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Pleine lune d'automne

Otsukimi au temple Toshodai-ji

Otsukimi, la contemplation de la pleine lune est une coutume ancienne au Japon. Surtout, la pleine lune d’automne (la lune des moissons) est magnifique et la fête de la lune est organisée dans tout le pays. Hier soir, l’enceinte du temple Toshodai-ji a été ouverte au public pour l’otsukimi.

Toshodai-ji est situé à l’ouest de la ville de Nara. Il a été fondé au VIIIème siècle par un grand moine chinois invité au Japon pour enseigner le bouddhisme. Abritant de belles architectures anciennes, il est imprégné d’une ambiance majestueuse. Il n’est pas loin du centre-ville, mais on a l’impression de se trouver dans une forêt calme. Le jour de la fête de la lune, on peut visiter ce vieux temple de nuit.

Son pavillon principal, Kon-do renferment trois grandes statues de Bouddha. À la droite du Bouddha Vairocana (Bouddha principal) se tient le Bouddha Yakushi (Bouddha médecin) et à sa gauche, le Bodhisattva de la compassion Kannon aux mille bras. Éclairées, elles étaient d’un air imposant à couper le souffle. Le Kannon aux mille bras est normalement représenté avec vingt paires de bras, mais celui de Toshodai-ji aurait été vraiment représenté avec mille bras. Quelques-uns ont été perdus, toujours est-il que cette sculpture méticuleuse est impressionnante.

Pagode à trois étages

Mes endroits préférés à Kizugawa

La ville de Kizugawa où j’habite est située à l’extrémité sud de la préfecture de Kyoto. C’est aussi une ville limitrophe de Nara. Il est possible de combiner dans la même journée un arrêt à Kizugawa et la visite du bourg Wazuka situé au sud de Kyoto et connu comme utopie du thé japonais ou la visite de Nara. Elle bénéficie d’une nature riche et abrite de nombreux sites historiques. Joruri-ji et Gansen-ji sont de vieux temples recommandés à visiter. Ils se cachent dans un petit village tranquille. Profitez d’un moment de calme de ces havres de paix.

Temple Joruri-ji
Temple Joruri-ji

Au centre de l’enceinte du temple Joruri-ji, il y a un étang autour duquel est aménagé un jardin représentant la Terre pure occidentale, saiho-jodo régnée par le bouddha Amida. Une île s’étire sur l’étang représentant l’océan. Sur le côté ouest de l’étang, se trouve le pavillon principal abritant neuf statues de bouddha Amida. Au XIème siècle où a été fondé le temple Joruri-ji, s’est répandue une nouvelle forme de foi qui permet aux gens d’échapper à l’agitation sociale. Ils ont souhaité le bonheur dans l’au-delà en adressant des invocations à bouddha Amida qui s’engage à accueillir tous les mourants souhaitant entrer en sa Terre pure. À l’époque, de nombreux temples abritant neuf statues de bouddha Amida, chacune représentant l’un des neuf stades du nirvana, ont été établis à Kyoto et ses environs, cependant seul Joruri-ji existe encore.

Pagode à trois étages
Pagode à trois étages

Sur le côté est de l’étang, se trouve la pagode à trois étages où est vénérée la statue de bouddha Yakushi, le bouddha qui guérit les maladies. C’est ce bouddha qui règne la Terre pure orientale lapis-lazulite dans le bouddhisme et enlève des souffrances des humains dans ce monde. Sur le côté est de l’étang, on souhaite que le bouddha Yakushi sauve les hommes souffrants dans ce monde et ensuite, le visage tourné à l’ouest vers le pavillon principal, on souhaite que le bouddha Amida les mène dans sa Terre pure occidentale.

Le jardin représente, en tous temps et en tous lieux, l’utopie religieuse. Dans la culture bouddhique du XIème siècle, le jardin de style de la Terre pure a été apprécié. L’étang représentant l’océan sépare ce monde et l’au-delà. Le jardin de Joruri-ji est un exemple du jardin japonais classique, comme celui du temple Byodo-in à Uji. Petite anecdote, le jardin japonais a été à l’origine influencé plus ou moins par la Chine et la péninsule coréenne, mais le style qui consiste à recouvrir le bord de l’eau avec des galets est unique au Japon. Le « rivage » réalisé avec ce style appelé suhama décrit une belle courbe.

Le temple Gansen-ji est connu comme l’un des temples de fleurs de la région du Kansai. En juin, qui est la saison des pluies au Japon, de belles fleurs d’hortensia embellissent son enceinte. C’est très joli. Il abrite de nombreux biens culturels, dont une statue du bouddha Amida du Xème siècle. Ce qui y est le plus impressionnant, c’est la pagode à trois étages qui se dresse dans un cadre luxuriant. Elle dégage une ambiance douce.

Où sont les démons ?
Où sont les démons ?

À la pagode, regardez les chevrons aux quatre coins. Pourrez-vous remarquer les sculptures en bois de démons qui soutiennent les chevrons ? Leur expression est très humoristique.

Pour se rendre à Joruri-ji et Gansen-ji, prenez le bus local depuis la gare JR de Kamo.
Une petite randonnée entre ces deux temples sera intéressante à faire. Vous pourrez voir des sekibutsu, des statues bouddhiques gravées dans la roche éparpillées le long du sentier. Je vous recommande de commencer par la visite de Gansen-ji (40 minutes de marche en descente douce).

Lotus. fleur sacrée

Le lotus, la fleur sacrée dans le bouddhisme

En poussant dans l’eau boueuse, le lotus fleurit sur de longues tiges. Dans le bouddhisme, la fleur de lotus est associée à la pureté. En été, vous pourrez admirer ses belles fleurs de couleur blanc rosé. Elles commencent à ouvrir leurs pétales de bon matin et se ferment en début d’après-midi. Elles ont une durée de vie très courte. 3 à 4 jours seulement. Mais les graines de lotus peuvent vivre plus de 1 000 ans.

La semaine dernière, j’ai visité le temple Gango-ji situé au centre de Naramachi, ancien quartier marchand de Nara. Les fleurs de lotus y flattaient les yeux des visiteurs. Gango-ji où se trouvait à l’origine le quartier de Naramachi était un grand complexe. Il existe encore des tuiles anciennes sur les toitures. Les tuiles rondes sont mises en gradins les unes sur les autres. Les tuiles rougeâtres ou noires ont été fabriquées il y a 1 400 ans.

Il est également connu pour sa légende des oni, démon japonais. Cinq statuettes de démons humoristiques se cachent dans son enceinte. Je n’en ai trouvé que trois mais pourrez-vous toutes les trouver ?

Au temple Hannya-ji

La saison des hortensias

Au Japon, le juin est la saison des pluies. C’est aussi la saison des hortensias appelés ajisai en japonais. L’espèce en forme de boule appelée seiyo-ajisai ou ajisai occidental qu’on voit souvent a été importée d’Europe. Mais savez-vous que son origine est au Japon ? Après avoir été présenté par un médecin et naturaliste allemand à la fin de l’époque Edo, l’hortensia originaire du Japon gaku-ajisai a été amélioré en Europe et a enfin été importé au Japon au début du XXème siècle.

Des temples célèbres pour leurs magnifiques hortensias sont partout au Japon. Il y en a aussi qui offrent de belles « astuces » utilisant des hortensias pour inviter des touristes à visiter. Que diriez-vous d’explorer des coins photogéniques ?

Porte sud de Kasuga Taisha

Un sentier secret menant au sanctuaire shinto Kasuga Taisha

Kasuga Taisha est un sanctuaire shinto représentatif de Nara. Sa voie d’accès est bordée de lanternes en pierre données par les fidèles. Vous allez y voir les daims, messagers divins du sanctuaire s’incliner devant les touristes pour leur demander des galettes. C’est un paysage typique de Nara, mais il devient de plus en plus difficile de se balader à son rythme en raison d’une masse de touristes. Pour se rendre à Kasuga Taisha, n’y a-t-il pas d’autres sentiers plus calmes ?

Ambiance forestière
Ambiance forestière

Trois sentiers peu connus mais agréables traversent la forêt dense qui s’étend sur le côté sud de l’enceinte du sanctuaire. Appelés les « sentiers Negi-michi », ils ne sont pas très éloignés l’un de l’autre. Chacun relie Kasuga Taisha au quartier de Takabatake qui s’est développé comme quartier où les prêtres du sanctuaire appelés negi habitaient autrefois. Par ces sentiers, ils sont allés au sanctuaire.

Sentier Kami no Negi
Sentier Kami no Negi

Voici le sentier le plus à l’est Kami-no-Negi que j’ai emprunté lors de ma dernière balade à Nara. Il a une belle ambiance forestière et on peut voir de grands arbres d’ichiigashi, une variété de hêtre.

Ce sentier est aussi parsemé de sanctuaires annexes de Kasuga Taisha tels que le sanctuaire lié au bonheur conjugal, celui pour une bonne chance, etc. Après la visite des bâtiments de Kasuga Taisha, que diriez-vous de pousser jusqu’à la colline Wakakusa et le pavillon Nigatsu-do ?

Pavillon Nigatsu-do

Le pavillon Nigatsu-do au crépuscule

Au pavillon Nigatsu-do, un des bâtiments du temple Todai-ji. Ce bâtiment sur pilotis est situé à l’est de la salle du Bouddha. Un rituel de repentance dédié au Bodhisattva de la compassion s’y déroule début mars. De sa terrasse, vous jouirez d’une belle vue sur Nara.

Le pavillon Nigatsu-do est ouvert pendant 24 heures sur 24. Un paysage calme et apaisant vous attend au crépuscule. Des lanternes suspendues sont éclairées.

Le chemin menant au Nigatsu-do est entouré de murs de terre aux vieilles tuiles. C’est recommandé pour ceux qui veulent se promener tranquillement.

Voyage dans le temps ?
Voyage dans le temps ?
Hameau de Tsukigase

Le hameau de Tsukigase enveloppé par la douce senteur du prunier

Le hameau de Tsukigase est situé à environ 30 kilomètres à l’est du centre de la ville de Nara. C’est un des meilleurs endroits pour apprécier les fleurs de prunier dans la région du Kansai au Japon. Le parfum des fleurs de prunier y flotte à l’approche du printemps.

À Tsukigase, il y a le seul fabricant d’ubai (prunes noires) au Japon. Il s’agit de prunes mûres saupoudrées de suie, cuites à la vapeur et séchées au soleil. Elles sont utilisées comme mordant pour la teinture traditionnelle au safran.

Ubai
ubai, prunes noires
Illumination de l'hiver à Nara

L’illumination de l’hiver à Nara

Illumination Rurié
Nara Rurié

Le « Nara Rurié », l’illumination de l’hiver a eu lieu dans une version limitée autour du parc de Nara.

Pavillon du Grand Bouddha
Pavillon du Grand Bouddha

Le pavillon du Grand Bouddha du temple Todai-ji illuminé. J’ai pu voir le visage du Grand Bouddha à travers la lucarne centrale du bâtiment.

Les deux statues en bois des gardiens, nio renfermées à l’intérieur de la grande porte du Sud du Todai-ji.

Franchement, je n’aime pas les illuminations chargées qui ont souvent lieu dans les temples de Kyoto ces jours-ci. Mais ces statues de nio éclairées étaient d’un air imposant à couper le souffle.

Paysage au temple Todai-ji

La flânerie au temple Todai-ji

La flânerie au temple Todai-ji le week-end dernier. À la suite de la campagne de promotion de voyage lancée par le gouvernement central, les sites touristiques sont bondés de monde…Il y avait énormément de monde au temple Todai-ji.

Mais le chemin menant au pavillon Nigatsu-do (derrière la salle du Bouddha), mon endroit préféré au temple Todai-ji, était calme. Au sanctuaire shinto Tamukeyama-hachimangu, les feuilles multicolores des érables ont flatté les yeux.

Roulement de tambour d'Uemura Shoen

Le musée d’art Shohaku

Musée d'art Shohaku
Musée d’art Shohaku

Le musée d’art Shohaku situé à Nara abrite la collection des peintures et des croquis d’Uemura Shoen, Uemura Shoko et Uemura Atsushi.

Uemura Shoen est une femme peintre de la première moitié du XXème siècle. Elle se spécialisait dans le genre bijin-ga, les peintures de belles femmes. Jo-no-mai, le prélude d’une danse no est un de ses chefs-d’œuvre. À l’époque où l’art était considéré comme étant un domaine réservé aux hommes, elle se distinguait par sa manière délicate d’exprimer la beauté des femmes. Ses tableaux nous font ressentir non seulement l’élégance des femmes mais aussi leur force intérieure.

Uemura Shoko (fils de Shoen) et Uemura Atsushi (petit-fils de Shoen) sont des maîtres du genre kacho-ga qui se traduit littéralement par peinture de fleurs et oiseaux (ce genre comprend également des motifs tels que des animaux, des poissons et des insectes). Les genres sont différents, mais leur tableaux sont pleins de beauté raffinée.

Jardin de pins
Jardin de pins

Le musée est entouré d’un jardin de pins. Ce serait bien de s’y promener.