ARTISTS’ FAIR KYOTO (AFK) est un salon d’art unique en son genre, centré sur les artistes eux-mêmes. Contrairement aux foires classiques où les galeries sélectionnent les exposants, l’AFK repose sur un concept original : ce sont des artistes contemporains de renom qui choisissent les jeunes talents à suivre de près.
Pour cette 9ème édition en 2026, l’exposition dédiée aux jeunes artistes au Musée National de Kyoto est déjà terminée ; en revanche, les œuvres d’artistes confirmés sont exposées au temple Tofuku-ji jusqu’au 1er mars.
Le Tofuku-ji est un temple zen célèbre pour ses couleurs d’automne, mais en ce début de printemps, une atmosphère de sérénité absolue règne sur son vaste domaine. Le temple abrite également les jardins secs créés par Mirei Shigemori (paysagiste du XXe siècle) en 1939. On y ressent une fusion parfaite entre la simplicité du zen et l’abstraction de l’art moderne.
Si l’idée d’exposer de l’art contemporain dans un temple ancien peut surprendre, la présence de ces jardins si modernes permet de s’immerger naturellement dans l’univers des artistes.
Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, est un site incontournable pour les voyageurs en quête d’une expérience spirituelle au Japon. Ce site attire particulièrement les voyageurs occidentaux, notamment les Français, qui y sont les plus nombreux. L’atmosphère mystique de cette cité religieuse vivante les fascine.
Situé dans la préfecture de Wakayama, à environ 100 kilomètres au sud d’Osaka, son accès reste complexe. Le trajet habituel nécessite plusieurs changements de train (notamment depuis Kyoto), suivis d’un funiculaire puis d’un bus. C’est pourquoi il est souvent recommandé d’y passer la nuit dans l’un des nombreux temples shukubo qui offrent l’hébergement aux visiteurs. L’expérience de la participation à la prière matinale et la dégustation de la cuisine végétarienne des moines font du mont Koya un lieu unique.
Cependant, si vous préférez opter pour une excursion d’une journée au mont Koya depuis Kyoto, pourquoi ne pas emprunter le bus direct reliant ces deux sites ? Vous pourrez ainsi rejoindre cette prestigieuse cité religieuse en seulement 3 heures de route, sans vous soucier des correspondances compliquées.
Pour l’année 2026, ce bus circulera tous les jours, du vendredi 10 avril au dimanche 29 novembre inclus. Les horaires restent inchangés par rapport à l’année dernière (voir détails ci-dessous). Les informations de circulation du bus direct
En revanche, les tarifs ont été modifiés comme suit :
Aller simple
3 000 yens (d’avril à septembre) 3 200 yens (octobre et novembre)
Aller-retour
5 200 yens (d’avril à septembre) 5 600 yens (octobre et novembre)
Un petit aperçu du mont Koya
Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, a été fondé par le moine Kukai (Kobo Daishi) il y a plus de 1 200 ans. En réalité, il n’existe pas de montagne nommée Koya. Il s’agit d’un plateau entouré par huit montagnes, qui s’étend d’est en ouest sur six kilomètres. Les moines représentant un tiers de sa population, le mont Koya est une véritable cité religieuse. Ses incontournables, notamment le Danjo Garan (lieu dédié aux pratiques spirituels), le Kongobu-ji (temple principal du mont Koya) et l’Okuno-in (une nécropole nichée dans une forêt de cèdres géants) sont concentrés sur ce plateau et sont facilement accessibles à pied.
Incontournables du mont Koya
La porte Daimon
Porte DaimonStatues de gardiens
La plupart des touristes ne s’arrêtent pas ici, pourtant cette imposante porte à deux étages, qui abrite une paire de statues de gardiens, marque l’entrée du mont Koya. Son architecture magnifique d’un rouge vermillon vous impressionnera. Le Danjo Garan se trouve à seulement 10 minutes à pied de là. C’est donc le point de départ idéal pour une exploration du mont Koya.
Le Danjo Garan
Pagode Konpon DaitoLanternes du Mie-doPagode ouestAtmosphère calme et paisible
Le Danjo Garan, lieu dédié aux pratiques spirituelles du bouddhisme ésotérique Shingon, s’étend dans la partie ouest du mont Koya. Ce complexe réunit de nombreux édifices religieux, dont sa célèbre grande pagode vermillon qui contraste magnifiquement avec le ciel bleu. Ne manquez pas non plus la pagode ouest, qui se dresse paisiblement au cœur d’une forêt de cèdres.
Le temple Kongobu-ji
Cerisiers du templeEntrée spéciale du templeJardin Banryu-teiCuisine
Situé à seulement cinq minutes à l’est du Danjo Garan, le Kongobu-ji est le temple principal du mont Koya. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, où une paire de dragons semble surgir d’une mer de nuages. Bien que ce type de jardin évoque traditionnellement l’esthétique des temples zen, il est fascinant de trouver le plus vaste d’entre eux ici même, au mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.
Le chemin vers l’entrée de l’Okuno-in
Petites boutiquesSanctuaire Inari du mont Koya
L’entrée de l’Okuno-in se trouve à environ 15 minutes de marche du temple Kongobu-ji. Ces dernières années, de nombreux cafés charmants ont ouvert leurs portes, mais on y trouve toujours de petites boutiques à l’atmosphère d’antan. Profitez de cette balade agréable : vous croiserez même un sanctuaire Inari, dont l’allée est bordée de portiques torii vermillon.
L’Okuno-in
Entrée de l’Okuno-inOkuno-inStèles de cinq niveauxJizo
Le cœur de la visite du mont Koya réside dans la découverte de l’Okuno-in, qui occupe une vaste partie de l’est du plateau. Cette nécropole s’étend sur deux kilomètres, du pont Ichi-no-hashi jusqu’au mausolée de Kukai. Plus de 200 000 pierres tombales et pagodes de toutes époques s’y alignent au milieu de cèdres millénaires. Entre le bruissement du vent dans les cimes, la lumière filtrant à travers les branches et les stèles couvertes de mousse… l’ambiance sereine et mystique qui y règne vous saisira à coup sûr.
Où peut-on obtenir un goshuin ? C’est l’une des questions que l’on me pose souvent lorsque je guide mes clients dans les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes.
Le goshuin est un sceau sacré remis aux visiteurs des sanctuaires shinto et des temples bouddhistes au Japon. À l’origine, il s’agissait d’une preuve remise en échange d’un sutra copié à la main et offert au temple. Composé d’un tampon rouge et du nom du lieu et d’une divinité calligraphiés à l’encre de Chine sumi, il symbolise le lien spirituel tissé entre le visiteur et le site.
Goshuin du temple Unryu-in, Kyoto
Pour le recevoir, il est nécessaire de posséder un goshuin-cho, un carnet spécifique en papier japonais washi. On peut s’en procurer dans les papeteries ou directement sur place. Bien que de nombreux touristes souhaitent en obtenir un en souvenir de leur passage, il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une simple collecte de tampons touristiques. Par conséquent, il est impossible de le demander sur un carnet de timbres ordinaire ou sur de simples feuilles de notes.
Goshuin
Certains lieux ne proposent pas de calligraphie réalisée en direct ; dans ce cas, ils délivrent des feuilles déjà préparées kakioki. En règle générale, on demande le goshuin après avoir prié. Cependant, dans les sites très fréquentés comme le Ginkaku-ji ou le Ryoan-ji à Kyoto, on peut confier son carnet à l’entrée pour le récupérer à la fin de la visite afin de gagner du temps.
Enfin, sachez que la photographie et la vidéo sont généralement interdites pendant la réalisation du goshuin. Si vous avez la chance d’assister à sa réalisation, je vous invite à observer attentivement le mouvement fluide et élégant du pinceau.
Qu’est-ce que le mingei ? C’est la découverte de la « beauté » dans les objets du quotidien créés par des artisans anonymes, et la reconnaissance d’une nouvelle valeur en eux. Pour désigner ces objets du quotidien qui n’étaient pas destinés à être regardés, le terme « Mingei » (abréviation de Minshuteki kogei, l’artisanat populaire) a été inventé.
L’année 2025 marque le centenaire de la naissance de ce mot. L’exposition, qui s’est tenue du 13 septembre au 7 décembre au musée de Kyocera, était axée sur les débuts du mouvement mingei, né à Kyoto, et sur son expansion.
Le terme « Mingei » (art populaire) est né à la suite de la découverte des sculptures bouddhiques en bois réalisées par Mokujiki (1718-1810), un moine itinérant de la fin de l’époque d’Edo qui a voyagé à travers tout le Japon. Soetsu Yanagi (1889-1961), le fondateur du mouvement mingei, a été fasciné par ces statues sculptées. Il a entrepris alors, avec ses compagnons, des voyages d’étude sur l’œuvre de Mokujiki, ce qui a marqué le point de départ de leur découverte de la culture populaire.
Autoportrait, MokujikiStatue assise de SozukabaBodhisattva Jizo
Fondée en 1927 à Kamigamo, Kyoto, l’Association pour la production artisanale populaire servait de centre pour mettre en pratique le mouvement mingei. Inspirés par le modèle des guildes médiévales, ses membres ont produit des œuvres de teinture et de tissage, de menuiserie et de ferronnerie. Des expositions de leurs créations ont également été organisées à Kyoto. Même aujourd’hui, ces œuvres restent fascinantes.
Boîte incrustée de nacre avec motif manji
Boîte portable laquée Negoro avec ferrures en ferMiroir triptyque en laque rougeKimono à motifs d’iris japonais
Comme exemple d’espace de vie décoré d’objets mingei, on peut citer Mikuni-so. Ce pavillon avait été exposé sous le nom de « Musée Mingei » lors d’une exposition à Tokyo en 1928. Tamesaburo Yamamoto (1893-1966), le premier président d’Asahi Breweries, l’a acheté après et l’a déplacé à Mikuni, Osaka, sur le site de sa résidence. Mikuni-so a servi de salon et de lieu de rencontre pour les acteurs du mouvement mingei dans la région du Kansai. En plus d’articles utilitaires quotidiens collectés dans tout le pays, des œuvres d’artistes associés au mouvement mingei y étaient effectivement utilisées au quotidien. Yamamoto a été un mécène du mouvement mingei, et sa collection constitue aujourd’hui une partie fondamentale de celle du Musée d’Art Asahi Group Oyamazaki, situé en banlieue de Kyoto.
Bol à décor linéaire en slipsarePlaque à motif d’œil de chevalTapis de chiffons tisséTissu d’emballage à motif de pivoines
Les objets mingei, que Yanagi et les artistes associés au mouvement mingei ont collectionnés aux marchés aux puces (comme le Kobo-ichi ou le Tenjin-ichi) et dans diverses régions du Japon, étaient également exposés. À travers l’exposition, on constate que des objets mingei ont été collectionnés dans une grande variété de genres.
Bol dessiné au doigt à glaçure verteThéière non émaillée à motif de coulée noirCoffre de bateau
Otsu-e, Le Démon jouant du Shamisen
À Kyoto, le mouvement mingei s’est épanoui dès ses débuts. Kanjiro Kawai (1890-1966) a été une figure centrale de ce mouvement, s’impliquant non seulement dans la céramique/poterie, mais aussi dans la conception des espaces de vie, tels que l’architecture et le mobilier. De nombreuses œuvres de Kawai étaient également exposées lors de cette exposition. Si vous vous intéressez à ses œuvres, je vous recommande vivement de visiter le Musée commémoratif de Kanjiro Kawai, situé à Gojozaka. C’est son ancienne résidence, qu’il a conçue lui-même, et on peut y percevoir sa propre esthétique unique.
Ensemble d’outils d’écriture et de bureau (design)Ensemble de vaisselleMasque en bois sculptéÉtagère murale suspendue en bois (design)
Tatsuaki Kuroda (1904-1982), artisan laqueur et menuisier né à Gion, Kyoto, a également eu des liens étroits avec les débuts du mouvement mingei. Kyoto comptait de nombreux adhérents au mouvement mingei, dont le célèbre confiseur traditionnel de Gion, Kagizen Yoshifusa. Kuroda a conçu le mobilier et les ustensiles de Kagizen Yoshifusa, incarnant ainsi l’union de l’utilité et de la beauté. La photo ci-dessous montre des récipients incrustés de nacre pour le kuzukiri (un dessert à base de fécule de racine de kudzu, servi froid sous forme de nouilles avec de la mélasse noire), commandés par Kagizen Yoshifusa à Kuroda. Bien que sa décoration en nacre soit magnifique, il possédait également la praticité nécessaire pour servir ce dessert délicat aux clients tout en le maintenant au frais.
Service de kuzukiri en laque incrustée de nacre et Boîte de transport alimentaire
Kyoto est une ville où l’architecture et les œuvres d’art liées au mouvement mingei se fondent encore naturellement dans le paysage. Capitale millénaire, Kyoto a aussi été une ville de l’artisanat, tissée par de nombreux artisans. Je pense que Kyoto, où la philosophie du mingei était déjà profondément enracinée, a eu la générosité d’évaluer et de développer les œuvres et les activités créatives des artistes influencés par ce mouvement.
Naoshima, une île de 8 ㎢ abritant environ 3 000 habitants, est le site phare de l’art contemporain dans les îles de la mer intérieure de Seto. La zone sud de l’île, où une nature luxuriante est préservée, incarne parfaitement la fusion entre la nature et l’art contemporain. Partout sur l’île, on peut apprécier les œuvres d’art tout en profitant des expressions changeantes de la nature au fil du temps. L’île de Naoshima possède trois grandes zones artistiques :
-La zone de Miyanoura, située près de l’embarcadère des ferries et des bateaux rapides
Red PumpkinPort de Miyanoura
-La zone de la Benesse House qui regroupe, entre autres, le musée d’art de Chichu et le musée Lee Ufan, et où l’on peut découvrir des œuvres en plein air en se déplaçant à pied
Musée d’art de ChichuPumpkinThree Squares Vertical DiagonalTime Exposed
-La zone de Honmura, où les vieilles rues et l’art s’entremêlent parfaitement.
Art House Project HaishaArt House Project Go’o ShrineQuartier de HonmuraRing of Fire
Pour ma troisième visite à Naoshima, cet article de blog est consacré aux lieux que j’ai découverts pour la toute première fois dans les zones de la Benesse House et de Honmura.
Valley Gallery
Valley Gallery
La Valley Gallery, aménagée en face du musée Lee Ufan, entre la Benesse House et le Musée d’art de Chichu, est composée d’une construction architecturale inspirée d’un sanctuaire et de sa zone extérieure environnante. L’intérieur du bâtiment dégage une atmosphère d’introspection. Cependant, le fait qu’il soit ouvert sur le semi-extérieur permet de ressentir directement les mouvements de l’environnement, tels que la lumière, le vent et les sons ambiants.
Narcissus GardenSlag Buddha88
L’œuvre de Yayoi Kusama, «Narcissus Garden» (une installation de sphères), est exposée à l’intérieur et à l’extérieur de ce bâtiment conçu par Tadao Ando. Les multiples sphères qui flottent sur l’eau sont bercées par le vent, produisant parfois un son léger et cristallin. Le spectateur fait face en permanence à son propre reflet dans les sphères. L’œuvre de Tsuyoshi Ozawa, “Slag Buddha 88” est réalisée à partir de scories, un matériau issu de l’incinération des déchets industriels illégalement déversés sur l’île de Teshima, une des îles de la mer intérieure de Seto. S’inspirant du célèbre pèlerinage des 88 temples de Shikoku, elle prend pour motif des statues de Bouddha installées en divers endroits de l’île de Naoshima au début de l’époque d’Edo. C’est une œuvre qui reflète ainsi l’histoire particulière de la région de Setouchi.
Hiroshi Sugimoto Gallery : Time Corridors
Hiroshi Sugimoto Gallery
Kegon FallsMaquette de Go’o ShrineCabot Street Cinema, MAConceptual Form 003
Cette galerie, unique au monde, présente en permanence les œuvres majeures de Hiroshi Sugimoto : photographies, designs et sculptures. Son thème, « Time Corridors », fait écho à l’architecture en circuit de Tadao Ando, à la quête de Sugimoto sur le temps et à la relation profonde qu’entretiennent les deux artistes avec l’île de Naoshima. L’objectif de la galerie est d’offrir aux visiteurs une expérience sensible des changements de la nature et du flux du temps, les invitant à une profonde réflexion sur l’histoire et l’existence.
Pavillon de thé en verre, Mondrian
Dans le lounge de la galerie, il est possible de savourer un thé et une pâtisserie japonaise face au pavillon de thé en verre installé à l’extérieur. Celui-ci utilise la mer intérieure de Seto comme décor. Son atmosphère, à la fois ouverte et introspective, invite les visiteurs à contempler les changements de la nature et le passage du temps. Il faut également porter attention aux tables du lounge. Elles ont été sculptées dans le bois de trois vieux arbres d’âges différents, et transmettent, elles aussi, l’histoire et le fil du temps.
The Naoshima Plan
Cette œuvre d’art est une rénovation partielle d’une ancienne maison traditionnelle, vieille d’environ 200 ans. Elle met en valeur le vent et l’eau, des éléments dynamiques autrefois omniprésents dans le quartier historique de Honmura. Les visiteurs peuvent s’asseoir sur une terrasse en bois donnant sur un bassin d’eau et y tremper leurs pieds. Grâce à cette œuvre, ils sont invités à redécouvrir la beauté et l’importance de ces éléments en mouvement.
Le nouveau musée d’art de Naoshima
Nouveau musée d’art de Naoshima
Un musée d’art a ouvert ses portes au printemps 2025 sur une colline près du quartier de Honmura à Naoshima. C’est le dixième bâtiment conçu par l’architecte Tadao Ando sur l’île. Ce musée est le premier à avoir été construit dans le quartier de Honmura. Il se distingue par des éléments de design qui évoquent l’histoire et la vie des habitants de Naoshima, tels que son mur extérieur en crépi noir de style yakisugi (planche de cèdre brûlé) et son mur de petits galets empilés inspirée des habitations locales. Les galeries du musée s’étendent sur un étage en surface et deux niveaux en sous-sol.
L’exposition inaugurale met en lumière 12 artistes ou groupes d’artistes de renom ou émergents originaires de différents pays d’Asie (Japon, Chine, Corée du Sud, Indonésie, Thaïlande, Philippines, etc.), à travers des œuvres récentes ou emblématiques, conçues ou adaptées spécifiquement pour ce lieu. L’œuvre qui m’a particulièrement impressionné est l’installation géante «Head On» de Cai Guo-Qiang. Elle représente 99 loups en pleine course se jetant sur un mur transparent situé au fond. La hauteur de ce mur est la même que celle du Mur de Berlin. Cette œuvre nous rappelle les conflits et les luttes de l’humanité à travers l’histoire, tout en exprimant que ce type de murs, même invisibles, existe toujours dans le monde et que les gens luttent encore pour les surmonter.
Situé à l’est du sanctuaire shinto Kitano Tenman-gu, Kamishichiken est le plus ancien quartier de geishas de Kyoto. Il doit son nom aux sept maisons de thé qui ont été construites au XVe siècle en utilisant les matériaux restants de la reconstruction du sanctuaire. Plus petit que Gion, le quartier de geishas le plus célèbre de Kyoto, Kamishichiken vous permet de profiter d’une atmosphère plus paisible.
Sanctuaire du quartierThéâtre de danse du quartier
Certains lieux du quartier ont été utilisés pour le tournage de Kokuho, un film qui rencontre actuellement un grand succès au Japon. C’est un film sur l’histoire de deux jeunes hommes qui ont consacré leur jeunesse à perfectionner l’art du kabuki.
En été, le bâtiment du quartier, qui abrite le théâtre de danse, s’illumine de lampions et se transforme en un lieu de fraîcheur : Le Beer Garden. Chaque soir, quatre geiko et maiko en yukata y accueillent les visiteurs. Si ce quartier est habituellement réservé à une clientèle de fidèles, cet événement estival est ouvert à tous. Le Beer Garden permet ainsi de découvrir l’ambiance unique des quartiers de geishas.
Ambiance joyeusePrès du parapet du pontEntréeIlluminé de lampions
L’année dernière, je disais déjà à mes clients : «L’été au Japon est tellement chaud et humide que de nombreux touristes étrangers ont du mal à s’y habituer. Surtout à Kyoto, la chaleur estivale est insupportable pour les Occidentaux.» Mais la chaleur est encore plus intense cette année que l’année dernière.
Certains clients m’ont dit : «Nous sommes habitués à la chaleur, il y a eu des vagues de chaleur en Europe aussi.» Mais je pense que l’humidité moite que l’on ressent au Japon leur est très désagréable. Cette année, j’ai remarqué que beaucoup de mes clients utilisaient des ombrelles, des ventilateurs portables et des serviettes rafraîchissantes pour se protéger de la chaleur extrême, à la manière des Japonais. Concernant les ombrelles (la plupart sont aussi efficaces contre la pluie), ces dernières années, même les enfants et les hommes les utilisent aussi au Japon. Il faut particulièrement se méfier des malaises liés aux coups de chaleur (necchusho en japonais). L’été au Japon, et en particulier à Kyoto, ville située dans une cuvette entourée de montagnes, la chaleur et l’humidité sont souvent écrasantes, même à l’ombre. Il est donc crucial de vous hydrater constamment, même si vous ne ressentez pas la soif.
Au bord de l’eauAu temple Tenju-anAu temple Byodo-inLotus, symbole du mérite de Bouddha
La canicule de cet été à Kyoto est vraiment difficile à supporter, mais la vue du bord de l’eau donne une sensation de fraîcheur. La beauté pure des lotus qui fleurissent le matin fait oublier la chaleur un instant. Cependant, la température de l’eau est plus élevée cette année et j’ai l’impression que les carpes koi, d’habitude si gourmandes, manquent d’énergie…
Sur l’avenue Shijo-doriChar NaginatabokoDéfilé de chars du 24 juilletChar de clôture du défilé
Le festival de Gion, l’un des symboles de l’été à Kyoto, est une scène caractéristique que j’apprécie particulièrement. Lié au sanctuaire shinto Yasaka-jinja, ce festival aurait débuté il y a plus de 1 000 ans comme un rituel pour chasser les épidémies. J’aime la vue nocturne de ses chars illuminés de lampions et l’ambiance animée de la procession. De plus en plus, les étés sont étouffants et voir le défilé des chars dans la foule est épuisant. Malgré cela, ce festival riche d’une si longue histoire continue d’attirer les gens avec son charme.
Murs de protection contre le ventPort de Megijima Sea Gulls Parking Lot20th Century Recall
L’île de Megijima, qui compte environ 100 habitants, se trouve à seulement 20 minutes du port de Takamatsu. Il est facile de combiner sa visite avec celle de l’île d’Ogijima, située à 40 minutes de Takamatsu (en passant par Megijima). Contrairement à Ogijima avec de nombreuses pentes, les chemins de Megijima sont plats et agréables à parcourir. La plupart des œuvres d’art y sont installées dans le quartier principal autour du port et dans l’ancienne école primaire.
Il y a un siècle, une immense grotte, associée à la légende des oni (ogres du folklore japonais), a été découverte à Megijima. Des œuvres d’art y sont également exposées (malheureusement, je n’ai pas eu le temps de les visiter cette fois-ci). Cependant, les autres œuvres, parfaitement intégrées aux paysages de l’île, étaient absolument magnifiques.
Terrace Winds : Sur un ancien site de champs en terrasses, environ 400 blocs de céramique sont installés en courbes. Cette œuvre d’art est magnifiquement intégrée aux paysages de Megijima et à la mer au-delà.
Navigation System : Une boîte à musique est synchronisée avec une carte marine artisanale faite de coquillage et de brindilles, représentant un planétarium miniature. À l’intérieur de la pièce, un vent agréable souffle et le temps s’écoule lentement.
Colour Reading and Contexture : Une petite ville de couleurs et de formes est créée à partir d’objets carrés inutilisés de Megijima, tels que des livres, des carreaux et des boîtes en bois. Le processus collaboratif de collecte des matériaux auprès des habitants fait également partie de l’œuvre, qui est installée dans la piscine de l’ancienne école primaire.
The stones remember, and I listen : Aussi exposée dans l’ancienne école primaire, cette œuvre s’inspire des murs en pierre que l’on trouve à la fois sur l’île de Megijima et sur l’île néo-zélandaise où vivaient les ancêtres de l’artiste. Elle est réalisée avec des pierres de Megijima et de la terre de l’île natale de l’artiste, et elle contient les histoires de l’artiste elle-même, ainsi que celles des habitants de Megijima.
Meditating Swing, Rolling SceneryPing-Pong SeaGlass fishermanOld School Bookstore
Dans le cadre du projet Petites Boutiques sur l’île, neuf œuvres d’art créent chacune leur propre univers au sein d’un bâtiment qui était autrefois une chambre d’hôtes traditionnelle. Ce lieu n’est pas seulement un espace d’exposition pour les artistes ; il propose également des produits et des services concrets, offrant ainsi aux visiteurs une expérience amusante et interactive. Dans la salle Yoga Class sur la première photo ci-dessus, il y a une balançoire qui, lorsqu’on la pousse, fait retentir un instrument au-dessus de la tête et permet de faire rouler une sphère en verre devant soi. Le reflet du paysage est si beau que l’on a envie de se balancer indéfiniment. Ping-Pong Sea sur la deuxième photo est une œuvre composée de plusieurs tables de ping-pong originales et ludiques, où de nombreux visiteurs s’amusaient joyeusement.
Savez-vous ce qu’est une machiya ? C’est une maison traditionnelle japonaise en bois, qui servait à la fois de résidence et de lieu de commerce. Elle se caractérise par sa façade étroite et son intérieur profond, ce qui lui a valu le surnom de «lit d’anguille». À Kyoto, on l’appelle communément «Kyo machiya».
Les machiya de Kyoto en voie de disparition
Aujourd’hui, on voit souvent les machiya rénovées en restaurants, cafés, boutiques ou hébergements pour les touristes. Cependant, il est aussi vrai que de nombreuses machiya disparaissent ou sont menacées de destruction. À Kyoto, il est difficile de donner un chiffre exact, car le terme inclut non seulement les machiya traditionnelles mais aussi toutes les maisons en bois construites avant 1950. Néanmoins, en raison de leur vétusté et des difficultés d’entretien, plus de 700 machiya sont démolies chaque année en moyenne. Entre 2008 et 2009, il y avait environ 47 000 machiya, mais ce nombre est tombé à environ 34 000 en 2024, soit une diminution de près de 30 %. Parmi elles, l’une des machiya les plus anciennes et les plus historiques de la ville a été perdue en 2018. Bien qu’il reste des machiya habitées à Kyoto, elles sont souvent disséminées entre des immeubles modernes, et à l’exception de quelques quartiers comme Gion, l’ancien paysage urbain n’est plus vraiment préservé. Beaucoup de touristes occidentaux viennent à Kyoto en s’attendant à une ville imprégnée d’un charme traditionnel et historique, mais après quelques jours, certains d’entre eux réalisent que, si la ville est propre, son architecture historique n’est pas très bien conservée. Je suis tout à fait d’accord avec ce constat. On dit que les Japonais valorisent l’harmonie, mais en ce qui concerne la préservation du paysage urbain, on observe malheureusement un manque de cohérence et d’unité.
Dans le cas des petits bâtiments en milieu urbain, la décision de les préserver, quelle que soit leur valeur historique, appartient souvent au propriétaire et non à l’État ou aux autorités locales. Malheureusement, non seulement à Kyoto, mais partout au Japon, un environnement où la conservation des bâtiments historiques est difficile s’est mis en place, malgré le fait que les bâtiments détruits et perdus ne reviennent jamais…
La Machiya Imazushi, Nara
La situation est similaire à Nara, qui était la capitale du Japon avant Kyoto. Dans le quartier de Naramachi, réputé pour ses paysages historiques, environ 60 % des machiya ont disparu entre 1985 et 2020, remplacées par de nouvelles constructions, des parkings ou des terrains vacants. Comme à Kyoto, la plupart des machiya restantes ont été rénovées en restaurants, boutiques ou hébergements, et très peu sont encore habitées.
Machiya Imazushi
La machiya de Nara que je vous présente dans cet article de blog, la Machiya Imazushi est la maison de mes beaux-parents. Mon beau-père est issu d’une vieille famille qui fabriquait et vendait le nara-sarashi, un tissu de chanvre de haute qualité principalement utilisé pour les vêtements de cérémonie des samouraïs. À l’origine, cette maison se situait sur la place devant la gare de Kintetsu-Nara, là où se trouve aujourd’hui la statue du moine Gyōki. Elle a été déplacée à son emplacement actuel, dans le quartier d’Imazushi, en 1914, suite à l’ouverture de la ligne de train Kintetsu. Dans ce quartier aussi, la plupart des machiya qui existaient autrefois ont disparu. Il est triste de constater que seule cette maison semble avoir traversé le temps, conservant l’atmosphère d’antan et témoignant de l’histoire du quartier.
Pièce de réception
Découvrez l’essence de l’authentique culture japonaise au cœur de la Machiya Imazushi
De nos jours, beaucoup de programmes d’expériences culturelles japonaises sont offerts aux touristes étrangers. Parmi ceux-ci, la cérémonie du thé est sans doute l’expérience la plus fréquemment proposée, car elle représente un art complet qui réunit diverses traditions culturelles japonaises. La cérémonie du thé est aussi étroitement liée à la culture zen. Cependant, avec l’engouement actuel pour le matcha, je regrette de constater que les expériences se limitent souvent à la simple action de boire ou de préparer le matcha soi-même avec des explications superficielles et que l’essence même de la cérémonie du thé soit négligée. Les expériences de cérémonie du thé durent généralement environ 45 minutes, et sont souvent partagées avec d’autres participants. Cela peut convenir à ceux qui cherchent une brève immersion dans la culture japonaise entre deux visites touristiques, mais je trouve que ces expériences rapides sont insuffisantes pour ceux qui souhaitent toucher à la partie essentielle de la cérémonie du thé. Il en va de même pour d’autres expériences culturelles.
Cérémonie du thé Expérience sensorielle et spirituelle
À Machiya Imazushi, nous voulons aller au-delà de la simple expérience. Nous aimerions vous plonger au cœur de la culture japonaise, en explorant son riche contexte historique et sa profonde spiritualité, et en vous permettant d’interagir avec les personnes passionnées qui la font vivre. Nara est souvent considérée comme une des destinations de l’excursion d’une journée depuis Kyoto. Beaucoup de touristes se contentent de visiter le Grand Bouddha et de rencontrer les daims du parc. Mais cette ancienne capitale du pays regorge de cultures traditionnelles méconnues qui sont enracinées dans son histoire. Nous vous invitons à prolonger votre séjour pour explorer autrement cette ville et découvrir ses charmes cachés.
Pour en savoir plus sur ce projet, rendez-vous sur le site web de mon partenaire : Machiya Imazushi
La Triennale de Setouchi est un festival d’art contemporain qui se déroule tous les trois ans sur les îles de la mer intérieure de Seto. Lancé en 2010, il dure environ 100 jours et est divisé en sessions de printemps, d’été et d’automne. Cela permet aux visiteurs d’apprécier l’harmonie entre la nature et l’art dans la région de Setouchi à différentes saisons.
Chaque région, et les îles en particulier, possède ses propres ressources locales uniques (histoire, culture, mode de vie, nature, etc.), permettant de découvrir des œuvres spécifiques à chaque site et d’en faire l’expérience avec les cinq sens. La mer intérieure de Seto compte plus de 700 îles. Autrefois, c’était une voie maritime majeure pour l’ouest du Japon, reconnue pour son écosystème riche et ses paysages pittoresques. Cependant, avant de devenir un haut lieu de l’art contemporain, la région de Setouchi était plutôt confrontée à une grave pollution environnementale due au développement industriel. L’objectif de ce festival d’art est de redonner de la vitalité à la région de Setouchi, qui souffrait de problèmes tels que la baisse et le vieillissement de la population et une image négative. En combinant le paysage naturel existant avec l’art, le festival vise à y créer un nouvel attrait. Le déclin démographique et le vieillissement de la population sont des problèmes qui touchent l’ensemble de la société japonaise aujourd’hui, et dans les zones rurales, de nombreux villages disparaissent, et des cultures spécifiques sont en train d’être abandonnées. Ce festival d’art, qui n’est pas un événement éphémère, a eu un impact majeur sur la société japonaise et s’étend au-delà de la région de Setouchi.
Le port de Takamatsu
Port de Takamatsu Bâteau Meon
Le déplacement en bateau est l’un des charmes uniques de la Triennale de Setouchi. Le port de Takamatsu fonctionne comme la plaque tournante centrale de la Triennale.
Découvrez ma visite de la Triennale de Setouchi en plusieurs articles de blog. Aujourd’hui, cap sur l’île d’Ogijima.
L’île d’Ogijima
Île d’Ogijima
Ogijima, l’une des îles qui accueillent ce festival d’art, compte environ 160 habitants. Elle est située à 40 minutes du port de Takamatsu, via l’île de Megijima. Dès l’arrivée au port, le paysage unique de l’île se dévoile : peu de terrains plats, et des maisons qui s’étagent le long des pentes. Les œuvres d’art, souvent nichées au détour de ruelles complexes ou en haut d’une pente raide, transforment la visite en une véritable chasse au trésor. La vue sur la mer intérieure de Seto, que l’on admire par-dessus les tuiles des toits, est également magnifique. Même quand le festival d’art n’a pas lieu, on a envie de visiter ce lieu paisible.
Ogijima’s Soul
Le centre d’échange qui accueille les visiteurs de l’île. Son toit blanc en forme de coquillage est orné des caractères de huit langues différentes.
Takotsuboru
L’aire de jeux inspirée des pots de poulpe traditionnellement utilisés pour la pêche locale sur l’île.
Dreamland
Les visiteurs peuvent circuler librement à l’intérieur de l’œuvre et ressentir la sensation de légèreté générée par les effets visuels sensibles et vibrants de l’installation.
Akinorium
Une installation sonore mécanique, conçue dans l’écrin d’une maison ancienne. Une partie du bambou utilisé dans cette œuvre a été récoltée par les habitants sur la montagne de l’île d’Ogijima. Un espace apaisant, bercé par la douce musique de la nature.