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Focus sur les maîtres paysagistes japonais (3ème partie) : Ogawa Jihei

Kyoto abrite de nombreux jardins merveilleux. Dans cette série, je vous parle de quelques maîtres paysagistes emblématiques qui ont joué un rôle important dans la conception du jardin japonais.

La troisième partie se concentre sur Ogawa Jihei (1860-1933) connu comme le précurseur des jardins japonais modernes. Autrement appelé le « magicien de l’eau et de la pierre », il a conçu des jardins lumineux en intégrant le paysage naturel en arrière-plan. Il n’y a pas de notion de mitate (sens symbolique lié à la culture ou la religion japonaise) utilisée dans le jardin traditionnel. Vous pouvez profiter simplement de la beauté du paysage de chaque saison. Ses chefs-d’œuvre se trouvent dans le quartier Okazaki et aux environs du temple Nanzen-ji.

Jardin de l'ancienne résidence de Namikawa Yasuyuki
Jardin de l’ancienne résidence de Namikawa Yasuyuki

Le jardin de l’ancienne résidence de Namikawa Yasuyuki, un des artisans les plus renommés de la technique du cloisonné. Il est aménagé autour d’un étang dont l’eau provient du canal du lac Biwa. Namikawa et Ogawa ont été voisins. Ogawa a conçu ce jardin par amitié. Il n’était qu’un simple jardinier à l’époque, mais tous les éléments tels des pierres, des lanternes, des arbres, etc y sont disposés ingénieusement et créent une ambiance reposante.

 

Le jardin de promenade de la villa Murin-an réalisé par le travail en collaboration avec Yamagata Aritomo, un homme politique et grand amateur de jardin de l’ère Meiji. Ogawa a créé des jardins dans d’autres villas construites autour du temple Nanzen-ji, mais celui de Murin-an est le seul ouvert au public aujourd’hui. Il bénéficie d’une pelouse et d’une source d’eau par le canal du lac Biwa. Le murmure de l’eau est agréable à l’oreille. Les petites pierres placées au fond du ruisseau créent des effets sonores variés. Ce jardin qui n’est pas imprégné de style classique a jouit d’une bonne réputation et Ogawa s’est chargé de créer ensuite des jardins du sanctuaire shinto Heian-jingu.

Les quatre jardins pittoresques se cachent à l’arrière du sanctuaire. En toutes saisons, ils vous offrent une balade très agréable. Profitez d’un moment de calme de ce havre de paix.

Focus sur les maîtres paysagistes japonais (2ème partie) : Kobori Enshu

Kyoto abrite de nombreux jardins merveilleux. Dans cette série, je vous parle de quelques maîtres paysagistes emblématiques qui ont joué un rôle important dans la conception du jardin japonais.

La deuxième partie se concentre sur Kobori Enshu (1579-1647), un seigneur féodal, maître de thé, architecte et paysagiste du début du XVIIème siècle.

 

En tant que fonctionnaire du shogunat Tokugawa responsable de travaux de génie civil,, il a été engagé dans un certain nombre de projets de construction et de rénovation. Les jardins qu’il a dessiné reflètent l’autorité et la prospérité de la famille Tokugawa. Le jardin du palais Ninomaru du château de Nijo et celui du temple Konchi-in sont les meilleurs représentants. Quel que soit le type du jardin, il y a l’île grue et l’île tortue -symbole de longévité- représentées par des compositions de roches.

 

Jardin du temple Nanzen-ji
Jardin du temple Nanzen-ji

Kobori Enshu a souvent introduit la perspective dans la conception des jardins. Le jardin attaché au hojo du temple Nanzen-ji est un bon exemple. Surnommé jardin du tigre bondissant, il se compose de roches et d’arbres groupés à gauche sur le gravier blanc ratissé. Les positions des roches représentent les pas d’une mère tigre qui doit faire traverser une rivière à ses trois enfants. Dans l’espace simple de droite, Kobori Enshu a mis l’effet de perspective en scène, en baissant le mur qui entoure le jardin et en plaçant une grande roche à gauche et des roches plus petites à distance à droite.

Inspiré par l’art topiaire occidental, Kobori Enshu aurait conçu l’art de la taille japonaise karikomi. On trouve souvent des azalées taillées en formes arrondies dans les jardins japonais. Ce style simple est l’art du minimalisme.

 

Le temple Shuon-an Ikkyu-ji

Bel endroit pour admirer les feuilles rouges d’automne

Le temple zen Ikkyu-ji situé dans le sud de la préfecture de Kyoto.

Statue du moine Ikkyu

Le moine Ikkyu (1394-1481) y a passé ses dernières années. Il est l’un des moines les plus célèbres au Japon. Son nom me rappelle une série d’animation TV « Ikkyu-san » diffusée dans les années 70.

Le hojo, logement des moines d’autrefois, est entouré de trois jardins secs conçus au début du XVIIème siècle pour rendre hommage au moine Ikkyu. Le jardin sud se compose de graviers blancs ratissés verticalement et d’azalées taillées en formes arrondies. En contraste avec le jardin sud simple, des arrangements de pierres se font remarquer dans le jardin nord.

Art moderne ?

Au fond du pavillon principal, des statues en pierre représentant les disciples de Bouddha sont éparpillées. Elles ont été sculptées par des fidèles locaux. Chaque visage est différent et intéressant à voir.

Focus sur les maîtres paysagistes japonais (première partie) : Muso Soseki

Kyoto abrite de nombreux jardins merveilleux. Dans cette série, je vous parle de quelques maîtres paysagistes emblématiques qui ont joué un rôle important dans la conception du jardin japonais.

La première partie se concentre sur Muso Soseki, un moine bouddhiste de grande vertu, conseiller politique et économique du shogun et paysagiste de premier plan du XIVème siècle.

En pratiquant des ascèses en tant que moine zen, Muso Soseki a créé des jardins. Le jardin était pour lui le lieu d’introspection et de contemplation. L’ascèse était donc inséparable de la création des jardins.

Dans le jardin japonais, un arrangement de pierres symbolise la trinité des Bouddha, les îlots, la cascade, etc… L’utilisation des pierres pour les faire ressembler à d’autres choses, c’est une des particularités du jardin japonais.

La spécialité de Muso Soseki était la création de la « cascade sèche ». Il n’y a pas d’eau, mais un arrangement de pierres nous évoque le courant. Inspiré de la légende chinoise selon laquelle la carpe qui réussit à remonter la cascade se transforme en dragon, il a créé la cascade sèche et exprimé la rigueur des ascèses zen nécessaires pour atteindre l’éveil spirituel.

Si vous voulez admirer les œuvres de Muso Soseki, je vous recommande de visiter le temple Tenryu-ji et le temple Saiho-ji. Au temple Tenryu-ji, le paysage des collines environnantes incorporé dans le jardin est impressionnant. Au temple Saiho-ji, le jardin de mousses dégage d’une ambiance sereine et féerique. À première vue, la cascade sèche réalisée par des pierres montre le paysage triste, mais le message que Muso Soseki voulait nous transmettre, l’esprit zen se niche plutôt dans cet arrangement de pierres.

Le temple Todai-ji part8

Kaidan-do, salle d’ordination

Il y a aussi plusieurs bâtiments secondaires à l’ouest de la salle du Bouddha. Vous y croiserez des daims qui vadrouillent en liberté, mais peu de touristes. Le Kaidan-do qui occupe le sommet d’un petit tertre est un endroit pour recevoir l’ordination bouddhique. Vous pourrez y rencontrer des chefs-d’œuvre créés au VIIIème siècle, les quatres statues en argile de dieux gardiens des points cardinaux appelés shitenno.

Shitenno (gardien du sud, gardien de l’ouest, gardien du nord, gardien de l’est, de gauche à droite)

En tant que protecteurs du monde bouddhique, les shitenno portent des armures et pietinent des démons. Tous les quatre se tiennent debout au visage effrayant, mais vous remarquerez qu’ils ont des expressions et des poses contrastées. Les deux gardiens, le gardien du sud et celui de l’est manifestent leur colère les yeux ouverts et regardent les ennemis sévèrement. Les deux autres gardiens, le gardien du nord et celui de l’ouest cachent leur colère les yeux plissés et regardent au loin. L’harmonie créée par la beauté du contraste est magnifique. Le gardien de l’ouest est mon préféré. Chaque fois que je visite le Kaidan-do, je suis captivée par son regard perçant.

Après la visite du Kaidan-do, descendez l’escalier en pierre et continuez tout droit vers le quartier Suimon-cho. Il est parsemé d’endroits reposants, tels que l’ancienne résidence d’Irie Taikichi, un photographe originaire de Nara, le jardin Isui-en, le jardin Yoshiki-en etc.

Hakuryuen : un jardin secret à Kyoto

Hakuryuen

Kyoto abrite de nombreux endroits célèbres pour les belles couleurs d’automne, mais il est difficile de profiter de la sérénité naturelle dans des sites populaires en raison de l’afflux de touristes.

Hakuryuen situé dans le village Ninose, près de Kurama à Kyoto, c’est un jardin japonais très joli mais peu connu. Il est ouvert au public, mais seulement pendant une certaine période de printemps et d’automne. Ce jardin n’est pas entouré de murs. On a l’impression de se trouver en pleine nature avec des montagnes en arrière-plan.

Paysage découpé

De l’intérieur d’un pavillon, on peut admirer un paysage découpé comme une peinture encadré. Cela représente un sens traditionnel japonais, teioku-ichinyo qui signifie « harmonie parfaite du bâtiment et du jardin ».

Le moelleux tapis de mousses est méticuleusement entretenu. Le contraste des couleurs rouges des feuilles avec les couleurs vertes des mousses est impressionnant.

Il y a aussi des astuces ludiques conçues par des jardiniers. Des mousses en forme de cœur, des fleurs variées placées dans un bassin de pierre… Elles flattent les yeux.

La réouverture du temple Koto-in

Temple Koto-in

Koto-in, un des sous-temples de Daitoku-ji est le site serein où je peux me détendre complètement chaque fois que je visite. Il était fermé en raison des travaux de restauration depuis l’été 2017, mais il a finalement été rouvert.

Voie d’accès au temple

La voie d’accès au temple recouverte d’un pavage de pierre, c’est ce que je vous conseille de voir absolument. Entourée par des érables et des bambous, elle s’étale tout droit au temple. Vous y ressentirez une ambiance paisible, éloignée du tumulte de la ville. Cette année, le rougissement des feuilles d’érables japonais est retardé… On pourra l’admirer peut-être à la fin novembre.

Son jardin surnommé le jardin des érables est modeste et de bon goût. Il n’y a pas de thèmes difficiles à comprendre, tels que la légende chinoise ou le monde du bouddhisme, etc. Vous ne vous lasserez pas de le contempler.

Horin-ji, le temple des daruma

Plein de darumas

Savez-vous ce que c’est, un daruma ? C’est une figurine en papier mâché, de forme arrondie, sans bras ni jambes. Coloré en rouge de bon augure à l’exception du visage, le daruma est inspiré de la position de méditation du moine indien Bodhidharma qui a fondé le bouddhisme zen. Selon la légende, Bodhidharma a médité pendant neuf ans face au mur en pierre et a perdit l’usage des bras et des jambes. Le daruma qui revient à sa postion initiale même si on le renverse est le symbole de persévérance.

Horin-ji situé à l’ouest du centre-ville de Kyoto est un temple zen fondé au XVIIIème siècle. C’est un petit temple, mais vous y serez étonné d’un paysage unique. Il abrite 8 000 figurines daruma. De darumas d’environ 2 mètres de haut à ceux de taille de paume… Ce temple est plein de darumas.

Pas seulement des figurines. Il sera intéressant de trouver des motifs de daruma cachés qui sont éparpillés un peu partout dans l’enceinte.

Jardin zen

Le jardin zen situé au sud du bâtiment principal vous permettra de goûter la tranquillité. Ce sera un bon endroit pour la méditation.

Bouddha couché

Horin-ji abrite aussi une belle statue de bouddha couché. Elle dort sous la couette. On peut la toucher. Il est dit qu’elle accorde le bonheur, la vertu et la longévité.

À la recherche de la sérénité de la nature

Au temple Akishino-dera, la cachette située au nord-ouest du centre-ville de Nara.

Temple Akishino-dera

Il offre un paysage paisible et agréable avec un jardin couvert de mousse. La lumière du soleil qui passe entre les arbres sur la mousse veloutée est très jolie…

Ce temple abrite la statue de la déesse de l’art, Gigei-ten. Elle est autrement appelée « la muse orientale ». Beaucoup de gens sont émerveillés par son sourire gracieux. Sa tête et le reste du corps ont été créés à différentes époques, mais tout un ensemble crée une belle harmonie.

Déesse Gigei-ten

Le chemin Takisaka-no-Michi

Le chemin Takisaka-no-Michi est la première partie de la route de Yagyu qui relie Nara et Yagyu, le village des maîtres d’armes situé à l’est de Nara. Il s’étend du côté sud du sanctuaire shinto Kasuga Taisha au temple Enjyo-ji (environ 10 km de long). Une portion du chemin, pavée de pierres et aménagée à l’époque Edo dégage une ambiance mystique. Les escrimeurs de l’époque l’ont emprunté pour fréquenter la salle d’entraînement de Yagyu. Que diriez-vous d’y faire une randonnée pour une demi-jounée en profitant du murmure de la rivière et du vent dans la forêt ?

Le chemin Takisaka-no-Michi abrite aussi une multitude de bouddhas en pierre, sekibutsu qui sont les objets du culte bouddhique. Ces bouddhas anciens y ont vu passer un grand nombre de samouraïs.

Voici la maison de thé du col Ishikiri qui a une histoire de 180 ans. Dans le passé, les escrimeurs y ont laissé des sabres ou des lances en échange de boissons. Vous pourrez y prendre une petite pause. Mais faites attention. Elle est souvent fermée en semaine. Ce monsieur sur la photo est son patron.

Maison de thé du col Ishikiri

Cette randonnée se termine par la visite du temple Enjyo-ji qui se trouve à une heure de marche de la maison de thé. Il y a peu de touristes et une atmosphère calme règne dans son enceinte. La vue du jardin sera reposante.

La nouvelle verdure y est très jolie maintenant, mais il vaut mieux éviter d’y faire de la randonnée en été. Il y a un danger de rencontrer des vipères.