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Hortensias du temple Yoshimine-dera

Le temple Yoshimine-dera, la pépite aux hortensias de Kyoto

Comme fleurs qui embellissent la saison des pluies au Japon, on peut citer l’iris ensata, la rose trémière, l’hortensia, le nénuphar ou encore le hangesho. La fleur que les Japonais aiment le plus admirer pendant cette période est sans doute l’hortensia. Dans les rues, les jardins ou les parcs… ils sont omniprésents. Il existe aussi un peu partout au Japon des « temples aux hortensias ». Certes, on voit souvent cette fleur star de la saison des pluies dans les temples japonais, mais pourquoi ? En réalité, l’hortensia est une plante étroitement liée au bouddhisme au Japon depuis bien longtemps.

Au Japon, la saison des pluies marque une période de transition saisonnière. Autrefois, à l’époque où la médecine était encore rudimentaire, ce changement de climat causait de nombreux décès. Comme l’hortensia est facile à cultiver et à entretenir, il était alors offert en hommage aux défunts.
Aujourd’hui, pour continuer à attirer les touristes après la saison des fleurs de printemps, les temples japonais rivalisent d’ingéniosité pour séduire sur Instagram. On y aligne de nombreux hortensias en pot, on fait flotter des fleurs dans le bassin de purification, ou on y installe même des parapluies colorés… Certes, cela ne manque pas de charme, mais pour ceux qui préfèrent simplement contempler la beauté naturelle des hortensias, ce décor peut sembler un peu trop chargé, voire distrayant. À cet égard, je pense que le temple Yoshimine-dera est un lieu précieux, où l’on peut admirer la beauté naturelle des hortensias tout en profitant de l’atmosphère paisible d’un temple.

Temple Yoshimine-dera
Temple Yoshimine-dera

Fondé au XIe siècle, le temple Yoshimine-dera est l’un des 33 temples du pèlerinage de Kannon dans la région du Kansai. Niché à la périphérie de Kyoto, à flanc de montagne, son accès se mérite. Son domaine étant particulièrement vaste, la visite s’apparente à une petite randonnée. Cependant, votre fatigue sera vite oubliée face à la vue panoramique sur Kyoto et aux éclats colorés de chaque saison.En ce moment, le site est embelli par de magnifiques dégradés de couleurs d’hortensias.

Un autre joyau du temple se dresse devant la pagode : le Yuryu-no-matsu, un pin à cinq aiguilles âgé de plus de 600 ans. Ses branches s’étirent horizontalement sur 37 mètres, évoquant la silhouette d’un dragon qui joue dans la nature. Un spectacle saisissant à ne pas manquer.

  • Le temple Yoshimine-dera est situé à environ 20 minutes en taxi de la gare JR de Mukomachi.
  • Le tarif d’entrée est de 500 yens.
Jardin de la villa Tairyu-sanso

Un moment de délice au jardin de la villa Tairyu-sanso

Jardin grandiose
Jardin grandiose

Autour du temple Nanzen-ji à Kyoto, de hauts dignitaires du gouvernement et des hommes d’affaires ont bâti leurs villas en profitant des terrains de l’enceinte sacrée, confisqués par l’État après la restauration de Meiji de 1868. Jusqu’à récemment, à l’exception de la villa Murin-an et de quelques autres reconverties en restaurants traditionnels, la grande majorité de ces propriétés chargées d’histoire restaient fermées au public. Ce quartier de villas demeurait un lieu secret dont on ne pouvait contempler que les façades depuis l’extérieur.

Cependant, depuis quelques années, la villa Tairyu-sanso, réputée pour son jardin grandiose, a commencé à ouvrir ses portes.
La villa Tairyu-sanso a été construite entre 1896 et 1899 sur l’ancien site d’un temple secondaire du Nanzen-ji, pour servir de résidence secondaire à un homme d’affaires. Par la suite, elle est devenue la propriété d’un marchand de kimonos. Entre 1901 et 1905, d’importants travaux de rénovation ont été entrepris sur le bâtiment et le jardin, donnant ainsi naissance aux paysages actuels.

C’est le célèbre paysagiste Jihei Ogawa VII (1860-1933) qui s’est chargé de la rénovation de ce dernier. Tout comme pour les autres jardins du quartier, il a intégré les montagnes de Higashiyama comme « décor emprunté » (shakkei). De plus, l’eau acheminée depuis le canal du lac Biwa est utilisée non seulement pour alimenter l’étang, mais aussi pour créer des ruisseaux et des cascades.

Si l’on peut profiter pleinement de la vue sur le jardin depuis le bâtiment de style sukiya (une architecture libre et épurée dédiée à la cérémonie du thé), c’est en s’y promenant que l’on est véritablement impressionné par son immensité et la diversité de ses paysages. Un coin de nature avec une roue à aube recréant un paysage rural et bucolique, une vaste pelouse idéale pour organiser des réceptions ou des cérémonies du thé en plein air, un espace bercé par le murmure des ruisseaux… Le domaine offre une multitude d’ambiances.

J’ai visité le domaine à la fin du mois de mai. Les azalées touchaient à leur fin, mais les iris hana-shoubu devraient être magnifiques en juin… Bien entendu, les pins soigneusement taillés, indissociables des jardins japonais, sont également superbes. Comme le visage du jardin change au fil des saisons — avec les cerisiers et les glycines au printemps, ou les érables en automne —, ce sera un plaisir d’y revenir pour une nouvelle promenade sensorielle.

  • Le prix de l’entrée pour la villa Tairyu-sanso est de 3 000 yens.
  • La villa est située à environ 7 minutes à pied de la station Keage, juste dans l’allée en face du café Blue Bottle Coffee.
  • Un dépôt pour les bagages est disponible à l’entrée avant la visite (veuillez toutefois conserver vos objets de valeur avec vous).
  • Les sentiers du jardin étant étroits, la visite s’effectue obligatoirement en sens unique. Merci de bien vouloir suivre le parcours indiqué.
Cerisiers le long de la rivière Tamagawa

Les cerisiers dans un paysage champêtre, un moment de détente

Il existe de nombreux lieux célèbres pour admirer les cerisiers en fleurs au Japon. Cependant, ces endroits sont souvent bondés de touristes, ce qui peut s’avérer un peu fatigant. Heureusement, on peut apprécier les cerisiers un peu partout : dans les parcs locaux, au détour d’une promenade ou le long des rivières… Voici les cerisiers du bourg d’Ide, situé près de la ville de Kizugawa où j’habite. C’est un instant de détente absolue, loin de l’agitation quotidienne.

Au-delà de cette rangée de cerisiers se trouve le temple Jizo Zen-in. On peut y admirer un cerisier pleureur tricentenaire. Trônant sur les hauteurs, il offre une vue magnifique sur les villages paisibles du sud de la préfecture de Kyoto. On dit de lui qu’il est l’« oncle » du célèbre cerisier pleureur de Gion, l’arbre emblématique du parc Maruyama à Kyoto. Bien qu’il décline en raison de son grand âge, il se tient toujours debout et nous transmet toute son énergie.

Sonezaki Shinju Monogatari

Le spectacle de Kabuki au théâtre Minami-za de Kyoto

Théâtre Minami-za
Théâtre Minami-za

Le kabuki est l’un des arts du spectacle les plus emblématiques du Japon et a vu le jour à l’époque d’Edo avec une femme nommée Izumo no Okuni. Elle a créé un spectacle moderne pour l’époque. Elle s’habillait en homme et dansait sur des musiques populaires, ce qui a séduit les gens ordinaires de l’époque. En raison de son style original et excentrique, on a appelé sa danse kabuki, ce qui signifie être original. Par la suite, des troupes de femmes ont commencé à pratiquer des danses collectives. Mais le gouvernement de l’époque (le shogunat Tokugawa) a interdit les femmes sur scène, les accusant de corrompre les mœurs. C’est ainsi que les hommes ont commencé à jouer tous les rôles. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, le kabuki est joué uniquement par des hommes.

Sonezaki Shinju Monogatari
Sonezaki Shinju Monogatari

L’année dernière, grâce au succès du film Kokuho (Le maître du Kabuki), cet art a également séduit les jeunes générations. La pièce intitulée L’Histoire des suicides d’amour à Sonezaki (Sonezaki Shinju Monogatari) constitue d’ailleurs le point culminant de ce film. Les représentations de cette œuvre en mars au Minami-za connaissent actuellement un immense succès. L’originalité de cette mise en scène est assez impressionnante : Nakamura Kazutaro et Onoe Ukon interprètent les deux protagonistes, Ohatsu et Tokube’e, en échangeant leurs rôles d’homme et de femme au cours d’une même journée.

ARTISTS’ FAIR KYOTO Resonance exhibition au temple Tofuku-ji

ARTISTS’ FAIR KYOTO (AFK) est un salon d’art unique en son genre, centré sur les artistes eux-mêmes. Contrairement aux foires classiques où les galeries sélectionnent les exposants, l’AFK repose sur un concept original : ce sont des artistes contemporains de renom qui choisissent les jeunes talents à suivre de près.

Pour cette 9ème édition en 2026, l’exposition dédiée aux jeunes artistes au Musée National de Kyoto est déjà terminée ; en revanche, les œuvres d’artistes confirmés sont exposées au temple Tofuku-ji jusqu’au 1er mars.

Le Tofuku-ji est un temple zen célèbre pour ses couleurs d’automne, mais en ce début de printemps, une atmosphère de sérénité absolue règne sur son vaste domaine. Le temple abrite également les jardins secs créés par Mirei Shigemori (paysagiste du XXe siècle) en 1939. On y ressent une fusion parfaite entre la simplicité du zen et l’abstraction de l’art moderne.

Si l’idée d’exposer de l’art contemporain dans un temple ancien peut surprendre, la présence de ces jardins si modernes permet de s’immerger naturellement dans l’univers des artistes.

Okuno-in

Une excursion d’une journée au mont Koya : la cité religieuse céleste au départ de Kyoto

Mont Koya
Mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, est un site incontournable pour les voyageurs en quête d’une expérience spirituelle au Japon. Ce site attire particulièrement les voyageurs occidentaux, notamment les Français, qui y sont les plus nombreux. L’atmosphère mystique de cette cité religieuse vivante les fascine.

Situé dans la préfecture de Wakayama, à environ 100 kilomètres au sud d’Osaka, son accès reste complexe. Le trajet habituel nécessite plusieurs changements de train (notamment depuis Kyoto), suivis d’un funiculaire puis d’un bus. C’est pourquoi il est souvent recommandé d’y passer la nuit dans l’un des nombreux temples shukubo qui offrent l’hébergement aux visiteurs. L’expérience de la participation à la prière matinale et la dégustation de la cuisine végétarienne des moines font du mont Koya un lieu unique.

Cependant, si vous préférez opter pour une excursion d’une journée au mont Koya depuis Kyoto, pourquoi ne pas emprunter le bus direct reliant ces deux sites ? Vous pourrez ainsi rejoindre cette prestigieuse cité religieuse en seulement 3 heures de route, sans vous soucier des correspondances compliquées.

Pour l’année 2026, ce bus circulera tous les jours, du vendredi 10 avril au dimanche 29 novembre inclus. Les horaires restent inchangés par rapport à l’année dernière (voir détails ci-dessous).
Les informations de circulation du bus direct

En revanche, les tarifs ont été modifiés comme suit :

Aller simple3 000 yens (d’avril à septembre)
3 200 yens (octobre et novembre)
Aller-retour5 200 yens (d’avril à septembre)
5 600 yens (octobre et novembre)

Un petit aperçu du mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, a été fondé par le moine Kukai (Kobo Daishi) il y a plus de 1 200 ans. En réalité, il n’existe pas de montagne nommée Koya. Il s’agit d’un plateau entouré par huit montagnes, qui s’étend d’est en ouest sur six kilomètres. Les moines représentant un tiers de sa population, le mont Koya est une véritable cité religieuse. Ses incontournables, notamment le Danjo Garan (lieu dédié aux pratiques spirituels), le Kongobu-ji (temple principal du mont Koya) et l’Okuno-in (une nécropole nichée dans une forêt de cèdres géants) sont concentrés sur ce plateau et sont facilement accessibles à pied.

Incontournables du mont Koya

La porte Daimon

La plupart des touristes ne s’arrêtent pas ici, pourtant cette imposante porte à deux étages, qui abrite une paire de statues de gardiens, marque l’entrée du mont Koya. Son architecture magnifique d’un rouge vermillon vous impressionnera. Le Danjo Garan se trouve à seulement 10 minutes à pied de là. C’est donc le point de départ idéal pour une exploration du mont Koya.

Le Danjo Garan 

Le Danjo Garan, lieu dédié aux pratiques spirituelles du bouddhisme ésotérique Shingon, s’étend dans la partie ouest du mont Koya. Ce complexe réunit de nombreux édifices religieux, dont sa célèbre grande pagode vermillon qui contraste magnifiquement avec le ciel bleu. Ne manquez pas non plus la pagode ouest, qui se dresse paisiblement au cœur d’une forêt de cèdres.

Le temple Kongobu-ji

Situé à seulement cinq minutes à l’est du Danjo Garan, le Kongobu-ji est le temple principal du mont Koya. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, où une paire de dragons semble surgir d’une mer de nuages. Bien que ce type de jardin évoque traditionnellement l’esthétique des temples zen, il est fascinant de trouver le plus vaste d’entre eux ici même, au mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.

Le chemin vers l’entrée de l’Okuno-in

L’entrée de l’Okuno-in se trouve à environ 15 minutes de marche du temple Kongobu-ji. Ces dernières années, de nombreux cafés charmants ont ouvert leurs portes, mais on y trouve toujours de petites boutiques à l’atmosphère d’antan. Profitez de cette balade agréable : vous croiserez même un sanctuaire Inari, dont l’allée est bordée de portiques torii vermillon.

L’Okuno-in 

Le cœur de la visite du mont Koya réside dans la découverte de l’Okuno-in, qui occupe une vaste partie de l’est du plateau. Cette nécropole s’étend sur deux kilomètres, du pont Ichi-no-hashi jusqu’au mausolée de Kukai. Plus de 200 000 pierres tombales et pagodes de toutes époques s’y alignent au milieu de cèdres millénaires. Entre le bruissement du vent dans les cimes, la lumière filtrant à travers les branches et les stèles couvertes de mousse… l’ambiance sereine et mystique qui y règne vous saisira à coup sûr.

Sukiyaki

Taishu Sukiyaki Hokuto Shijo-Karasuma, Kyoto 大衆すき焼き 北斗 四条烏丸店

Connaissez-vous le sukiyaki ? C’est une fondue réconfortante, idéale à déguster chez soi pendant les froides journées d’hiver. Dans ce restaurant, vous pouvez l’essayer très simplement. Chaque client dispose de sa propre marmite individuelle. C’est idéal pour ceux qui préfèrent ne pas partager le même plat, contrairement au style traditionnel japonais où la fondue se partage.

On vous apporte une marmite en fer garnie de tranches de bœuf et d’autres ingrédients tels que du tofu, des oignons, des poireaux, des champignons et des vermicelles de konjac. Vous cuisinez directement à table sur un réchaud à gaz. Vous assaisonnez vous-même votre sukiyaki avec la sauce warishita (un mélange de sauce soja, mirin, saké et sucre) pour obtenir la saveur qui vous plaît. Une fois la cuisson terminée, dégustez les ingrédients en les trempant dans un œuf battu.


  • Rue Higashinotoin-dori (nord de l’avenue Shijo-dori), en face du grand magasin Daimaru. Le restaurant se trouve au premier étage (accès par ascenseur).
  • Jours et heures d’ouverture
    Ouvert tous les jours : 11h30-15h00 (déjeuner) 17h00-23h00 (dîner)
  • Prix
    1 300 yens~
Au temple Daisen-in

L’art des jardins dans les temples de Kyoto : pourquoi une telle splendeur ?

Le jardin japonais, qui se distingue nettement du jardin occidental, suscite un vif intérêt chez les touristes étrangers. On le considère souvent comme un havre de paix favorisant la sérénité. Si les temples de Kyoto, tels que le temple d’or (Kinkaku-ji) ou le temple Tenryu-ji, sont si populaires, c’est moins pour leur aspect religieux que pour la beauté de leurs jardins. En effet, si les temples de Kyoto abritent tant de chefs-d’œuvre paysagers, c’est avant tout en raison des liens profonds et historiques que les Japonais entretiennent avec le bouddhisme.

À Nara, qui fut la capitale du Japon au VIIIe siècle avant Kyoto, le bouddhisme a connu un grand essor. À cette époque, les temples étaient avant tout des centres d’étude destinés à prier pour la protection de l’État, ce qui explique l’absence de jardins, — ces espaces propices à la détente — dans ces établissements. Cependant, avec le déplacement de la capitale à Kyoto, la foi est devenue plus personnelle. Le bouddhisme est devenu une pratique prisée par les aristocrates pour leurs prières privées. Ils ont intégré des espaces de prière dans leurs résidences privées, là où se trouvaient déjà des jardins. C’est cette fusion initiale entre l’espace sacré et ce cadre apaisant qui a donné naissance aux célèbres jardins des temples de Kyoto.

Les styles de jardins japonais

Le jardin japonais se divise principalement en trois styles : le jardin chisen, aménagé autour d’une pièce d’eau ; le jardin sec karesansui, où l’eau est absente ; et le jardin roji, conçu comme un chemin menant au pavillon de thé. Le style chisen, qu’il soit conçu pour être admiré depuis un bâtiment ou découvert au fil d’une promenade, est particulièrement apprécié car cette nature reproduite en miniature est fascinante à observer. De nombreux clients francophones y trouvent une véritable sérénité et disent qu’ils peuvent ressentir toute l’essence du zen. En revanche, le style karesansui que l’on observe dans les temples zen suscite des avis partagés. Si certains s’y plongent dans la méditation et l’introspection, d’autres le perçoivent comme un lieu austère en raison de son caractère exclusivement minéral.

Le jardin sec karesansui, un lieu de pratique spirituelle

Si le terme zen évoque la sérénité et la paix intérieure pour les touristes étrangers, il désigne avant tout l’une des écoles majeures du bouddhisme. Cette école enseigne à écouter son cœur et à discerner l’essentiel. Elle a particulièrement été appréciée par les guerriers samouraïs, car ils étaient prêts à affronter la mort à tout moment. La méditation qui est l’une des disciplines de cette école pour se maîtriser leur correspondait parfaitement. Entre le XIIe et le XVIe siècle, période marquée par d’importants conflits militaires, le bouddhisme zen a connu un essor à Kyoto. Les moines zen considéraient alors le jardin comme un espace de pratique spirituelle destiné à soutenir la méditation assise zazen.

Jardin de pierre
Jardin de pierre

Le jardin du temple zen Ryoan-ji est sans doute le modèle le plus emblématique du style karesansui à Kyoto. Il se compose de quinze pierres disposées sur un lit de gravier blanc ratissé. Il a été conçu pour la méditation, mais certains visiteurs trouvent que son esthétique, poussée à l’extrême du dépouillement, manque d’intérêt. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de s’y livrer à l’introspection en toute sérénité ces derniers temps en raison de l’afflux de touristes…

Si le jardin de style karesansui, souvent lié à la méditation, ne vous semble pas très intéressant, je vous recommande de l’observer sous l’angle du concept de mitate. C’est une approche japonaise qui consiste à voir une chose à travers une autre par le biais de l’imagination : par exemple, voir une pierre comme une montagne, un assemblage de roches comme une cascade, une île ou des bouddhas, ou encore les motifs ratissés sur le gravier comme des vagues ou un courant.

Le Japon est un pays exigu, souvent frappé par les catastrophes naturelles. Pourtant, plutôt que de chercher à maîtriser cet environnement parfois hostile, les Japonais ont su coexister avec lui grâce à leur créativité et leur ingéniosité. Si le jardin de style karesansui a initialement été conçu comme un lieu de méditation lié à l’essor du bouddhisme zen, il constitue également une solution paysagère rationnelle. Grâce au concept unique du mitate, il permet de représenter la nature dans des espaces restreints ou dépourvus d’eau, en utilisant des éléments minimalistes. De nos jours, le jardin karesansui est conçu non seulement dans les temples zen, mais aussi dans ceux d’autres écoles bouddhistes en raison de son esthétisme et de la pureté de sa composition. On peut également en voir dans un coin des hôtels, des magasins ou des restaurants japonais traditionnels.

Les jardins secs karesansui recommandés à Kyoto

Si vous souhaitez méditer au calme et laisser libre cours à votre imagination à travers le concept de mitate, je vous recommande vivement le Daitoku-ji. Ce complexe abrite plus d’une vingtaine de sous-temples au sein de son vaste domaine, dont quatre (le Ryogen-in, le Zuiho-in, le Daisen-in et l’Oubai-in) sont habituellement ouverts au public. Comme ils sont tous proches les uns des autres, vous pourrez les visiter facilement. Les jardins de chacun de ces temples, empreints de poésie, méritent le détour. Grâce à eux, l’image «complexe» que l’on se fait des jardins secs karesansui se transformera en une expérience fascinante.

Qu’est-ce que le goshuin ?

Où peut-on obtenir un goshuin ? C’est l’une des questions que l’on me pose souvent lorsque je guide mes clients dans les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes.

Le goshuin est un sceau sacré remis aux visiteurs des sanctuaires shinto et des temples bouddhistes au Japon. À l’origine, il s’agissait d’une preuve remise en échange d’un sutra copié à la main et offert au temple. Composé d’un tampon rouge et du nom du lieu et d’une divinité calligraphiés à l’encre de Chine sumi, il symbolise le lien spirituel tissé entre le visiteur et le site.

Goshuin du temple Unryu-in, Kyoto
Goshuin du temple Unryu-in, Kyoto

Pour le recevoir, il est nécessaire de posséder un goshuin-cho, un carnet spécifique en papier japonais washi. On peut s’en procurer dans les papeteries ou directement sur place. Bien que de nombreux touristes souhaitent en obtenir un en souvenir de leur passage, il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une simple collecte de tampons touristiques. Par conséquent, il est impossible de le demander sur un carnet de timbres ordinaire ou sur de simples feuilles de notes.

Goshuin
Goshuin

Certains lieux ne proposent pas de calligraphie réalisée en direct ; dans ce cas, ils délivrent des feuilles déjà préparées kakioki. En règle générale, on demande le goshuin après avoir prié. Cependant, dans les sites très fréquentés comme le Ginkaku-ji ou le Ryoan-ji à Kyoto, on peut confier son carnet à l’entrée pour le récupérer à la fin de la visite afin de gagner du temps.

Enfin, sachez que la photographie et la vidéo sont généralement interdites pendant la réalisation du goshuin. Si vous avez la chance d’assister à sa réalisation, je vous invite à observer attentivement le mouvement fluide et élégant du pinceau.

Temple Kiyomizu-dera

L’architecture unique des temples dédiés à Kannon

Tout comme le bodhisattva Jizo, Kannon — le bodhisattva de la compassion — est l’une des divinités les plus populaires et les plus vénérées du bouddhisme japonais. Cela s’explique par le fait que Kannon reste dans ce monde pour nous aider à nous libérer de la souffrance, même s’il a atteint l’éveil nécessaire pour devenir Bouddha. Les touristes étrangers qui visitent pour la première fois Kyoto ou Nara, les anciennes capitales du pays, se rendent souvent dans des temples bouddhistes qui, dans la plupart des cas, sont consacrés à Kannon, même s’ils ne s’en rendent pas compte.

Une caractéristique commune à de nombreux temples consacrés à Kannon réside dans leur style architectural unique : les bâtiments principaux sont souvent construits en surplomb sur des pentes raides. Cette architecture vise à représenter le paradis où réside Kannon qui, selon une légende bouddhiste, se trouve sur une montagne escarpée.

Le temple Kiyomizu-dera de Kyoto est l’exemple architectural le plus représentatif des temples consacrés à Kannon. Son bâtiment principal est doté d’une vaste terrasse soutenue sans aucun clou par d’imposants piliers en bois de zelkova et des traverses encastrées. Ce type de terrasse a été ajouté pour accueillir les nombreux pèlerins venus chercher le salut auprès de Kannon. Celle de Kiyomizu-dera, très ouverte, semble flotter dans les airs. Tout comme le Kinkaku-ji et le sanctuaire Fushimi Inari Taisha, Kiyomizu-dera est un site incontournable à Kyoto, ce qui explique pourquoi le site est souvent bondé. Toutefois, l’enceinte du temple est vaste : prenez le temps de contempler son architecture sous différents angles.

À Nara, vous visiterez certainement le temple Todai-ji. Moins connu que la salle du Grand Bouddha, le pavillon Nigatsu-do, situé sur les hauteurs, est un bâtiment consacré à Kannon. De sa terrasse, vous pourrez profiter d’une belle vue sur Nara. Lors de la cérémonie bouddhiste de repentance du Shuni-e, qui se déroule pendant deux semaines en mars, cette terrasse devient un théâtre rituel sacré où sont brandies de grandes torches.

Même s’il s’agit d’un temple consacré à Kannon, on ne peut pas toujours voir la statue originale. Au Kiyomizu-dera, par exemple, ce que l’on voit habituellement n’est qu’une copie. Quant au Nigatsu-do du Todai-ji, ses statues de Kannon sont si sacrées et secrètes que personne n’est autorisé à les voir.

Temple Hase-dera
Temple Hase-dera

Le temple Hase-dera, situé dans les environs de Nara, est donc un site idéal pour admirer une statue originale de Kannon et s’imprégner d’une atmosphère empreinte de sa miséricorde. En empruntant un long escalier couvert, on atteint le bâtiment principal perché en hauteur. J’aime beaucoup cette approche. Au printemps et en automne, on peut prier en touchant directement les pieds de Kannon pour implorer sa bienveillance.

Enfin, je vous présente l’Ishiyama-dera, le temple de la montagne rocheuse, situé à Otsu dans la préfecture de Shiga. De nombreux bâtiments religieux s’y dressent sur des affleurements de wollastonite. Comme son nom l’indique, ses paysages rocheux sont spectaculaires. Le bodhisattva Kannon, que l’on dit résider sur des montagnes escarpées, est également étroitement associé aux rochers sacrés. En ce sens, ce temple incarne, lui aussi, la demeure véritable de Kannon.