Il existe de nombreux lieux célèbres pour admirer les cerisiers en fleurs au Japon. Cependant, ces endroits sont souvent bondés de touristes, ce qui peut s’avérer un peu fatigant. Heureusement, on peut apprécier les cerisiers un peu partout : dans les parcs locaux, au détour d’une promenade ou le long des rivières… Voici les cerisiers du bourg d’Ide, situé près de la ville de Kizugawa où j’habite. C’est un instant de détente absolue, loin de l’agitation quotidienne.
Cerisier pleureur tricentenaire
Au-delà de cette rangée de cerisiers se trouve le temple Jizo Zen-in. On peut y admirer un cerisier pleureur tricentenaire. Trônant sur les hauteurs, il offre une vue magnifique sur les villages paisibles du sud de la préfecture de Kyoto. On dit de lui qu’il est l’« oncle » du célèbre cerisier pleureur de Gion, l’arbre emblématique du parc Maruyama à Kyoto. Bien qu’il décline en raison de son grand âge, il se tient toujours debout et nous transmet toute son énergie.
ARTISTS’ FAIR KYOTO (AFK) est un salon d’art unique en son genre, centré sur les artistes eux-mêmes. Contrairement aux foires classiques où les galeries sélectionnent les exposants, l’AFK repose sur un concept original : ce sont des artistes contemporains de renom qui choisissent les jeunes talents à suivre de près.
Pour cette 9ème édition en 2026, l’exposition dédiée aux jeunes artistes au Musée National de Kyoto est déjà terminée ; en revanche, les œuvres d’artistes confirmés sont exposées au temple Tofuku-ji jusqu’au 1er mars.
Le Tofuku-ji est un temple zen célèbre pour ses couleurs d’automne, mais en ce début de printemps, une atmosphère de sérénité absolue règne sur son vaste domaine. Le temple abrite également les jardins secs créés par Mirei Shigemori (paysagiste du XXe siècle) en 1939. On y ressent une fusion parfaite entre la simplicité du zen et l’abstraction de l’art moderne.
Si l’idée d’exposer de l’art contemporain dans un temple ancien peut surprendre, la présence de ces jardins si modernes permet de s’immerger naturellement dans l’univers des artistes.
Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, est un site incontournable pour les voyageurs en quête d’une expérience spirituelle au Japon. Ce site attire particulièrement les voyageurs occidentaux, notamment les Français, qui y sont les plus nombreux. L’atmosphère mystique de cette cité religieuse vivante les fascine.
Situé dans la préfecture de Wakayama, à environ 100 kilomètres au sud d’Osaka, son accès reste complexe. Le trajet habituel nécessite plusieurs changements de train (notamment depuis Kyoto), suivis d’un funiculaire puis d’un bus. C’est pourquoi il est souvent recommandé d’y passer la nuit dans l’un des nombreux temples shukubo qui offrent l’hébergement aux visiteurs. L’expérience de la participation à la prière matinale et la dégustation de la cuisine végétarienne des moines font du mont Koya un lieu unique.
Cependant, si vous préférez opter pour une excursion d’une journée au mont Koya depuis Kyoto, pourquoi ne pas emprunter le bus direct reliant ces deux sites ? Vous pourrez ainsi rejoindre cette prestigieuse cité religieuse en seulement 3 heures de route, sans vous soucier des correspondances compliquées.
Pour l’année 2026, ce bus circulera tous les jours, du vendredi 10 avril au dimanche 29 novembre inclus. Les horaires restent inchangés par rapport à l’année dernière (voir détails ci-dessous). Les informations de circulation du bus direct
En revanche, les tarifs ont été modifiés comme suit :
Aller simple
3 000 yens (d’avril à septembre) 3 200 yens (octobre et novembre)
Aller-retour
5 200 yens (d’avril à septembre) 5 600 yens (octobre et novembre)
Un petit aperçu du mont Koya
Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, a été fondé par le moine Kukai (Kobo Daishi) il y a plus de 1 200 ans. En réalité, il n’existe pas de montagne nommée Koya. Il s’agit d’un plateau entouré par huit montagnes, qui s’étend d’est en ouest sur six kilomètres. Les moines représentant un tiers de sa population, le mont Koya est une véritable cité religieuse. Ses incontournables, notamment le Danjo Garan (lieu dédié aux pratiques spirituels), le Kongobu-ji (temple principal du mont Koya) et l’Okuno-in (une nécropole nichée dans une forêt de cèdres géants) sont concentrés sur ce plateau et sont facilement accessibles à pied.
Incontournables du mont Koya
La porte Daimon
Porte DaimonStatues de gardiens
La plupart des touristes ne s’arrêtent pas ici, pourtant cette imposante porte à deux étages, qui abrite une paire de statues de gardiens, marque l’entrée du mont Koya. Son architecture magnifique d’un rouge vermillon vous impressionnera. Le Danjo Garan se trouve à seulement 10 minutes à pied de là. C’est donc le point de départ idéal pour une exploration du mont Koya.
Le Danjo Garan
Pagode Konpon DaitoLanternes du Mie-doPagode ouestAtmosphère calme et paisible
Le Danjo Garan, lieu dédié aux pratiques spirituelles du bouddhisme ésotérique Shingon, s’étend dans la partie ouest du mont Koya. Ce complexe réunit de nombreux édifices religieux, dont sa célèbre grande pagode vermillon qui contraste magnifiquement avec le ciel bleu. Ne manquez pas non plus la pagode ouest, qui se dresse paisiblement au cœur d’une forêt de cèdres.
Le temple Kongobu-ji
Cerisiers du templeEntrée spéciale du templeJardin Banryu-teiCuisine
Situé à seulement cinq minutes à l’est du Danjo Garan, le Kongobu-ji est le temple principal du mont Koya. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, où une paire de dragons semble surgir d’une mer de nuages. Bien que ce type de jardin évoque traditionnellement l’esthétique des temples zen, il est fascinant de trouver le plus vaste d’entre eux ici même, au mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.
Le chemin vers l’entrée de l’Okuno-in
Petites boutiquesSanctuaire Inari du mont Koya
L’entrée de l’Okuno-in se trouve à environ 15 minutes de marche du temple Kongobu-ji. Ces dernières années, de nombreux cafés charmants ont ouvert leurs portes, mais on y trouve toujours de petites boutiques à l’atmosphère d’antan. Profitez de cette balade agréable : vous croiserez même un sanctuaire Inari, dont l’allée est bordée de portiques torii vermillon.
L’Okuno-in
Entrée de l’Okuno-inOkuno-inStèles de cinq niveauxJizo
Le cœur de la visite du mont Koya réside dans la découverte de l’Okuno-in, qui occupe une vaste partie de l’est du plateau. Cette nécropole s’étend sur deux kilomètres, du pont Ichi-no-hashi jusqu’au mausolée de Kukai. Plus de 200 000 pierres tombales et pagodes de toutes époques s’y alignent au milieu de cèdres millénaires. Entre le bruissement du vent dans les cimes, la lumière filtrant à travers les branches et les stèles couvertes de mousse… l’ambiance sereine et mystique qui y règne vous saisira à coup sûr.
Le jardin japonais, qui se distingue nettement du jardin occidental, suscite un vif intérêt chez les touristes étrangers. On le considère souvent comme un havre de paix favorisant la sérénité. Si les temples de Kyoto, tels que le temple d’or (Kinkaku-ji) ou le temple Tenryu-ji, sont si populaires, c’est moins pour leur aspect religieux que pour la beauté de leurs jardins. En effet, si les temples de Kyoto abritent tant de chefs-d’œuvre paysagers, c’est avant tout en raison des liens profonds et historiques que les Japonais entretiennent avec le bouddhisme.
À Nara, qui fut la capitale du Japon au VIIIe siècle avant Kyoto, le bouddhisme a connu un grand essor. À cette époque, les temples étaient avant tout des centres d’étude destinés à prier pour la protection de l’État, ce qui explique l’absence de jardins, — ces espaces propices à la détente — dans ces établissements. Cependant, avec le déplacement de la capitale à Kyoto, la foi est devenue plus personnelle. Le bouddhisme est devenu une pratique prisée par les aristocrates pour leurs prières privées. Ils ont intégré des espaces de prière dans leurs résidences privées, là où se trouvaient déjà des jardins. C’est cette fusion initiale entre l’espace sacré et ce cadre apaisant qui a donné naissance aux célèbres jardins des temples de Kyoto.
Les styles de jardins japonais
Jardin du temple d’orJardin chisen du temple Renge-jiJardin sec du temple Entoku-inJardin devant le pavillon de thé
Le jardin japonais se divise principalement en trois styles : le jardin chisen, aménagé autour d’une pièce d’eau ; le jardin sec karesansui, où l’eau est absente ; et le jardin roji, conçu comme un chemin menant au pavillon de thé. Le style chisen, qu’il soit conçu pour être admiré depuis un bâtiment ou découvert au fil d’une promenade, est particulièrement apprécié car cette nature reproduite en miniature est fascinante à observer. De nombreux clients francophones y trouvent une véritable sérénité et disent qu’ils peuvent ressentir toute l’essence du zen. En revanche, le style karesansui que l’on observe dans les temples zen suscite des avis partagés. Si certains s’y plongent dans la méditation et l’introspection, d’autres le perçoivent comme un lieu austère en raison de son caractère exclusivement minéral.
Le jardin sec karesansui, un lieu de pratique spirituelle
Jardin secJardin sec simpleAssemblage de roches
Si le terme zen évoque la sérénité et la paix intérieure pour les touristes étrangers, il désigne avant tout l’une des écoles majeures du bouddhisme. Cette école enseigne à écouter son cœur et à discerner l’essentiel. Elle a particulièrement été appréciée par les guerriers samouraïs, car ils étaient prêts à affronter la mort à tout moment. La méditation qui est l’une des disciplines de cette école pour se maîtriser leur correspondait parfaitement. Entre le XIIe et le XVIe siècle, période marquée par d’importants conflits militaires, le bouddhisme zen a connu un essor à Kyoto. Les moines zen considéraient alors le jardin comme un espace de pratique spirituelle destiné à soutenir la méditation assise zazen.
Jardin de pierre
Le jardin du temple zen Ryoan-ji est sans doute le modèle le plus emblématique du style karesansui à Kyoto. Il se compose de quinze pierres disposées sur un lit de gravier blanc ratissé. Il a été conçu pour la méditation, mais certains visiteurs trouvent que son esthétique, poussée à l’extrême du dépouillement, manque d’intérêt. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de s’y livrer à l’introspection en toute sérénité ces derniers temps en raison de l’afflux de touristes…
Si le jardin de style karesansui, souvent lié à la méditation, ne vous semble pas très intéressant, je vous recommande de l’observer sous l’angle du concept de mitate. C’est une approche japonaise qui consiste à voir une chose à travers une autre par le biais de l’imagination : par exemple, voir une pierre comme une montagne, un assemblage de roches comme une cascade, une île ou des bouddhas, ou encore les motifs ratissés sur le gravier comme des vagues ou un courant.
Le Japon est un pays exigu, souvent frappé par les catastrophes naturelles. Pourtant, plutôt que de chercher à maîtriser cet environnement parfois hostile, les Japonais ont su coexister avec lui grâce à leur créativité et leur ingéniosité. Si le jardin de style karesansui a initialement été conçu comme un lieu de méditation lié à l’essor du bouddhisme zen, il constitue également une solution paysagère rationnelle. Grâce au concept unique du mitate, il permet de représenter la nature dans des espaces restreints ou dépourvus d’eau, en utilisant des éléments minimalistes. De nos jours, le jardin karesansui est conçu non seulement dans les temples zen, mais aussi dans ceux d’autres écoles bouddhistes en raison de son esthétisme et de la pureté de sa composition. On peut également en voir dans un coin des hôtels, des magasins ou des restaurants japonais traditionnels.
Les jardins secs karesansui recommandés à Kyoto
Au temple Ryogen-inAu temple Zuiho-inAu temple Daisen-inAu temple Oubai-in
Si vous souhaitez méditer au calme et laisser libre cours à votre imagination à travers le concept de mitate, je vous recommande vivement le Daitoku-ji. Ce complexe abrite plus d’une vingtaine de sous-temples au sein de son vaste domaine, dont quatre (le Ryogen-in, le Zuiho-in, le Daisen-in et l’Oubai-in) sont habituellement ouverts au public. Comme ils sont tous proches les uns des autres, vous pourrez les visiter facilement. Les jardins de chacun de ces temples, empreints de poésie, méritent le détour. Grâce à eux, l’image «complexe» que l’on se fait des jardins secs karesansui se transformera en une expérience fascinante.
Où peut-on obtenir un goshuin ? C’est l’une des questions que l’on me pose souvent lorsque je guide mes clients dans les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes.
Le goshuin est un sceau sacré remis aux visiteurs des sanctuaires shinto et des temples bouddhistes au Japon. À l’origine, il s’agissait d’une preuve remise en échange d’un sutra copié à la main et offert au temple. Composé d’un tampon rouge et du nom du lieu et d’une divinité calligraphiés à l’encre de Chine sumi, il symbolise le lien spirituel tissé entre le visiteur et le site.
Goshuin du temple Unryu-in, Kyoto
Pour le recevoir, il est nécessaire de posséder un goshuin-cho, un carnet spécifique en papier japonais washi. On peut s’en procurer dans les papeteries ou directement sur place. Bien que de nombreux touristes souhaitent en obtenir un en souvenir de leur passage, il est important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une simple collecte de tampons touristiques. Par conséquent, il est impossible de le demander sur un carnet de timbres ordinaire ou sur de simples feuilles de notes.
Goshuin
Certains lieux ne proposent pas de calligraphie réalisée en direct ; dans ce cas, ils délivrent des feuilles déjà préparées kakioki. En règle générale, on demande le goshuin après avoir prié. Cependant, dans les sites très fréquentés comme le Ginkaku-ji ou le Ryoan-ji à Kyoto, on peut confier son carnet à l’entrée pour le récupérer à la fin de la visite afin de gagner du temps.
Enfin, sachez que la photographie et la vidéo sont généralement interdites pendant la réalisation du goshuin. Si vous avez la chance d’assister à sa réalisation, je vous invite à observer attentivement le mouvement fluide et élégant du pinceau.
Cette année, on peut profiter des couleurs d’automne un peu plus tôt que l’automne dernier. Bien que certaines feuilles aient été desséchées et brûlées à cause de la canicule, la baisse de température matinale et nocturne de ces derniers jours leur apporte de belles couleurs. Les sites célèbres de Kyoto sont tous bondés de touristes, j’ai donc choisi de profiter de l’automne dans mon voisinage. L’automne, ma saison préférée, me semble devenir de plus en plus court car la chaleur estivale persiste plus longtemps ces dernières années. Ces endroits où je peux admirer le changement des couleurs en toute tranquillité sont particulièrement précieux.
Le temple Joruri-ji, Kizugawa
Temple Joruri-ji
Joruri-ji est un lieu empreint d’une atmosphère de sérénité rustique. Le jardin traditionnel de style représentant la Terre pure est aménagé autour d’un étang. À l’ouest se dresse le pavillon abritant neuf statues d’Amida Bouddha, symbole de la Terre pure occidentale qui promet le bonheur dans l’au-delà. À l’est se trouve la pagode qui abrite le Bouddha de la Médecine, symbole de la Terre pure orientale qui soulage les souffrances de ce monde. Ce temple ne présente aucune des installations visant à l’attrait «Instagrammable» que l’on trouve souvent dans les temples de Kyoto de nos jours, et il est très rarement illuminé. Je pense que c’est un endroit exceptionnel où l’on peut véritablement faire l’expérience d’une atmosphère naturelle et paisible.
Le temple Konbu-in, Nara
Temple Konbu-in
Konbu-in est un couvent bouddhiste de la ville de Nara qui n’ouvre ses portes au public que pour trois jours exceptionnels en novembre. Bien qu’il se trouve en pleine ville, il est niché sur une petite colline, ce qui donne l’impression d’entrer dans un temple de montagne dès que l’on pénètre dans son vaste domaine. Quand on pense aux temples de Nara, la première image qui vient à l’esprit est Todai-ji, célèbre pour sa magnifique architecture bouddhiste et son Grand Bouddha. J’apprécie cette atmosphère majestueuse, mais j’aime aussi les lieux comme Konbu-in, où règne une tranquillité réconfortante et apaisante.
L’année dernière, je disais déjà à mes clients : «L’été au Japon est tellement chaud et humide que de nombreux touristes étrangers ont du mal à s’y habituer. Surtout à Kyoto, la chaleur estivale est insupportable pour les Occidentaux.» Mais la chaleur est encore plus intense cette année que l’année dernière.
Certains clients m’ont dit : «Nous sommes habitués à la chaleur, il y a eu des vagues de chaleur en Europe aussi.» Mais je pense que l’humidité moite que l’on ressent au Japon leur est très désagréable. Cette année, j’ai remarqué que beaucoup de mes clients utilisaient des ombrelles, des ventilateurs portables et des serviettes rafraîchissantes pour se protéger de la chaleur extrême, à la manière des Japonais. Concernant les ombrelles (la plupart sont aussi efficaces contre la pluie), ces dernières années, même les enfants et les hommes les utilisent aussi au Japon. Il faut particulièrement se méfier des malaises liés aux coups de chaleur (necchusho en japonais). L’été au Japon, et en particulier à Kyoto, ville située dans une cuvette entourée de montagnes, la chaleur et l’humidité sont souvent écrasantes, même à l’ombre. Il est donc crucial de vous hydrater constamment, même si vous ne ressentez pas la soif.
Au bord de l’eauAu temple Tenju-anAu temple Byodo-inLotus, symbole du mérite de Bouddha
La canicule de cet été à Kyoto est vraiment difficile à supporter, mais la vue du bord de l’eau donne une sensation de fraîcheur. La beauté pure des lotus qui fleurissent le matin fait oublier la chaleur un instant. Cependant, la température de l’eau est plus élevée cette année et j’ai l’impression que les carpes koi, d’habitude si gourmandes, manquent d’énergie…
Sur l’avenue Shijo-doriChar NaginatabokoDéfilé de chars du 24 juilletChar de clôture du défilé
Le festival de Gion, l’un des symboles de l’été à Kyoto, est une scène caractéristique que j’apprécie particulièrement. Lié au sanctuaire shinto Yasaka-jinja, ce festival aurait débuté il y a plus de 1 000 ans comme un rituel pour chasser les épidémies. J’aime la vue nocturne de ses chars illuminés de lampions et l’ambiance animée de la procession. De plus en plus, les étés sont étouffants et voir le défilé des chars dans la foule est épuisant. Malgré cela, ce festival riche d’une si longue histoire continue d’attirer les gens avec son charme.
Les glycines, les pivoines, les rhododendrons, les azalées… Après la floraison des cerisiers, les autres fleurs prennent le relais. Et le vert tendre des jeunes feuilles est magnifique à regarder. Les temples situés dans les montagnes de Nara sont particulièrement beaux à cette période de l’année. Laissez-vous séduire par leur atmosphère sereine.
Temple Muro-ji
Près de la porte d’entréeAlignement des statues en pierrePavillon Kon-do
Niché dans un village cerné par de profondes montagnes et des vallées, le temple Muro-ji vous accueille avec son charme paisible et gracieux. Loin de se limiter au Grand Bouddha et aux daims, les attraits de Nara se découvrent aussi dans ses temples de montagne, appelés yamadera, et Muro-ji est l’un de ces joyaux.
Pagode à cinq étagesRhododendronsPagode dans les cèdres
Les différents bâtiments, disséminés dans le silence d’anciens cèdres, sont chacun empreints d’une atmosphère sereine, contrastant avec les temples plus fréquentés par les touristes. L’harmonie entre sa belle pagode à cinq étages et les rhododendrons en fleurs, de fin avril à début mai, est un spectacle à ne pas manquer.
Pont vermillon Mumyo-bashiChemin menant à Oku-no-inMont Koya pour femmes
Mais si vos jambes vous le permettent, je vous recommande vivement de monter jusqu’à Oku-no-in, situé au fond de l’enceinte. L’histoire du Muro-ji remonte à la fin du VIIIe siècle. On l’appelle aussi le «Mont Koya pour femmes», car il a toujours accueilli les femmes venant prier, contrairement au Mont Koya qui leur interdisait l’accès jusqu’au début du XXe siècle. Bien que le Mont Koya demeure un lieu spécial en tant que cité monastique, l’aspect quelque peu touristique de ses monastères ces dernières années est un peu regrettable. En revanche, le quartier qui entoure le Muro-ji préserve une atmosphère sereine que je trouve particulièrement agréable.
Temple Hase-dera
Couloir menant au pavillon principalPavillon dédié à KannonTerrasse du Hase-dera
Ce temple, l’un des plus importants lieux de pèlerinage dédiés à Kannon, la déesse de la miséricorde, accueille les pèlerins depuis les temps anciens. Son bâtiment principal, perché en hauteur, possède une terrasse soutenue par des piliers en bois. C’est une architecture traditionnelle pour les édifices dédiés à Kannon, dont la demeure se situe au sommet du mont Potalaka. Cette terrasse permet d’accueillir davantage de pèlerins venus implorer le salut de Kannon.
Vue sur le pavillon principalPivoines le long du couloirSouffle vert
Le Kiyomizu-dera de Kyoto, également un temple de pèlerinage de Kannon, est plus célèbre et a cette même architecture pour son bâtiment principal. Mais il est aujourd’hui très fréquenté par les touristes, ce qui fait que l’aspect religieux du lieu passe souvent inaperçu. Si vous voulez ressentir la véritable atmosphère d’un lieu de culte, le Hase-dera est vivement recommandé. Les prières des moines résonnent dans sa vaste enceinte, vous permettant de vous immerger dans une ambiance majestueuse.
PivoinesTemaribana en pleine floraisonVue sur la pagode
Aujourd’hui, il est populaire sur instagram comme un temple orné de fleurs tout au long de l’année, mais ne vous contentez pas de prendre des photos. Prenez le temps de profiter de l’ensemble du temple, niché dans un magnifique écrin de nature.
Ce mois de mars a été marqué par de brusques variations de température. Mais enfin, le vrai printemps, la saison des cerisiers sakura, est là. Les cerisiers en fleurs du Japon attirent de nombreux touristes étrangers. Mais saviez-vous qu’il existe de nombreuses variétés de cerisiers ?
Somei Yoshino
Somei Yoshino
En tant que cerisier le plus typique du Japon, le Somei Yoshino est la star du hanami. L’éclosion des fleurs rose pâle des Somei Yoshino annonce l’arrivée du printemps. On voit le Somei Yoshino un peu partout : au bord de l’eau, dans les parcs, dans les écoles, etc.
SewariteiCerisiers au coucher du soleilAu bord de la rivière Saho
Shidarezakura
Shidarezakura
L’élégance des branches pleureuses des Shidarezakura et la danse de leurs pétales dans le vent sont d’une beauté à couper le souffle. C’est comme sous une cascade de fleurs.
Au sanctuaire Suika Tenman-guAu jardin Yoko-enAu parc Kyoto-gyoenAu parc Kyoto-gyoen
Cerisiers à floraison précoce, tardive, et différente autre variété
KawazuzakuraOkamezakuraOeshikizakura
En tant que cerisiers à floraison précoce précédant le Somei Yoshino, on trouve le Kawazu-zakura et l’Okame-zakura. Leurs fleurs aux couleurs vives et éclatantes attirent particulièrement le regard. La saison de floraison des cerisiers est généralement courte, mais certaines variétés fleurissent d’octobre au printemps. L’Oeshikizakura commence à fleurir en automne et l’on peut admirer ses fleurs pendant une longue période. Il atteint son pic de floraison vers le 8 avril, date anniversaire de la naissance de Bouddha.
Yamazakura
Yamazakura
À la différence du Somei Yoshino, chez cette espèce, les jeunes feuilles d’un brun rougeâtre émergent simultanément avec les fleurs. Le mont Yoshino couvert de Yamazakura en fleurs, c’est mon paysage de cerisiers préféré.
Le Shuni-e, une cérémonie bouddhiste de repentance, a lieu dans les temples de tout le pays. Celle qui se déroule dans les temples chargés d’histoire de Nara est particulièrement renommée. Au pavillon Nigatsu-do du temple Todai-ji, elle se déroule du premier au 14 mars chaque année. Elle est accomplie par onze moines, les Rengyo-shu, qui confessent les péchés de tous et prient pour la paix, de bonnes récoltes et le bonheur de tous.
Pavillon Nigatsu-doAutour du pavillonTorches
La cérémonie comprend divers événements, et le moment où les torches sont brandies sur la terrasse du pavillon offre un spectacle saisissant pour le public. Chaque torche, faite de bambou et d’aiguilles de cèdre, illumine le chemin des moines Rengyo-shu qui gravissent les marches menant au pavillon. Une fois que chaque moine a rejoint l’intérieur du pavillon pour y pratiquer la cérémonie, les torches sont brandies sur la terrasse.
La cérémonie du Shuni-e au pavillon Nigatsu-do se perpétue depuis plus de 1200 ans. Elle a traversé les guerres, les tempêtes et les pandémies sans jamais être interrompue. À l’heure où l’ordre international semble vaciller et où l’égoïsme risque de prendre le pas, la vue de cette flamme m’a rappelé l’importance de cette cérémonie, où l’on prie pour le bonheur de tous les peuples du monde.