tronc, elle change rapidement de couleur et se coagule pour protéger la vie de l’arbre. Ceci est similaire à la façon dont le sang humain forme des croûtes. Une goutte de laque, qui est considérée comme une goutte de sang, est très précieuse.

Arbre à laque
Arbre à laque

Autrefois, il y avait des arbres à laque partout au Japon et la laque était un des matériaux familiers. Mais la demande de laque a diminué au fil du temps et aujourd’hui, environ 97 % de la laque utilisée au Japon proviennent de Chine et seule 2 % environ sont d’origine japonaise. Pour restaurer les trésors nationaux et les biens culturels importants, on utilise la laque japonaise qui conserve un haut niveau de qualité.

Le kintsugi est une technique traditionnelle japonaise de réparation des céramiques, des objets en verre ou des laques ébréchés ou brisés au moyen de laque. La partie réparée est ensuite saupoudrée de poudre d’or (mais selon le cas, d’autres matériaux naturels comme poudre d’argent, laque colorée, nacres incrustées, etc. sont également utilisés). Autrefois, on utilisait quotidiennement la laque comme adhésif pour réparer la vaisselle ébréchée ou abîmée. L’art du kintsugi qui ajoute un élément décoratif à la réparation a été cultivé par les maîtres de thé au XVème siècle. Ils auraient trouver de nouveaux paysages aux fissures et aux ébréchures. Le kintsugi peut offrir une nouvelle vie aux objets cassés. Il est ainsi apprécié comme technique qui contribue à réduire l’impact environnemental causé par des produits jetables en plastique. Il y a aussi le kintsugi simple et moderne dans lequel on utilise la résine synthétique au lieu de la laque comme adhésif. Il est facile comparé au kintsugi traditionnel. Mais ce qui est important dans l’art du kintsugi, ce n’est pas seulement d’embellir les parties réparées d’or mais aussi d’utiliser des matériaux naturels.

Bol réparé avec le kintsugi
Bol réparé avec le kintsugi

Si vous voulez faire l’expérience du kintsugi traditionnel, l’atelier Shitsugei-sha situé près du temple Daitoku-ji à Kyoto est incontournable à visiter.

Exposition des pâtisseries traditionnelles de Kyoto

L’exposition des kyogashi, les pâtisseries traditionnelles de Kyoto

Toutes les essences de la culture japonaise sont condensées dans ces œuvres d’art comestibles de la taille de quelques bouchées. Cette exposition des kyogashi sur le thème de la littérature et de la peinture classiques japonaises se tient chaque année en automne. On peut y admirer des pâtisseries créatives. Le thème de cette année est le tsurezuregusa, un recueil d’essais écrits par le moine Yoshida Kenko il y a environ 700 ans. Ses essais portent sur la beauté de la nature, des incidents humoristiques quotidiens et le caractère éphémère de la vie. Dans un paragraphe, il se demande si la beauté ne consiste que dans la perfection et écrit : Les fleurs de cerisier ne sont-elles merveilleuses que lorsqu’elles sont en pleine floraison ? La lune ne vaut-elle pas la peine d’être vue à moins que ce ne soit une belle pleine lune ? Ce type de sens esthétique mène au concept wabi-sabi qui consiste à apprécier la beauté de l’imperfection.

La salle d’exposition, Yuuhisai-Koudoukan mérite également d’être visitée. C’est un endroit calme et relaxant. Goûtez l’ambiance délicate des kyogashi qui y sont présentés comme des bijoux.

Ancienne villa de la famille Mitsui

Ancienne villa de la famille Mitsui

Ancienne villa de la famille Mitsui (une des plus puissantes familles marchandes de l’époque d’Edo) nichée au cœur de la ville de Kyoto. Elle est située au sud du sanctuaire shinto Shimogamo-jinja. À ce site, il y avait un sanctuaire pour vénérer les âmes des ancêtres de la famille Mitsui. Cette villa était utilisée par la famille pour le repos lors de la visite du sanctuaire.

Elle se compose d’un bâtiment principal avec une tour de guet, d’un bâtiment d’entrée et d’un pavillon de thé. La famille avait à l’origine une demeure dans le quartier de Kiyamachi. Son bâtiment principal construit en 1880 a été déplacé à ce site en 1924. Le jardin n’est pas grand, mais il est beau à chaque saison. C’est agréable d’y faire une promenade. De l’intérieur du bâtiment, vous aurez aussi une belle vue sur le jardin.

Le pavillon de thé abrite deux types de pièces, l’une pour la cérémonie du thé matcha (thé vert en poudre) et l’autre pour celle du thé sencha (thé infusé). Cette dernière donne sur le jardin et crée une ambiance ouverte et décontractée. Il était un peu tôt pour admirer les feuilles rouges d’automne, mais j’ai pu trouver un petit paysage d’automne dans la pâtisserie japonaise qui s’inspire de feuilles d’érable et de ginkgo flottant sur l’eau.

Pavillon d'or

Visiter le temple d’or autrement

Le temple d’or est l’un des sites les plus visités et les plus emblématiques de la ville de Kyoto. Il est recommandé comme un des incontournables lors d’un voyage pour Kyoto. Avant la pandémie de Covid-19, j’emmenais souvent des touristes dans ce temple pour les guider.

Il y avait toujours beaucoup de touristes. À proximité de la porte intérieure, on peut voir le pavillon d’or qui se dresse tranquillement au bord de l’étang miroir. Tout le monde fait sa photo. Mais après l’avoir vu, en suivant le chemin balisé, la plupart des touristes passent avec peu d’intérêt pour les autres endroits de l’enceinte du temple. Parfois, il est difficile d’avancer au sein de la foule.

La situation sanitaire s’améliore petit à petit au Japon. Les touristes (japonais) sont depuis de retour à Kyoto. Pourtant, actuellement, le temple d’or n’est pas aussi bondé de touristes qu’avant.

De nombreux touristes étrangers envahiront-ils ce temple l’année prochaine ? Le chemin vers le pavillon d’or a été modifié. J’espère que cela réduira la saturation des touristes aux spots photo.

Les échoppes, les boutiques de souvenirs et les distributeurs automatiques apparaissent le long du chemin. Personnellement, je n’aime pas son ambiance très touristique et commerciale.

Le pavillon d’or, c’est le clou de la visite du temple. L’année dernière, les travaux de réfection du toit se sont achevés. La statue de phénix sur le toit a également été réparée avec de nouvelles feuilles d’or. Le pavillon d’or qui a retrouvé sa splendeur vous offre une vue à couper le souffle. Mais il y a d’autres choses intéressantes à voir. Explorons ensemble le temple d’or autrement, que ce soit votre première visite ou votre deuxième visite.

Le côté sud de l’étang miroir est le meilleur spot photo du pavillon d’or pour les touristes. Mais le shogun (le fondateur du pavillon d’or) profitait habituellement la vue sur le jardin du côté est de l’étang. Pourquoi ? Que peut-on voir d’ici ?

Le pavillon d’or comporte trois étages. Le rez-de-chaussée est de style des résidences de l’époque. Les premier et deuxième étages dorés sont de style des temples (espaces dédiés au Bouddha). C’est très beau. Mais remarquez aussi son côté nord. C’est plutôt peu intéressant à voir. Il n’y a pas de fenêtres. Pourquoi ?

Côté nord du pavillon d'or
Côté nord du pavillon d’or

Au nord du pavillon d’or vous trouverez deux compostions de pierres et une cascade qui représente une carpe remontant un torrent. De l’eau coule en minces filets vers la fossé étroite et ne se jette pas directement dans l’étang. Pourquoi ?

Le temple d’or abrite deux types de jardins. L’un est le jardin aménagé autour de l’étang miroir où se trouve le pavillon d’or. L’autre est le jardin supérieur aménagé autour de l’étang Anmintaku. La plupart des touristes ne s’y arrêtent pas en disant qu’il n’y a rien d’extraordinaire. Ces deux jardins ont été conçus à différentes époques. En les comparant, on peut voir comment le style de jardin japonais a évolué au fil du temps.

Étang Anmintaku
Étang Anmintaku
Voie décorée avec des hagi

Le hagi ou la lespédèze, l’une des sept fleurs d’automne

C’est le moment où le hagi est le plus beau au Japon. On peut admirer ses fleurs blanches ou violacées. Bien qu’il s’agisse d’une plante plutôt modeste et discrète, le hagi a un lien profond avec la culture japonaise depuis longtemps. De nombreuses plantes figurent dans le Manyo-shu (la première anthologie de poésie japonaise, environ 4 500 poèmes compilés au VIIIème siècle), et le hagi a été la plus appréciée d’entre elles.

Le sanctuaire shinto Nashinoki-jinja, situé près du parc Kyoto-gyoen est un endroit célèbre pour ses hagi. En septembre, on écrit un poème court lié au hagi sur une bande de papier et l’accroche à une branche fine de hagi. Au moment où les hagi sont en pleine floraison, la fête de hagi se déroule dans son enceinte (Cette année, en raison du Covid-19, elle a été annulée…).

Ohagi
Ohagi

Le nom ohagi, une pâtisserie traditionnelle japonaise d’automne provient du hagi.
Il s’agit de boulettes de riz enveloppées avec la pâte de haricots rouges sucrés. On déguste souvent l’ohagi pendant les sept jours avant et après l’équinoxe d’automne, aki-no-higan.

Statues en pierre

Une demi-journée d’excursion à Sagano

Parmi les sites incontournables à ne pas manquer à Kyoto, Arashiyama connu pour sa bambouseraie figure dans les principaux. Mais ces derniers temps, une masse de touristes envahit ce site riche en nature. Il est difficile de goûter une ambiance sereine.

Poussons alors jusqu’à Sagano qui s’étend à l’ouest d’Arashiyama. Il existe un Kyoto calme à quelques pas de l’agitation touristique. Les temples, les jardins, des quartiers résidentiels qui gardent encore un parfum d’autrefois… Une demi-journée de visite suffit pour découvrir les incontournables de Sagano. Voici mes endroits préférés.

Le temple Otagi Nenbutsu-ji

C’est un temple un peu singulier. Vous serez sans aucun doute surpris par ses 1 200 statues en pierre couvertes de mousse, rakan qui représentent les disciples de Bouddha. Puisque chaque statue a été sculptée par des amateurs, chaque visage est différent. Vous trouverez des statues humoristiques.

Le quartier de Saga Toriimoto

Quand vous descendez du temple Otagi Nenbutsu-ji et continuez tout droit, un portique orange torii sera visible sur votre droite. C’est l’entrée du quartier de Saga Toriimoto. Ce quartier paisible qui a été à l’origine un hameau formé autour du portique au XVème siècle a attiré de nombreux visiteurs qui sont allés prier au sanctuaire Atago situé sur le mont Atago. Il est bordé de maisons aux toits de chaume et de machiya, maisons traditionnelles en bois.

Le temple Adashino Nenbutsu-ji

Le mot adashi signifie « éphémère et vain » en vieille langue japonaise. Depuis longtemps, ce quartier Adashino était connu comme endroit où les dépouilles des morts étaient déposées en plein air. Aujourd’hui, l’enceinte de ce temple est remplie d’environ 8 000 statuettes ou pagodes bouddhistes, qui sont les pierres funéraires des morts dispersées autour d’Adashino. Vous serez sensible au caractère éphémère des humains. Il n’est pas toujours agréable de se balader dans son enceinte en raison de son ambiance « lugubre », mais ce chemin bordé de bambous est superbe et idéal pour une petite promenade. Comme il pousse très vite, le bambou est le symbole de la vitalité chez nous. Il me semble que la vie et la mort se mêlent à ce temple.

Le temple Gio-ji et le temple Jojakko-ji

Ce sont des temples chargés d’histoire. Vous pourrez y admirer le moelleux tapis de mousses entretenues avec soin. En automne, le contraste des couleurs rouges des feuilles avec les couleurs vertes des mousses est impressionnant.

La villa Okochi Sanso

Après avoir dépassé le temple Jojakko-ji, vous atteindrez bientôt la villa Okochi Sanso, la villa d’un acteur célèbre de films japonais des années 1930. Elle recèle un merveilleux jardin de promenade. Avec des montagnes en arrière-plan, vous aurez l’impression de vous trouver en pleine nature. Le prix d’entrée de cette villa est un peu élevé pour le tour (1 000 yens, un service de thé vert en poudre compris), mais elle mérite un détour. Quand vous descendez de la villa, vous verrez la célèbre bambouseraie d’Arashiyama devant vous.

Pagode à trois étages

Mes endroits préférés à Kizugawa

La ville de Kizugawa où j’habite est située à l’extrémité sud de la préfecture de Kyoto. C’est aussi une ville limitrophe de Nara. Il est possible de combiner dans la même journée un arrêt à Kizugawa et la visite du bourg Wazuka situé au sud de Kyoto et connu comme utopie du thé japonais ou la visite de Nara. Elle bénéficie d’une nature riche et abrite de nombreux sites historiques. Joruri-ji et Gansen-ji sont de vieux temples recommandés à visiter. Ils se cachent dans un petit village tranquille. Profitez d’un moment de calme de ces havres de paix.

Temple Joruri-ji
Temple Joruri-ji

Au centre de l’enceinte du temple Joruri-ji, il y a un étang autour duquel est aménagé un jardin représentant la Terre pure occidentale, saiho-jodo régnée par le bouddha Amida. Une île s’étire sur l’étang représentant l’océan. Sur le côté ouest de l’étang, se trouve le pavillon principal abritant neuf statues de bouddha Amida. Au XIème siècle où a été fondé le temple Joruri-ji, s’est répandue une nouvelle forme de foi qui permet aux gens d’échapper à l’agitation sociale. Ils ont souhaité le bonheur dans l’au-delà en adressant des invocations à bouddha Amida qui s’engage à accueillir tous les mourants souhaitant entrer en sa Terre pure. À l’époque, de nombreux temples abritant neuf statues de bouddha Amida, chacune représentant l’un des neuf stades du nirvana, ont été établis à Kyoto et ses environs, cependant seul Joruri-ji existe encore.

Pagode à trois étages
Pagode à trois étages

Sur le côté est de l’étang, se trouve la pagode à trois étages où est vénérée la statue de bouddha Yakushi, le bouddha qui guérit les maladies. C’est ce bouddha qui règne la Terre pure orientale lapis-lazulite dans le bouddhisme et enlève des souffrances des humains dans ce monde. Sur le côté est de l’étang, on souhaite que le bouddha Yakushi sauve les hommes souffrants dans ce monde et ensuite, le visage tourné à l’ouest vers le pavillon principal, on souhaite que le bouddha Amida les mène dans sa Terre pure occidentale.

Le jardin représente, en tous temps et en tous lieux, l’utopie religieuse. Dans la culture bouddhique du XIème siècle, le jardin de style de la Terre pure a été apprécié. L’étang représentant l’océan sépare ce monde et l’au-delà. Le jardin de Joruri-ji est un exemple du jardin japonais classique, comme celui du temple Byodo-in à Uji. Petite anecdote, le jardin japonais a été à l’origine influencé plus ou moins par la Chine et la péninsule coréenne, mais le style qui consiste à recouvrir le bord de l’eau avec des galets est unique au Japon. Le « rivage » réalisé avec ce style appelé suhama décrit une belle courbe.

Le temple Gansen-ji est connu comme l’un des temples de fleurs de la région du Kansai. En juin, qui est la saison des pluies au Japon, de belles fleurs d’hortensia embellissent son enceinte. C’est très joli. Il abrite de nombreux biens culturels, dont une statue du bouddha Amida du Xème siècle. Ce qui y est le plus impressionnant, c’est la pagode à trois étages qui se dresse dans un cadre luxuriant. Elle dégage une ambiance douce.

Où sont les démons ?
Où sont les démons ?

À la pagode, regardez les chevrons aux quatre coins. Pourrez-vous remarquer les sculptures en bois de démons qui soutiennent les chevrons ? Leur expression est très humoristique.

Pour se rendre à Joruri-ji et Gansen-ji, prenez le bus local depuis la gare JR de Kamo.
Une petite randonnée entre ces deux temples sera intéressante à faire. Vous pourrez voir des sekibutsu, des statues bouddhiques gravées dans la roche éparpillées le long du sentier. Je vous recommande de commencer par la visite de Gansen-ji (40 minutes de marche en descente douce).

Rue Pontocho

La rue Pontocho en cours de suppression de poteaux électriques

Petite rue étroite, il se peut que vous ne la remarquiez pas. La rue Pontocho qui est l’un des cinq quartiers de geishas de Kyoto se situe à côté de la rivière Kamo. Les lampions où sont dessinés des oiseaux, plus précisément des pluviers vous serviront de point de repère. Si vous cherchez un restaurant, Pontocho vous proposera beaucoup de choix. Il sera aussi intéressant de chercher un restaurant spécial pour vous dans les ruelles et les impasses perpendiculaires à cette rue. Une petite marque de pluvier se voit à l’intersection avec une ruelle qui n’est pas une impasse.

Marque de pluvier
Marque de pluvier

Actuellement, les travaux de suppression de fils électriques surchargés y sont en cours.
Au Japon, on compte plus de 33 millions de poteaux électriques et construit encore environ 70 000 nouveaux poteaux chaque année. Il est impossible de ne pas remarquer des fils et des câbles électriques suspendus dans les airs. Au point de vue de dégradation du paysage, cela est un des exemples de la pollution visuelle. Le Japon est actuellement loin derrière l’Europe, le Singapour ou Hong Kong où 100 % des lignes électriques sont enterrées sous terre. 8 % dans les 23 arrondissements de Tokyo, 6 % dans la ville d’Osaka et 4 % dans la ville de Kyoto où nous devons être fortement sensibilisés à la protection des paysages.

Rivière Kibune

Une randonnée en pleine nature entre Kurama et Kibune (2ème partie)

Après l’Okunoin Mao-den, le dernier spot du mont Kurama, en descendant de la montagne (15 min), vous atteindrez Kibune, un village situé de l’autre côté de la montagne. Le nom de lieu Kibune signifie un « lieu d’origine où émane l’énergie de la création ». C’est un endroit idéal pour éviter la chaleur étouffante de l’été, car il y fait moins chaud qu’au centre-ville. Les restaurants de Kibune installent des terrasses appelées kawadoko au-dessus de la rivière. Vous pourrez y goûter des plats en entendant le bruissement de la rivière et en y prenant l’air frais.

Terrasses installées au-dessus de la rivière
Terrasses installées au-dessus de la rivière

Kibune est également connu pour son sanctuaire shinto Kifune-jinja dédié au dieu de l’eau. En sortant de la porte de l’ouest du mont Kurama, près de la rive opposée de la rivière Kibune, vous apercevrez le torii et l’escalier de pierre menant au sanctuaire.

Escalier bordé de lanternes
Escalier bordé de lanternes

Trois sanctuaires forment le Kifune-jinja. Ils se trouvent le long de la route parallèle à la rivière Kibune. Au premier sanctuaire, Hongu au bout de l’escalier de pierre, essayez un omikuji (prédictions écrites sur un morceau de papier). L’omikuji de ce sanctuaire est un peu spécial. Les prédictions apparaissent lorsque vous faites flotter votre omikuji sur l’eau sacrée du sanctuaire. Le Kifune-jinja est également le berceau de l’ema, tablette de bois votive sur laquelle on écrit un vœu. Lorsqu’il a fait une grande sécheresse ou une longue pluie dans le pays, les envoyé impériaux ont prié au Kifune-jinja où est vénéré le dieu de l’eau. Pour la chute de pluie, ils ont dédié un cheval noir. Un cheval blanc s’est chargé de chasser la pluie et de faire revenir le soleil. Avec le temps, l’offrande d’une tablette votive portant l’image d’un cheval (ema) a remplacé ce rite traditionnel.

Le deuxième sanctuaire, Yui-no-Yashiro dédié à la déesse de l’amour est connu comme un lieu de prière pour assurer un mariage réussi. De fait, une femme poète célèbre de la fin du X ème siècle y est venue en souhaitant se réconcilier avec son mari. (Mais son amour pour lui s’est enfin refroidi et elle l’a quitté…)

Yui-no-Yashiro
Yui-no-Yashiro

Le troisième sanctuaire, Okunomiya, l’emplacement du sanctuaire d’origine est à 700 mètres en amont du premier sanctuaire sur la rivière. Selon la légende, une déesse est arrivée à cet endroit sur un bateau jaune pour vénérer le dieu de l’eau. Vous y verrez une grande roche qui aurait recouvrir son bateau. Niché au cœur d’une forêt verdoyante, ce sanctuaire dégage une ambiance sereine.

Okunomiya
Okunomiya
  • Il est possible de commencer cette randonnée depuis Kibune. En été, je vous recommande de partir de Kurama, parce qu’il y a moins de chemins en montée et qu’il est facile de marcher.
  • Pour retourner au centre-ville, prenez la ligne de train Eizan-Railway à Kibuneguchi situé à 30 minutes à pied du sanctuaire Kifune-jinja et descendez au terminus Demachiyanagi. (28 min 430 yens). Il y a aussi le service de bus entre l’arrêt Kibune et le prochain arrêt Kibuneguchi. (5 min 170 yens).

Actuellement, les trains Eizan-Railway ne circulent pas entre Kibune et Kurama à cause d’un typhon qui s’est produit l’année dernière. J’espère que les travaux de rétablissement seront terminés dès que possible. Partons en randonnée pour nous ressourcer !

Temple Kurama-dera

Une randonnée en pleine nature entre Kurama et Kibune (première partie)

La ville de Kyoto abrite beaucoup d’endroits incontournables à visiter, mais si vous voulez échapper à l’agitation de la ville et ressentir la nature de près, que diriez-vous de faire une belle petite randonnée entre Kurama et Kibune, au nord de la ville ?

Le mont Kurama imprégné d’une ambiance mystique est connu comme l’un des power spots, lieux où émane l’énergie spirituelle. On pense qu’il est habité par les tengu, un type de créatures légendaires du folklore japonais. Le tengu, qui est comme un hybride oiseau-humain, qu’est-ce que c’est ? Considéré à l’origine comme une étoile filante en Chine, le tengu a été assimilé à une divinité tutélaire des montagnes au Japon où le culte de la montagne a évolué en fusionnant avec le shintoïsme et le bouddhisme. Depuis les temps anciens, le mont Kurama est considéré comme un lieu sacré ayant un pouvoir spirituel et les différentes formes de religions telles que le shintoïsme ancien, le bouddhisme ésotérique, le shugendo y coexistent.

Tengu
Tengu

Le temple Kurama-dera fondé au VIIIème siècle est situé sur le versant sud du mont Kurama. Ce temple se distingue des autres temples bouddhistes en termes de forme religieuse. Son objet du culte est une trinité appelée sonten formée par le bishamonten, gardien du nord, le kannon, divinité de la miséricorde et le mao-son, seigneur défenseur. Cet ensemble représente l’énergie spirituelle de l’univers. On pense que le tengu de Kurama provient du mao-son.

Temple Kurama-dera
Temple Kurama-dera

Vous atteindrez le pavillon principal en 30 minutes à pied depuis la porte d’entrée du temple. Les objets du culte y sont vénérés. Il y a un signe d’hexagramme sur le sol. C’est un point où vous pourrez ressentir l’énergie de l’univers.

À la recherchre d’une ambiance plus mystique, on continue la marche en forêt et se dirige vers l’Okunoin Mao-den, lieu le plus saint du temple Kurama-dera.

Le temple Kurama-dera est aussi connu pour le mythe de Minamoto no Yoshitsune, un jeune guerrier du XIIème siècle. Il a passé son enfance ici et s’est entraîné dans la forêt dense. Selon une légende, c’est le tengu qui lui a enseigné l’art de manier l’épée. Vous serez impressionné par un phénomène étrange : un entrelacs des racines de vieux cèdres.

En suivant le chemin en lacets, vous apercevrez l’Okunoin Mao-den qui se dresse tranquillement dans les profondeurs de la forêt. C’est ici que le mao-son autrement appelé « Sanat Kumara du Japon », en déscendant de Vénus pour porter secours aux humains, s’est posé il y a 6,5 millions d’années. Le mont Kurama aurait été créé par le soulèvement d’un volcan sous-marin il y a environ 250 millions d’années. Les roches entourant le sanctuaire du Mao-den sont des calcaires.

Géologiquement aussi, Kurama est un site intéressant à visiter. Les roches telles que des grès, des shales, des chailles, des calcaires, etc. qui apparaissent le long du chemin de randonnée témoignent de l’histoire de naissance du mont Kurama. Le kurama-ishi, quartz diorite d’une teinte brun rougeâtre est très apprécié au Japon.

Après une agréable randonnée d’environ deux heures, le murmure de la rivière Kibune vous accueillera. À propos de Kibune, village voisin de Kurama, je vous présenterai la prochaine fois.

  • Pour se rendre à Kurama, prenez la ligne de train Eizan-Railway à Demachiyanagi et descendez à Kurama (30 min 430 yens). Mais actuellement, les trains ne circulent pas entre Ichihara et Kurama à cause d’un typhon qui s’est produit l’année dernière. Les travaux de rétablissement sont prévus jusqu’à cet automne. Vous pouvez aller à Kurama en bus depuis la station de métro Kokusai-Kaikan (30 min 330 yens).
  • Le prix du billet d’entrée du temple Kurama-dera est de 300 yens.
  • Les chaussures de marche sont recommandées.
  • Le chemin est en lacets depuis la porte d’entrée jusqu’au pavillon principal. Vous pouvez prendre un funiculaire jusqu’ à la pagode Taho-to située à mi-chemin pour 200 yens.