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Hortensias du temple Yoshimine-dera

Le temple Yoshimine-dera, la pépite aux hortensias de Kyoto

Comme fleurs qui embellissent la saison des pluies au Japon, on peut citer l’iris ensata, la rose trémière, l’hortensia, le nénuphar ou encore le hangesho. La fleur que les Japonais aiment le plus admirer pendant cette période est sans doute l’hortensia. Dans les rues, les jardins ou les parcs… ils sont omniprésents. Il existe aussi un peu partout au Japon des « temples aux hortensias ». Certes, on voit souvent cette fleur star de la saison des pluies dans les temples japonais, mais pourquoi ? En réalité, l’hortensia est une plante étroitement liée au bouddhisme au Japon depuis bien longtemps.

Au Japon, la saison des pluies marque une période de transition saisonnière. Autrefois, à l’époque où la médecine était encore rudimentaire, ce changement de climat causait de nombreux décès. Comme l’hortensia est facile à cultiver et à entretenir, il était alors offert en hommage aux défunts.
Aujourd’hui, pour continuer à attirer les touristes après la saison des fleurs de printemps, les temples japonais rivalisent d’ingéniosité pour séduire sur Instagram. On y aligne de nombreux hortensias en pot, on fait flotter des fleurs dans le bassin de purification, ou on y installe même des parapluies colorés… Certes, cela ne manque pas de charme, mais pour ceux qui préfèrent simplement contempler la beauté naturelle des hortensias, ce décor peut sembler un peu trop chargé, voire distrayant. À cet égard, je pense que le temple Yoshimine-dera est un lieu précieux, où l’on peut admirer la beauté naturelle des hortensias tout en profitant de l’atmosphère paisible d’un temple.

Temple Yoshimine-dera
Temple Yoshimine-dera

Fondé au XIe siècle, le temple Yoshimine-dera est l’un des 33 temples du pèlerinage de Kannon dans la région du Kansai. Niché à la périphérie de Kyoto, à flanc de montagne, son accès se mérite. Son domaine étant particulièrement vaste, la visite s’apparente à une petite randonnée. Cependant, votre fatigue sera vite oubliée face à la vue panoramique sur Kyoto et aux éclats colorés de chaque saison.En ce moment, le site est embelli par de magnifiques dégradés de couleurs d’hortensias.

Un autre joyau du temple se dresse devant la pagode : le Yuryu-no-matsu, un pin à cinq aiguilles âgé de plus de 600 ans. Ses branches s’étirent horizontalement sur 37 mètres, évoquant la silhouette d’un dragon qui joue dans la nature. Un spectacle saisissant à ne pas manquer.

  • Le temple Yoshimine-dera est situé à environ 20 minutes en taxi de la gare JR de Mukomachi.
  • Le tarif d’entrée est de 500 yens.
Jardin de roses

Le jardin de roses du temple Ryosen-ji à Nara

Jardin de roses
Jardin de roses

Un temple singulier situé à l’ouest du centre-ville de Nara … Ce lieu chargé d’histoire est dédié au Bouddha de la médecine. Au printemps comme en automne, il attire également les visiteurs par la beauté de ses roses. Son jardin de roses a été créé en 1957 à l’initiative du supérieur du temple. Ayant vécu la Seconde Guerre mondiale, il souhaitait que les visiteurs ressentent une paix intérieure en admirant les roses. C’est un peu surprenant d’admirer des roses dans un temple traditionnel, mais ce lieu est un spot de roses, très prisé des locaux.

Ce fameux jardin de roses se trouve à droite, juste après avoir franchi le portique torii qui se dresse à l’entrée du temple. Un torii à l’entrée d’un temple ? S’agirait-il alors d’un sanctuaire shinto ? Non, c’est bel et bien un temple bouddhiste. Il n’est pas rare au Japon de trouver un torii dans un temple bouddhiste, témoignage fascinant du syncrétisme religieux shinto-bouddhiste. À l’origine, le torii fait office de frontière spirituelle, marquant la séparation entre le monde sacré et le monde profane. Au temple Ryosen-ji, Benzaiten — une divinité protectrice du bouddhisme issue de l’Inde ancienne — y est profondément vénérée au même titre que le Bouddha de la médecine. C’est pourquoi ce portique s’élève à l’entrée.
Le domaine du temple est vaste, ce qui vous permettra de vous ressourcer en pleine nature, au cœur d’une atmosphère paisible pendant cette période de nouvelle verdure.

  • Pour vous rendre au temple Ryosen-ji, prenez le bus n° 50 depuis la gare de Tomio (ligne Kintetsu Nara) et descendez à l’arrêt « Ryosen-ji » (environ 7 minutes de trajet).
  • Le tarif d’entrée du temple est de 1 000 yens pendant la saison des roses.
Jardin de la villa Tairyu-sanso

Un moment de délice au jardin de la villa Tairyu-sanso

Jardin grandiose
Jardin grandiose

Autour du temple Nanzen-ji à Kyoto, de hauts dignitaires du gouvernement et des hommes d’affaires ont bâti leurs villas en profitant des terrains de l’enceinte sacrée, confisqués par l’État après la restauration de Meiji de 1868. Jusqu’à récemment, à l’exception de la villa Murin-an et de quelques autres reconverties en restaurants traditionnels, la grande majorité de ces propriétés chargées d’histoire restaient fermées au public. Ce quartier de villas demeurait un lieu secret dont on ne pouvait contempler que les façades depuis l’extérieur.

Cependant, depuis quelques années, la villa Tairyu-sanso, réputée pour son jardin grandiose, a commencé à ouvrir ses portes.
La villa Tairyu-sanso a été construite entre 1896 et 1899 sur l’ancien site d’un temple secondaire du Nanzen-ji, pour servir de résidence secondaire à un homme d’affaires. Par la suite, elle est devenue la propriété d’un marchand de kimonos. Entre 1901 et 1905, d’importants travaux de rénovation ont été entrepris sur le bâtiment et le jardin, donnant ainsi naissance aux paysages actuels.

C’est le célèbre paysagiste Jihei Ogawa VII (1860-1933) qui s’est chargé de la rénovation de ce dernier. Tout comme pour les autres jardins du quartier, il a intégré les montagnes de Higashiyama comme « décor emprunté » (shakkei). De plus, l’eau acheminée depuis le canal du lac Biwa est utilisée non seulement pour alimenter l’étang, mais aussi pour créer des ruisseaux et des cascades.

Si l’on peut profiter pleinement de la vue sur le jardin depuis le bâtiment de style sukiya (une architecture libre et épurée dédiée à la cérémonie du thé), c’est en s’y promenant que l’on est véritablement impressionné par son immensité et la diversité de ses paysages. Un coin de nature avec une roue à aube recréant un paysage rural et bucolique, une vaste pelouse idéale pour organiser des réceptions ou des cérémonies du thé en plein air, un espace bercé par le murmure des ruisseaux… Le domaine offre une multitude d’ambiances.

J’ai visité le domaine à la fin du mois de mai. Les azalées touchaient à leur fin, mais les iris hana-shoubu devraient être magnifiques en juin… Bien entendu, les pins soigneusement taillés, indissociables des jardins japonais, sont également superbes. Comme le visage du jardin change au fil des saisons — avec les cerisiers et les glycines au printemps, ou les érables en automne —, ce sera un plaisir d’y revenir pour une nouvelle promenade sensorielle.

  • Le prix de l’entrée pour la villa Tairyu-sanso est de 3 000 yens.
  • La villa est située à environ 7 minutes à pied de la station Keage, juste dans l’allée en face du café Blue Bottle Coffee.
  • Un dépôt pour les bagages est disponible à l’entrée avant la visite (veuillez toutefois conserver vos objets de valeur avec vous).
  • Les sentiers du jardin étant étroits, la visite s’effectue obligatoirement en sens unique. Merci de bien vouloir suivre le parcours indiqué.

ARTISTS’ FAIR KYOTO Resonance exhibition au temple Tofuku-ji

ARTISTS’ FAIR KYOTO (AFK) est un salon d’art unique en son genre, centré sur les artistes eux-mêmes. Contrairement aux foires classiques où les galeries sélectionnent les exposants, l’AFK repose sur un concept original : ce sont des artistes contemporains de renom qui choisissent les jeunes talents à suivre de près.

Pour cette 9ème édition en 2026, l’exposition dédiée aux jeunes artistes au Musée National de Kyoto est déjà terminée ; en revanche, les œuvres d’artistes confirmés sont exposées au temple Tofuku-ji jusqu’au 1er mars.

Le Tofuku-ji est un temple zen célèbre pour ses couleurs d’automne, mais en ce début de printemps, une atmosphère de sérénité absolue règne sur son vaste domaine. Le temple abrite également les jardins secs créés par Mirei Shigemori (paysagiste du XXe siècle) en 1939. On y ressent une fusion parfaite entre la simplicité du zen et l’abstraction de l’art moderne.

Si l’idée d’exposer de l’art contemporain dans un temple ancien peut surprendre, la présence de ces jardins si modernes permet de s’immerger naturellement dans l’univers des artistes.

Okuno-in

Une excursion d’une journée au mont Koya : la cité religieuse céleste au départ de Kyoto

Mont Koya
Mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, est un site incontournable pour les voyageurs en quête d’une expérience spirituelle au Japon. Ce site attire particulièrement les voyageurs occidentaux, notamment les Français, qui y sont les plus nombreux. L’atmosphère mystique de cette cité religieuse vivante les fascine.

Situé dans la préfecture de Wakayama, à environ 100 kilomètres au sud d’Osaka, son accès reste complexe. Le trajet habituel nécessite plusieurs changements de train (notamment depuis Kyoto), suivis d’un funiculaire puis d’un bus. C’est pourquoi il est souvent recommandé d’y passer la nuit dans l’un des nombreux temples shukubo qui offrent l’hébergement aux visiteurs. L’expérience de la participation à la prière matinale et la dégustation de la cuisine végétarienne des moines font du mont Koya un lieu unique.

Cependant, si vous préférez opter pour une excursion d’une journée au mont Koya depuis Kyoto, pourquoi ne pas emprunter le bus direct reliant ces deux sites ? Vous pourrez ainsi rejoindre cette prestigieuse cité religieuse en seulement 3 heures de route, sans vous soucier des correspondances compliquées.

Pour l’année 2026, ce bus circulera tous les jours, du vendredi 10 avril au dimanche 29 novembre inclus. Les horaires restent inchangés par rapport à l’année dernière (voir détails ci-dessous).
Les informations de circulation du bus direct

En revanche, les tarifs ont été modifiés comme suit :

Aller simple3 000 yens (d’avril à septembre)
3 200 yens (octobre et novembre)
Aller-retour5 200 yens (d’avril à septembre)
5 600 yens (octobre et novembre)

Un petit aperçu du mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, a été fondé par le moine Kukai (Kobo Daishi) il y a plus de 1 200 ans. En réalité, il n’existe pas de montagne nommée Koya. Il s’agit d’un plateau entouré par huit montagnes, qui s’étend d’est en ouest sur six kilomètres. Les moines représentant un tiers de sa population, le mont Koya est une véritable cité religieuse. Ses incontournables, notamment le Danjo Garan (lieu dédié aux pratiques spirituels), le Kongobu-ji (temple principal du mont Koya) et l’Okuno-in (une nécropole nichée dans une forêt de cèdres géants) sont concentrés sur ce plateau et sont facilement accessibles à pied.

Incontournables du mont Koya

La porte Daimon

La plupart des touristes ne s’arrêtent pas ici, pourtant cette imposante porte à deux étages, qui abrite une paire de statues de gardiens, marque l’entrée du mont Koya. Son architecture magnifique d’un rouge vermillon vous impressionnera. Le Danjo Garan se trouve à seulement 10 minutes à pied de là. C’est donc le point de départ idéal pour une exploration du mont Koya.

Le Danjo Garan 

Le Danjo Garan, lieu dédié aux pratiques spirituelles du bouddhisme ésotérique Shingon, s’étend dans la partie ouest du mont Koya. Ce complexe réunit de nombreux édifices religieux, dont sa célèbre grande pagode vermillon qui contraste magnifiquement avec le ciel bleu. Ne manquez pas non plus la pagode ouest, qui se dresse paisiblement au cœur d’une forêt de cèdres.

Le temple Kongobu-ji

Situé à seulement cinq minutes à l’est du Danjo Garan, le Kongobu-ji est le temple principal du mont Koya. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, où une paire de dragons semble surgir d’une mer de nuages. Bien que ce type de jardin évoque traditionnellement l’esthétique des temples zen, il est fascinant de trouver le plus vaste d’entre eux ici même, au mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.

Le chemin vers l’entrée de l’Okuno-in

L’entrée de l’Okuno-in se trouve à environ 15 minutes de marche du temple Kongobu-ji. Ces dernières années, de nombreux cafés charmants ont ouvert leurs portes, mais on y trouve toujours de petites boutiques à l’atmosphère d’antan. Profitez de cette balade agréable : vous croiserez même un sanctuaire Inari, dont l’allée est bordée de portiques torii vermillon.

L’Okuno-in 

Le cœur de la visite du mont Koya réside dans la découverte de l’Okuno-in, qui occupe une vaste partie de l’est du plateau. Cette nécropole s’étend sur deux kilomètres, du pont Ichi-no-hashi jusqu’au mausolée de Kukai. Plus de 200 000 pierres tombales et pagodes de toutes époques s’y alignent au milieu de cèdres millénaires. Entre le bruissement du vent dans les cimes, la lumière filtrant à travers les branches et les stèles couvertes de mousse… l’ambiance sereine et mystique qui y règne vous saisira à coup sûr.

Au temple Daisen-in

L’art des jardins dans les temples de Kyoto : pourquoi une telle splendeur ?

Le jardin japonais, qui se distingue nettement du jardin occidental, suscite un vif intérêt chez les touristes étrangers. On le considère souvent comme un havre de paix favorisant la sérénité. Si les temples de Kyoto, tels que le temple d’or (Kinkaku-ji) ou le temple Tenryu-ji, sont si populaires, c’est moins pour leur aspect religieux que pour la beauté de leurs jardins. En effet, si les temples de Kyoto abritent tant de chefs-d’œuvre paysagers, c’est avant tout en raison des liens profonds et historiques que les Japonais entretiennent avec le bouddhisme.

À Nara, qui fut la capitale du Japon au VIIIe siècle avant Kyoto, le bouddhisme a connu un grand essor. À cette époque, les temples étaient avant tout des centres d’étude destinés à prier pour la protection de l’État, ce qui explique l’absence de jardins, — ces espaces propices à la détente — dans ces établissements. Cependant, avec le déplacement de la capitale à Kyoto, la foi est devenue plus personnelle. Le bouddhisme est devenu une pratique prisée par les aristocrates pour leurs prières privées. Ils ont intégré des espaces de prière dans leurs résidences privées, là où se trouvaient déjà des jardins. C’est cette fusion initiale entre l’espace sacré et ce cadre apaisant qui a donné naissance aux célèbres jardins des temples de Kyoto.

Les styles de jardins japonais

Le jardin japonais se divise principalement en trois styles : le jardin chisen, aménagé autour d’une pièce d’eau ; le jardin sec karesansui, où l’eau est absente ; et le jardin roji, conçu comme un chemin menant au pavillon de thé. Le style chisen, qu’il soit conçu pour être admiré depuis un bâtiment ou découvert au fil d’une promenade, est particulièrement apprécié car cette nature reproduite en miniature est fascinante à observer. De nombreux clients francophones y trouvent une véritable sérénité et disent qu’ils peuvent ressentir toute l’essence du zen. En revanche, le style karesansui que l’on observe dans les temples zen suscite des avis partagés. Si certains s’y plongent dans la méditation et l’introspection, d’autres le perçoivent comme un lieu austère en raison de son caractère exclusivement minéral.

Le jardin sec karesansui, un lieu de pratique spirituelle

Si le terme zen évoque la sérénité et la paix intérieure pour les touristes étrangers, il désigne avant tout l’une des écoles majeures du bouddhisme. Cette école enseigne à écouter son cœur et à discerner l’essentiel. Elle a particulièrement été appréciée par les guerriers samouraïs, car ils étaient prêts à affronter la mort à tout moment. La méditation qui est l’une des disciplines de cette école pour se maîtriser leur correspondait parfaitement. Entre le XIIe et le XVIe siècle, période marquée par d’importants conflits militaires, le bouddhisme zen a connu un essor à Kyoto. Les moines zen considéraient alors le jardin comme un espace de pratique spirituelle destiné à soutenir la méditation assise zazen.

Jardin de pierre
Jardin de pierre

Le jardin du temple zen Ryoan-ji est sans doute le modèle le plus emblématique du style karesansui à Kyoto. Il se compose de quinze pierres disposées sur un lit de gravier blanc ratissé. Il a été conçu pour la méditation, mais certains visiteurs trouvent que son esthétique, poussée à l’extrême du dépouillement, manque d’intérêt. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de s’y livrer à l’introspection en toute sérénité ces derniers temps en raison de l’afflux de touristes…

Si le jardin de style karesansui, souvent lié à la méditation, ne vous semble pas très intéressant, je vous recommande de l’observer sous l’angle du concept de mitate. C’est une approche japonaise qui consiste à voir une chose à travers une autre par le biais de l’imagination : par exemple, voir une pierre comme une montagne, un assemblage de roches comme une cascade, une île ou des bouddhas, ou encore les motifs ratissés sur le gravier comme des vagues ou un courant.

Le Japon est un pays exigu, souvent frappé par les catastrophes naturelles. Pourtant, plutôt que de chercher à maîtriser cet environnement parfois hostile, les Japonais ont su coexister avec lui grâce à leur créativité et leur ingéniosité. Si le jardin de style karesansui a initialement été conçu comme un lieu de méditation lié à l’essor du bouddhisme zen, il constitue également une solution paysagère rationnelle. Grâce au concept unique du mitate, il permet de représenter la nature dans des espaces restreints ou dépourvus d’eau, en utilisant des éléments minimalistes. De nos jours, le jardin karesansui est conçu non seulement dans les temples zen, mais aussi dans ceux d’autres écoles bouddhistes en raison de son esthétisme et de la pureté de sa composition. On peut également en voir dans un coin des hôtels, des magasins ou des restaurants japonais traditionnels.

Les jardins secs karesansui recommandés à Kyoto

Si vous souhaitez méditer au calme et laisser libre cours à votre imagination à travers le concept de mitate, je vous recommande vivement le Daitoku-ji. Ce complexe abrite plus d’une vingtaine de sous-temples au sein de son vaste domaine, dont quatre (le Ryogen-in, le Zuiho-in, le Daisen-in et l’Oubai-in) sont habituellement ouverts au public. Comme ils sont tous proches les uns des autres, vous pourrez les visiter facilement. Les jardins de chacun de ces temples, empreints de poésie, méritent le détour. Grâce à eux, l’image «complexe» que l’on se fait des jardins secs karesansui se transformera en une expérience fascinante.

Temple Joruri-ji

La chasse aux feuilles d’automne en toute sérénité

Cette année, on peut profiter des couleurs d’automne un peu plus tôt que l’automne dernier. Bien que certaines feuilles aient été desséchées et brûlées à cause de la canicule, la baisse de température matinale et nocturne de ces derniers jours leur apporte de belles couleurs. Les sites célèbres de Kyoto sont tous bondés de touristes, j’ai donc choisi de profiter de l’automne dans mon voisinage. L’automne, ma saison préférée, me semble devenir de plus en plus court car la chaleur estivale persiste plus longtemps ces dernières années. Ces endroits où je peux admirer le changement des couleurs en toute tranquillité sont particulièrement précieux.

Le temple Joruri-ji, Kizugawa
Temple Joruri-ji
Temple Joruri-ji

Joruri-ji est un lieu empreint d’une atmosphère de sérénité rustique. Le jardin traditionnel de style représentant la Terre pure est aménagé autour d’un étang. À l’ouest se dresse le pavillon abritant neuf statues d’Amida Bouddha, symbole de la Terre pure occidentale qui promet le bonheur dans l’au-delà. À l’est se trouve la pagode qui abrite le Bouddha de la Médecine, symbole de la Terre pure orientale qui soulage les souffrances de ce monde. Ce temple ne présente aucune des installations visant à l’attrait «Instagrammable» que l’on trouve souvent dans les temples de Kyoto de nos jours, et il est très rarement illuminé. Je pense que c’est un endroit exceptionnel où l’on peut véritablement faire l’expérience d’une atmosphère naturelle et paisible.

Le temple Konbu-in, Nara
Temple Konbu-in
Temple Konbu-in

Konbu-in est un couvent bouddhiste de la ville de Nara qui n’ouvre ses portes au public que pour trois jours exceptionnels en novembre. Bien qu’il se trouve en pleine ville, il est niché sur une petite colline, ce qui donne l’impression d’entrer dans un temple de montagne dès que l’on pénètre dans son vaste domaine. Quand on pense aux temples de Nara, la première image qui vient à l’esprit est Todai-ji, célèbre pour sa magnifique architecture bouddhiste et son Grand Bouddha. J’apprécie cette atmosphère majestueuse, mais j’aime aussi les lieux comme Konbu-in, où règne une tranquillité réconfortante et apaisante.

Festival de Gion

Un petit retour sur l’été 2025 à Kyoto

L’année dernière, je disais déjà à mes clients : «L’été au Japon est tellement chaud et humide que de nombreux touristes étrangers ont du mal à s’y habituer. Surtout à Kyoto, la chaleur estivale est insupportable pour les Occidentaux.» Mais la chaleur est encore plus intense cette année que l’année dernière.

Certains clients m’ont dit : «Nous sommes habitués à la chaleur, il y a eu des vagues de chaleur en Europe aussi.» Mais je pense que l’humidité moite que l’on ressent au Japon leur est très désagréable. Cette année, j’ai remarqué que beaucoup de mes clients utilisaient des ombrelles, des ventilateurs portables et des serviettes rafraîchissantes pour se protéger de la chaleur extrême, à la manière des Japonais. Concernant les ombrelles (la plupart sont aussi efficaces contre la pluie), ces dernières années, même les enfants et les hommes les utilisent aussi au Japon. Il faut particulièrement se méfier des malaises liés aux coups de chaleur (necchusho en japonais). L’été au Japon, et en particulier à Kyoto, ville située dans une cuvette entourée de montagnes, la chaleur et l’humidité sont souvent écrasantes, même à l’ombre. Il est donc crucial de vous hydrater constamment, même si vous ne ressentez pas la soif.

La canicule de cet été à Kyoto est vraiment difficile à supporter, mais la vue du bord de l’eau donne une sensation de fraîcheur. La beauté pure des lotus qui fleurissent le matin fait oublier la chaleur un instant. Cependant, la température de l’eau est plus élevée cette année et j’ai l’impression que les carpes koi, d’habitude si gourmandes, manquent d’énergie…

Le festival de Gion, l’un des symboles de l’été à Kyoto, est une scène caractéristique que j’apprécie particulièrement. Lié au sanctuaire shinto Yasaka-jinja, ce festival aurait débuté il y a plus de 1 000 ans comme un rituel pour chasser les épidémies. J’aime la vue nocturne de ses chars illuminés de lampions et l’ambiance animée de la procession. De plus en plus, les étés sont étouffants et voir le défilé des chars dans la foule est épuisant. Malgré cela, ce festival riche d’une si longue histoire continue d’attirer les gens avec son charme.

HARIO CAFE

Mes trois coins préférés pour une pause sympa à Kyoto

J’imaginais que les Japonais ne buvaient que du thé vert. Mais ils aiment aussi beaucoup le café, finalement… C’est le commentaire d’un de mes clients français. Moi aussi, j’aime autant le matcha et le sencha que le café. On a du mal à l’imaginer avec l’engouement actuel pour le matcha, mais il y a une vingtaine d’années, même ici à Kyoto, il n’y avait presque pas de salons de thé qui mettaient en avant le thé japonais. Bien sûr, il y avait des amami-dokoro (maisons de douceurs traditionnelles) qui servaient des wagashi (pâtisseries japonaises) avec du thé, mais le matcha était plutôt associé à la cérémonie du thé, et les autres thés comme le sencha ou le hojicha étaient considérés comme des boissons offertes gratuitement dans les restaurants pendant les repas. Quand j’y pense, je suis toujours un peu surprise de voir autant de salons de thé spécialisés dans le thé japonais aujourd’hui.

Contrairement à son image traditionnelle, Kyoto a étonnamment une forte consommation de café. On y voit beaucoup de cafés branchés, même si on trouve aussi des Starbucks un peu partout, il faut bien le dire. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de mes coins préférés à Kyoto. Ce ne sont pas des adresses cachées, loin de là, mais l’ambiance de ces endroits est telle que je ne peux m’empêcher d’y aller régulièrement.

HARIO CAFE KYOTO ハリオ カフェ 京都

Fondé en 1921 et fabricant d’ustensiles pour le café, HARIO possède un café en propre niché dans la ruelle Ishibe-koji, où l’on peut vraiment apprécier le charme de Kyoto. Le café propose également à la vente les accessoires en verre de la marque. Bien qu’il soit toujours possible de se promener dans Ishibe-koji, la prise de photos y est interdite en raison du surtourisme. C’est peut-être ce qui contribue à son atmosphère paisible et agréable. Le jour de ma visite, une fine pluie tombait, et il me semble que ce genre de ruelle kyotoïte tranquille se marie particulièrement bien avec le doux murmure de la pluie.


  • Dans la ruelle Ishibe-koji, à seulement 3 minutes à pied du temple Kodai-ji
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert de 10h à 17h, tous les jours sauf pendant les congés de fin d’année

Salon de thé FRANÇOIS フランソア喫茶室

Fondé en 1934, ce salon de thé est le premier de son genre à avoir été désigné bien culturel matériel national. Bien qu’arborant à l’époque une atmosphère moderne et élégante, son propriétaire souhaitait en faire un lieu de débat sur l’anti-guerre et l’art d’avant-garde, en résistance à une époque où la montée du militarisme rendait la liberté d’expression de plus en plus difficile. Ces dernières années, les cafés et salons de thé à l’ambiance rétro-moderne sont très prisés au Japon, et celui-ci ne fait pas exception. Pourtant, comparé à d’autres endroits, il conserve relativement une tranquillité, je trouve.


  • Dans la rue Nishi Kiyamachi-dori, au sud de l’avenue Shijo-dori, à 4 minutes à pied
    de la sortie 3 de la gare Gion-Shijo sur la ligne Keihan
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert de 11h à 22h, tous les jours sauf pendant les congés de fin d’année
    Dernière commande (à 20h pour les repas et à 21h30 pour les boissons et les gâteaux)

Saryo Housen 茶寮 宝泉

C’est le salon de thé de la maison Housen, fondée en 1952, réputée pour ses douceurs traditionnelles. Il est installé dans l’ancienne demeure d’un homme d’affaires. On y savoure notamment leurs fameux mochi fougère, de délicieux gâteaux frais de saison, et une exquise soupe de haricots rouges sucrée agrémentée de mochi grillés. Son beau jardin bien entretenu au fil des saisons vaut aussi le détour. En hiver, le jardin japonais est un peu triste, mais il n’en dégage pas moins un charme singulier. Les mousses du jardin sont délicatement recouvertes d’aiguilles de pin rouge tombées. C’est une tradition japonaise pour les protéger du gel.


  • À 3 minutes à pied de l’arrêt de bus Shimogamo Higashi Honmachi, et à 12 minutes à pied du sanctuaire Shimogamo-jinja
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert tous les jours de 10h à 17h, sauf le mercredi et le jeudi
Nakanoshima

Découvrir une facette différente d’Osaka à Nakanoshima

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous pensez à Osaka ? Des nourritures délicieuses, des enseignes lumineuses, un labyrinthe souterrain tentaculaire, ou simplement un aéroport ? L’avis sur Osaka est souvent tranché : on l’aime passionnément ou on la déteste. C’est sans doute due à son image très forte, celle d’une métropole chaotique et trépidante.
Née à Osaka, j’habite aujourd’hui dans la banlieue calme de Kyoto. Après m’être habituée à ce rythme tranquille, je trouve les visites à Osaka un peu fatigantes. Pourtant, cette ville me rappelle toujours les souvenirs de mon enfance.

Dotonbori, Umeda Sky Building, château d’Osaka, Shinsekai… Ces quartiers sont présentés comme des incontournables de la ville par les agences de voyages, mais ceux qui trouvent Osaka trop bruyante et chaotique me demandent souvent s’il existe d’autres facettes à découvrir dans cette ville.

Pour une pause culturelle et historique, je conseille une visite de Nakanoshima, l’île aux trésors culturels d’Osaka. Ce quartier, bien que de plus en plus apprécié des touristes étrangers, reste encore relativement méconnu comparé au quartier Sud, surtout Dotonbori. Nakanoshima et ses environs vous offrent la possibilité de visiter des musées, de vous promener dans le jardin de roses (au printemps et en automne), et de découvrir des architectures rétro-modernes qui évoquent l’âge d’or d’Osaka au début du XXe siècle.

Où est Nakanoshima ?

Nakanoshima est une île étroite d’environ trois kilomètres de long bordée par les rivières Dojima et Tosabori. En servant d’entrepôt de marchandises à l’époque d’Edo (1603-1867), Nakanoshima s’est développé comme centre d’échanges commerciaux du pays et aujourd’hui accueille le cœur administratif, économique et culturel. Nakanoshima est facilement accessible en métro. Depuis la station Umeda, prenez la ligne de métro Midosuji et descendez à la station Yodoyabashi (une seule station).

Les Musées
Le musée des Beaux-Arts de Nakanoshima

Situé à l’ouest de Nakanoshima, ce musée consacré à l’art moderne et contemporain a ouvert ses portes en 2022, après quarante ans de gestation. Sa collection, qui rassemble plus de six mille œuvres – peintures, gravures, photographies, affiches, sculptures, meubles et objets de design –, couvre la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Les œuvres de Yuzo Saeki (1898-1928), dont la vie brève mais intense s’est déroulée entre Osaka,Tokyo et Paris, constituent l’une des principales collections de ce musée. L’extérieur de ce musée, en forme de boîte noire, contraste avec son intérieur chic. D’un point de vue architectural, il vaut également le détour.

Le musée national d’Art d’Osaka

Adjacent au musée des Beaux-Arts de Nakanoshima, ce musée d’art contemporain souterrain présente une sélection d’œuvres d’artistes nationaux et internationaux. À l’entrée, une sculpture originale évoquant du bambou accueille les visiteurs.

Le musée de la céramique orientale

Situé à l’est de Nakanoshima, ce musée abrite une collection exceptionnelle de céramiques coréennes, chinoises et japonaises. Ce qui est rare dans les musées japonais, la photographie y est autorisée. De plus, l’ambiance y est calme et propice à une contemplation approfondie des œuvres.

La forêt des livres d’enfants Nakanoshima

Conçu par Ando Tadao, l’un des architectes les plus renommés du Japon, cet édifice a ouvert ses portes en 2020. Il abrite plus de 18 000 livres tels que des livres d’images et des œuvres littéraires pour enfants. Ce lieu est également un espace de lecture ouvert à tous.

Le parc de Nakanoshima

Créé en 1891, le parc de Nakanoshima est le premier parc d’Osaka. Ce parc urbain offre un espace vert de 1,5 km de long. Il possède une magnifique roseraie qui s’étend sur près de 500 mètres d’est en ouest. Au printemps et en automne, on peut admirer le spectacle enchanteur des roses en fleurs. C’est une véritable oasis urbaine.

L’architecture rétro-moderne

À Nakanoshima, on trouve encore de beaux bâtiments de style occidental, vestiges de l’essor économique et industriel d’Osaka du début du XXème siècle. Une promenade à travers ce patrimoine architectural est aussi intéressante. Aux alentours, des bâtiments traditionnels historiques côtoient les immeubles modernes, offrant un contraste saisissant.