Situé au sud-est du palais impérial de Kyoto, le palais Sento, plus précisément, son vestige se visite sur rendez-vous. L’original a été construit en 1630 pour l’empereur retiré Go-Mizunoo. Chaque fois qu’il a été frappé par un incendie, il a été reconstruit. Cependant, il n’a jamais été rebâti après le grand incendie de 1854. Aujourd’hui, il n’y a pas de bâtiments dans son enceinte à l’exception de deux pavillons de thé. Le clou de la visite, c’est le jardin de promenade aménagé autour d’un grand étang dont les parties nord et sud sont reliées par un court canal. Il vous offre des paysages pittoresques. C’est comme une promenade dans une forêt calme et profonde.
Étang nord
Paysage pittoresque
Pont Tsukabashi
Il y a des îles et des ponts de différents styles. Dans les premiers jours de mai, au pont Yatsuhashi (pont en zigzag) du côté sud de l’étang, on peut admirer les fleurs de glycine au parfum énivrant. L’année dernière, elle n’a pas fait de fleurs. Elle boudait peut-être parce que personne n’y est venu à cause du Covid-19. Cette année, elle a commencé à fleurir très tôt comme les fleurs de cerisier. L’étang sud est remarquable pour sa plage, suhama, recouverte d’environ 120 000 galets de même taille et couleur. On dit que chaque galet a été échangé contre 1,5 kilogrammes de riz et y a été transporté pour réaliser cette belle courbe.
Le sanctuaire shinto Matsunoo Taisha situé près du quartier Arashiyama. Il se trouve à l’extrémité Ouest de l’avenue Shijo, l’une des artères de Kyoto. (Soit dit en passant, le sanctuaire shinto Yasaka-jinja est à l’extrémité Est de la même avenue). C’est un sanctuaire ancien dédié au dieu du brassage du saké, correspondant à Bacchus dans la mythologie romaine.
Tonneaux de saké
Tortue, messager divin
Jardin conçu par Shigemori Mirei
Il est connu pour ses nombreux tonneaux de saké et son eau de cascade « tortue sacrée » utilisée pour le brassage du saké. Les jardins conçus par Shigemori Mirei vers la fin de sa vie sont aussi à ne pas manquer. Mais le clou de la visite après la floraison des cerisiers, c’est la corète du Japon, yamabuki en fleur.
Le Rokkaen, ancienne demeure d’un homme d’affaires de la ville de Kuwana, préfecture de Mie. Construit en 1913, il se compose d’un bâtiment de style européen, un bâtiment de style japonais, de plusieurs entrepôts et d’un vaste jardin de promenade.
Bâtiment de style européen
La partie de style européen avec une tour à quatre niveaux a été conçue par l’architecte britannique Josiah Conder surnommé au Japon le « père de l’architecture moderne japonaise ».
Solarium
Hall
Intérieur
Comme conseiller étranger au Japon pendant l’ère Meiji, Conder a enseigné l’architecture européenne et a conçu de nombreux bâtiments de Tokyo comme le Rokumeikan, symbole de l’occidentalisation pendant l’ère Meiji. Mais la plupart d’entre eux n’existent plus aujourd’hui. Ce bâtiment de style européen est donc précieux comme le seul bâtiment lié à Conder qui existe encore dans les zones rurales du pays. Dans le solarium, la douce lumière du soleil.
Bâtiment de style japonais
Le bâtiment de style japonais (bâtiment annexe) est directement relié à la partie de style européen. La famille du propriétaire y vivait habituellement.
Salle de réception
Ranma, imposte ajourée
Kugikakushi pour cacher la tête de clou
Jardin japonais
Le zashiki qui a servi de salle de réception est muni de tokonoma (alcôve en retrait), tsuke-shoin (bureau encastré) et kazaridana (étagère ornementale). Le ranma (imposte ajourée pour laisser passer l’air et la lumière) et le kugikakushi (ornement pour cacher la tête de clou) ont le même motif de chrysanthème et paulownia. De cette salle, vous pourrez admirer la vue du jardin.
Le hameau de Tsukigase est situé à environ 30 kilomètres à l’est du centre de la ville de Nara. C’est un des meilleurs endroits pour apprécier les fleurs de prunier dans la région du Kansai au Japon. Le parfum des fleurs de prunier y flotte à l’approche du printemps.
Prunier blanc
Prunier pleureur
À Tsukigase, il y a le seul fabricant d’ubai (prunes noires) au Japon. Il s’agit de prunes mûres saupoudrées de suie, cuites à la vapeur et séchées au soleil. Elles sont utilisées comme mordant pour la teinture traditionnelle au safran.
Il n’y a probablement aucun autre endroit au Japon qui ait captivé autant d’architectes et d’artistes que la villa impériale de Katsura. L’essentiel esthétique de la culture japonaise y sera découvert.
Demeure de style shoin
Perspective
La villa impériale de Katsura est située sur la rive ouest de la rivière Katsura qui coule dans la banlieue ouest de Kyoto. Elle est constituée d’une demeure de style shoin et d’un vaste jardin de promenade comportant quatre pavillons de thé au design simple mais raffiné. Il a fallu plus de 40 ans pour la construire. Au début du XVIIème siècle, le prince Hachijo-no-miya Toshihito a entrepris la construction et après son décès, son fils a pris le relais de travaux. Échappé au feu depuis sa construction, elle conserve son aspect d’origine. Il y règne une beauté élégante et raffinée, contrastant avec la beauté fastueuse du sanctuaire de Nikko construit à la même époque pour montrer l’autorité du shogun Tokugawa.
Îlots sur l’étang
Pont depuis le pavillon de thé, Shoka-tei
Sentier vers la demeure
Temple privé, Onrin-do
Le jardin a un large étang sur lequel sont disposés des îlots en son centre. Les bâtiments qui constituent la demeure sont situés à l’ouest de l’étang. Les quatre pavillons de thé et un temple privé se trouvent au long de la promenade aménagée autour de l’étang. En suivant la promenade, vous trouverez une grande variété de paysages naturels comme celui de montagnes, celui de plages et celui de villages rustiques. Ce jardin vous offre des paysages sans cesse renouvelés, ce qui ajoute au charme de la villa.
Pavillon de thé, Shokin-tei
Damier bleu et blanc
Pavillon de thé, Shoi-ken
Feuille d’or sur le mur d’allège de velours à damiers
Les bâtiments ne peuvent être vus que de l’extérieur, mais les photos sont autorisées depuis les emplacements indiqués. On dit que chaque pavillon de thé a un caractère saisonnier. Shokin-tei est un pavillon de thé pour l’hiver. Remarquez son décor. Le motif à damier bleu et blanc des portes coulissantes et de l’alcôve crée une ambiance moderne, contrastant avec son apparence simple avec un toit de chaume. Situé près de l’embarcadère, Shoi-ken est un pavillon de thé champêtre pour l’été. Vous pourrez également y trouver l’esthétique délicate de la culture de la cour impériale.
Chemin pavé de pierres taillées
Chemin pavé de pierres naturelles et de pierres taillées
Chemin pavé de pierres naturelles
Des ponts, des lanternes et des bassins sont disposés ingénieusement au long de la promenade. Les passages pavés de pierres, nobedan y sont également à ne pas manquer. Selon les niveaux de formalisme qui s’appliquent aussi à la calligraphie et à la cérémonie du thé, il y a trois styles différents : shin (formel), gyo (mi-formel) et so (informel). Nobedan de style shin : passage de pierres taillées et alignées au style géométrique. Il est utilisé devant la porte d’entrée de la demeure. Nobedan de style gyo : passage de pierres taillées et de pierres aux formes naturelles. Il est utilisé devant la salle d’attente pour la cérémonie du thé au pavillon de thé, Shokin-tei. Nobedan de style so : passage de pierres aux formes naturelles de différentes tailles et couleurs. Il est utilisé devant le pavillon de thé, Shoi-ken.
Si vous voulez découvrir la beauté discrète et dépouillée en accord avec la nature, la villa impériale de Katsura est incontournable à visiter.
Kyoto abrite de nombreux jardins merveilleux. Dans cette série, je vous parle de quelques maîtres paysagistes emblématiques qui ont joué un rôle important dans la conception du jardin japonais.
La quatrième partie se concentre sur Shigemori Mirei (1896-1975) qui a fait souffler un vent nouveau dans la conception du jardin sec en alliant la tradition avec le modernisme. En tant que paysagiste, il a créé environ 200 jardins. À Kyoto, les jardins du temple Tofuku-ji conçus en 1939 sont connus comme ses chefs-d’œuvre.
Jardin sud
Jardin ouest
Jardin nord
Jardin est
Les jardins qui donnent sur chacun des côtés du bâtiment hojo, quartier des moines du temple Tofuku-ji. Dans l’esprit zen, il est important d’éliminer le superflu. Ces jardins ont été réalisés par le recyclage des matériaux et des déchets trouvés dans l’enceinte du temple, sauf des pierres utilisées dans le jardin sud.
Shigemori se destinait à être peintre quand il était jeune. Le prénom Mirei qu’il a adopté vient du peintre français Jean-François Millet. Il s’y connaissait également en culture traditionnelle japonaise, notamment l’arrangement des fleurs et la cérémonie du thé. À propos de la création des jardins, son style est parfois avant-gardiste, mais évite de s’écarter de la tradition. La tradition et le modernisme y sont réconciliés. Dans le jardin nord, des plaques carrées en pierre et en mousse sont posées en alternance. Ce motif en damier appelé ichimatsu semble moderne, mais c’est un motif traditionnel japonais de bon augure. Il est aussi utilisé pour le logo des Jeux olympique et paralympiques 2020 de Tokyo et pour la veste kimono portée par Kamado Tanjiro, héros de Demon Slayer.
Motif d’éclairs
Dragon qui monte au ciel depuis la mer
Motif de nuages
Les créations novatrices de Shigemori sont aussi visibles dans les jardins de temples annexes de Tofuku-ji. Le motif en zigzag sur la clôture en bambou représentant des éclairs, les graviers blancs représentant la mer, les graviers noirs ou rouges bordés de mortiers représentant les nuages… Certains disent que le jardin sec est triste dans l’ensemble, mais je trouve les jardins de Shigemori imprégnés de beauté picturale intéressants à voir.
La flânerie au temple Todai-ji le week-end dernier. À la suite de la campagne de promotion de voyage lancée par le gouvernement central, les sites touristiques sont bondés de monde…Il y avait énormément de monde au temple Todai-ji.
Chemin menant à Nigatsu-do
Au sanctuaire Tamukeyama-hachimangu
Mais le chemin menant au pavillon Nigatsu-do (derrière la salle du Bouddha), mon endroit préféré au temple Todai-ji, était calme. Au sanctuaire shinto Tamukeyama-hachimangu, les feuilles multicolores des érables ont flatté les yeux.
Hier, je suis allée avec ma famille au parc commémoratif de Keihanna situé dans la région frontalière entre les préfectures de Kyoto, Osaka et Nara appelée Cité des sciences du Kansai. Il y a un jardin de promenade. On peut admirer une vue panoramique depuis le pont perché à 10 mètres au-dessus de la surface de l’eau.
À quoi penses-tu ?
Visage humoristique
Prendre un bain de soleil ?
Fais de beaux rêves !
Ce pont est également connu comme spot pour contempler le clair de lune. Au-delà du pont, il y a un design unique recouvert d’un cadre en bois sur lequel sont perchées des statues « les descendants de Galileo » de Federico Bonaldi, maître de la céramique italienne contemporaine. Leur poses sont intéressantes à voir.
Pierres jalonnées permettant aux visiteurs de marcher sur l’eau
Cascades ressemblant à une terrasse de culture de riz
C’était vraiement une petite journée agréable en famille.
Le musée d’art Shohaku situé à Nara abrite la collection des peintures et des croquis d’Uemura Shoen, Uemura Shoko et Uemura Atsushi.
Jo-no-mai (collection de l’université des arts de Tokyo)
Roulement de tambour d’Uemura Shoen
Uemura Shoen est une femme peintre de la première moitié du XXème siècle. Elle se spécialisait dans le genre bijin-ga, les peintures de belles femmes. Jo-no-mai, le prélude d’une danse no est un de ses chefs-d’œuvre. À l’époque où l’art était considéré comme étant un domaine réservé aux hommes, elle se distinguait par sa manière délicate d’exprimer la beauté des femmes. Ses tableaux nous font ressentir non seulement l’élégance des femmes mais aussi leur force intérieure.
Clair de lune d’Uemura Shoko
Premier hiver d’Uemura Atsushi
Uemura Shoko (fils de Shoen) et Uemura Atsushi (petit-fils de Shoen) sont des maîtres du genre kacho-ga qui se traduit littéralement par peinture de fleurs et oiseaux (ce genre comprend également des motifs tels que des animaux, des poissons et des insectes). Les genres sont différents, mais leur tableaux sont pleins de beauté raffinée.
Jardin de pins
Le musée est entouré d’un jardin de pins. Ce serait bien de s’y promener.
Dans les temples bouddhistes, on voit le drapeau de cinq couleurs suspendu à l’entrée du bâtiment principal. C’est le drapeau bouddhique de la version japonaise appelé goshikimaku. Il représente le fondateur du bouddhisme Bouddha Shakyamuni et son enseignement. Chaque couleur a une signification.
Drapeau bouddhique de cinq couleurs
Le bleu (ou le vert) est la couleur des cheveux du Bouddha, représentant l’état de méditation. Le jaune est la couleur du corps du Bouddha, pour la pensée inébranlable. Le rouge est la couleur du sang du Bouddha, pour la miséricorde et l’énergie spirituelle. Le blanc est la couleur des dents du Bouddha, pour la foi sereine. Le noir (ou le violet) est la couleur de la robe des moines, pour la maîtrise de la colère et la patience. Pour les écoles bouddhistes ésotériques comme shingon, ces cinq couleurs représentent les cinq bouddhas de sagesse.