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ARTISTS’ FAIR KYOTO Resonance exhibition au temple Tofuku-ji

ARTISTS’ FAIR KYOTO (AFK) est un salon d’art unique en son genre, centré sur les artistes eux-mêmes. Contrairement aux foires classiques où les galeries sélectionnent les exposants, l’AFK repose sur un concept original : ce sont des artistes contemporains de renom qui choisissent les jeunes talents à suivre de près.

Pour cette 9ème édition en 2026, l’exposition dédiée aux jeunes artistes au Musée National de Kyoto est déjà terminée ; en revanche, les œuvres d’artistes confirmés sont exposées au temple Tofuku-ji jusqu’au 1er mars.

Le Tofuku-ji est un temple zen célèbre pour ses couleurs d’automne, mais en ce début de printemps, une atmosphère de sérénité absolue règne sur son vaste domaine. Le temple abrite également les jardins secs créés par Mirei Shigemori (paysagiste du XXe siècle) en 1939. On y ressent une fusion parfaite entre la simplicité du zen et l’abstraction de l’art moderne.

Si l’idée d’exposer de l’art contemporain dans un temple ancien peut surprendre, la présence de ces jardins si modernes permet de s’immerger naturellement dans l’univers des artistes.

Okuno-in

Une excursion d’une journée au mont Koya : la cité religieuse céleste au départ de Kyoto

Mont Koya
Mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, est un site incontournable pour les voyageurs en quête d’une expérience spirituelle au Japon. Ce site attire particulièrement les voyageurs occidentaux, notamment les Français, qui y sont les plus nombreux. L’atmosphère mystique de cette cité religieuse vivante les fascine.

Situé dans la préfecture de Wakayama, à environ 100 kilomètres au sud d’Osaka, son accès reste complexe. Le trajet habituel nécessite plusieurs changements de train (notamment depuis Kyoto), suivis d’un funiculaire puis d’un bus. C’est pourquoi il est souvent recommandé d’y passer la nuit dans l’un des nombreux temples shukubo qui offrent l’hébergement aux visiteurs. L’expérience de la participation à la prière matinale et la dégustation de la cuisine végétarienne des moines font du mont Koya un lieu unique.

Cependant, si vous préférez opter pour une excursion d’une journée au mont Koya depuis Kyoto, pourquoi ne pas emprunter le bus direct reliant ces deux sites ? Vous pourrez ainsi rejoindre cette prestigieuse cité religieuse en seulement 3 heures de route, sans vous soucier des correspondances compliquées.

Les dates et les horaires pour 2026 ne sont pas encore fixés, mais le bus circule habituellement de la mi-avril à la fin novembre. Dès que ces informations seront publiées, je les partagerai dans mon article de blog. Retrouvez les informations de circulation des années passées dans l’article ci-dessous :
Les informations de circulation du bus direct

Un petit aperçu du mont Koya

Le mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon, a été fondé par le moine Kukai (Kobo Daishi) il y a plus de 1 200 ans. En réalité, il n’existe pas de montagne nommée Koya. Il s’agit d’un plateau entouré par huit montagnes, qui s’étend d’est en ouest sur six kilomètres. Les moines représentant un tiers de sa population, le mont Koya est une véritable cité religieuse. Ses incontournables, notamment le Danjo Garan (lieu dédié aux pratiques spirituels), le Kongobu-ji (temple principal du mont Koya) et l’Okuno-in (une nécropole nichée dans une forêt de cèdres géants) sont concentrés sur ce plateau et sont facilement accessibles à pied.

Incontournables du mont Koya

La porte Daimon

La plupart des touristes ne s’arrêtent pas ici, pourtant cette imposante porte à deux étages, qui abrite une paire de statues de gardiens, marque l’entrée du mont Koya. Son architecture magnifique d’un rouge vermillon vous impressionnera. Le Danjo Garan se trouve à seulement 10 minutes à pied de là. C’est donc le point de départ idéal pour une exploration du mont Koya.

Le Danjo Garan 

Le Danjo Garan, lieu dédié aux pratiques spirituelles du bouddhisme ésotérique Shingon, s’étend dans la partie ouest du mont Koya. Ce complexe réunit de nombreux édifices religieux, dont sa célèbre grande pagode vermillon qui contraste magnifiquement avec le ciel bleu. Ne manquez pas non plus la pagode ouest, qui se dresse paisiblement au cœur d’une forêt de cèdres.

Le temple Kongobu-ji

Situé à seulement cinq minutes à l’est du Danjo Garan, le Kongobu-ji est le temple principal du mont Koya. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon, où une paire de dragons semble surgir d’une mer de nuages. Bien que ce type de jardin évoque traditionnellement l’esthétique des temples zen, il est fascinant de trouver le plus vaste d’entre eux ici même, au mont Koya, haut lieu du bouddhisme ésotérique Shingon.

Le chemin vers l’entrée de l’Okuno-in

L’entrée de l’Okuno-in se trouve à environ 15 minutes de marche du temple Kongobu-ji. Ces dernières années, de nombreux cafés charmants ont ouvert leurs portes, mais on y trouve toujours de petites boutiques à l’atmosphère d’antan. Profitez de cette balade agréable : vous croiserez même un sanctuaire Inari, dont l’allée est bordée de portiques torii vermillon.

L’Okuno-in 

Le cœur de la visite du mont Koya réside dans la découverte de l’Okuno-in, qui occupe une vaste partie de l’est du plateau. Cette nécropole s’étend sur deux kilomètres, du pont Ichi-no-hashi jusqu’au mausolée de Kukai. Plus de 200 000 pierres tombales et pagodes de toutes époques s’y alignent au milieu de cèdres millénaires. Entre le bruissement du vent dans les cimes, la lumière filtrant à travers les branches et les stèles couvertes de mousse… l’ambiance sereine et mystique qui y règne vous saisira à coup sûr.

Au temple Daisen-in

L’art des jardins dans les temples de Kyoto : pourquoi une telle splendeur ?

Le jardin japonais, qui se distingue nettement du jardin occidental, suscite un vif intérêt chez les touristes étrangers. On le considère souvent comme un havre de paix favorisant la sérénité. Si les temples de Kyoto, tels que le temple d’or (Kinkaku-ji) ou le temple Tenryu-ji, sont si populaires, c’est moins pour leur aspect religieux que pour la beauté de leurs jardins. En effet, si les temples de Kyoto abritent tant de chefs-d’œuvre paysagers, c’est avant tout en raison des liens profonds et historiques que les Japonais entretiennent avec le bouddhisme.

À Nara, qui fut la capitale du Japon au VIIIe siècle avant Kyoto, le bouddhisme a connu un grand essor. À cette époque, les temples étaient avant tout des centres d’étude destinés à prier pour la protection de l’État, ce qui explique l’absence de jardins, — ces espaces propices à la détente — dans ces établissements. Cependant, avec le déplacement de la capitale à Kyoto, la foi est devenue plus personnelle. Le bouddhisme est devenu une pratique prisée par les aristocrates pour leurs prières privées. Ils ont intégré des espaces de prière dans leurs résidences privées, là où se trouvaient déjà des jardins. C’est cette fusion initiale entre l’espace sacré et ce cadre apaisant qui a donné naissance aux célèbres jardins des temples de Kyoto.

Les styles de jardins japonais

Le jardin japonais se divise principalement en trois styles : le jardin chisen, aménagé autour d’une pièce d’eau ; le jardin sec karesansui, où l’eau est absente ; et le jardin roji, conçu comme un chemin menant au pavillon de thé. Le style chisen, qu’il soit conçu pour être admiré depuis un bâtiment ou découvert au fil d’une promenade, est particulièrement apprécié car cette nature reproduite en miniature est fascinante à observer. De nombreux clients francophones y trouvent une véritable sérénité et disent qu’ils peuvent ressentir toute l’essence du zen. En revanche, le style karesansui que l’on observe dans les temples zen suscite des avis partagés. Si certains s’y plongent dans la méditation et l’introspection, d’autres le perçoivent comme un lieu austère en raison de son caractère exclusivement minéral.

Le jardin sec karesansui, un lieu de pratique spirituelle

Si le terme zen évoque la sérénité et la paix intérieure pour les touristes étrangers, il désigne avant tout l’une des écoles majeures du bouddhisme. Cette école enseigne à écouter son cœur et à discerner l’essentiel. Elle a particulièrement été appréciée par les guerriers samouraïs, car ils étaient prêts à affronter la mort à tout moment. La méditation qui est l’une des disciplines de cette école pour se maîtriser leur correspondait parfaitement. Entre le XIIe et le XVIe siècle, période marquée par d’importants conflits militaires, le bouddhisme zen a connu un essor à Kyoto. Les moines zen considéraient alors le jardin comme un espace de pratique spirituelle destiné à soutenir la méditation assise zazen.

Jardin de pierre
Jardin de pierre

Le jardin du temple zen Ryoan-ji est sans doute le modèle le plus emblématique du style karesansui à Kyoto. Il se compose de quinze pierres disposées sur un lit de gravier blanc ratissé. Il a été conçu pour la méditation, mais certains visiteurs trouvent que son esthétique, poussée à l’extrême du dépouillement, manque d’intérêt. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de s’y livrer à l’introspection en toute sérénité ces derniers temps en raison de l’afflux de touristes…

Si le jardin de style karesansui, souvent lié à la méditation, ne vous semble pas très intéressant, je vous recommande de l’observer sous l’angle du concept de mitate. C’est une approche japonaise qui consiste à voir une chose à travers une autre par le biais de l’imagination : par exemple, voir une pierre comme une montagne, un assemblage de roches comme une cascade, une île ou des bouddhas, ou encore les motifs ratissés sur le gravier comme des vagues ou un courant.

Le Japon est un pays exigu, souvent frappé par les catastrophes naturelles. Pourtant, plutôt que de chercher à maîtriser cet environnement parfois hostile, les Japonais ont su coexister avec lui grâce à leur créativité et leur ingéniosité. Si le jardin de style karesansui a initialement été conçu comme un lieu de méditation lié à l’essor du bouddhisme zen, il constitue également une solution paysagère rationnelle. Grâce au concept unique du mitate, il permet de représenter la nature dans des espaces restreints ou dépourvus d’eau, en utilisant des éléments minimalistes. De nos jours, le jardin karesansui est conçu non seulement dans les temples zen, mais aussi dans ceux d’autres écoles bouddhistes en raison de son esthétisme et de la pureté de sa composition. On peut également en voir dans un coin des hôtels, des magasins ou des restaurants japonais traditionnels.

Les jardins secs karesansui recommandés à Kyoto

Si vous souhaitez méditer au calme et laisser libre cours à votre imagination à travers le concept de mitate, je vous recommande vivement le Daitoku-ji. Ce complexe abrite plus d’une vingtaine de sous-temples au sein de son vaste domaine, dont quatre (le Ryogen-in, le Zuiho-in, le Daisen-in et l’Oubai-in) sont habituellement ouverts au public. Comme ils sont tous proches les uns des autres, vous pourrez les visiter facilement. Les jardins de chacun de ces temples, empreints de poésie, méritent le détour. Grâce à eux, l’image «complexe» que l’on se fait des jardins secs karesansui se transformera en une expérience fascinante.

Temple Joruri-ji

La chasse aux feuilles d’automne en toute sérénité

Cette année, on peut profiter des couleurs d’automne un peu plus tôt que l’automne dernier. Bien que certaines feuilles aient été desséchées et brûlées à cause de la canicule, la baisse de température matinale et nocturne de ces derniers jours leur apporte de belles couleurs. Les sites célèbres de Kyoto sont tous bondés de touristes, j’ai donc choisi de profiter de l’automne dans mon voisinage. L’automne, ma saison préférée, me semble devenir de plus en plus court car la chaleur estivale persiste plus longtemps ces dernières années. Ces endroits où je peux admirer le changement des couleurs en toute tranquillité sont particulièrement précieux.

Le temple Joruri-ji, Kizugawa
Temple Joruri-ji
Temple Joruri-ji

Joruri-ji est un lieu empreint d’une atmosphère de sérénité rustique. Le jardin traditionnel de style représentant la Terre pure est aménagé autour d’un étang. À l’ouest se dresse le pavillon abritant neuf statues d’Amida Bouddha, symbole de la Terre pure occidentale qui promet le bonheur dans l’au-delà. À l’est se trouve la pagode qui abrite le Bouddha de la Médecine, symbole de la Terre pure orientale qui soulage les souffrances de ce monde. Ce temple ne présente aucune des installations visant à l’attrait «Instagrammable» que l’on trouve souvent dans les temples de Kyoto de nos jours, et il est très rarement illuminé. Je pense que c’est un endroit exceptionnel où l’on peut véritablement faire l’expérience d’une atmosphère naturelle et paisible.

Le temple Konbu-in, Nara
Temple Konbu-in
Temple Konbu-in

Konbu-in est un couvent bouddhiste de la ville de Nara qui n’ouvre ses portes au public que pour trois jours exceptionnels en novembre. Bien qu’il se trouve en pleine ville, il est niché sur une petite colline, ce qui donne l’impression d’entrer dans un temple de montagne dès que l’on pénètre dans son vaste domaine. Quand on pense aux temples de Nara, la première image qui vient à l’esprit est Todai-ji, célèbre pour sa magnifique architecture bouddhiste et son Grand Bouddha. J’apprécie cette atmosphère majestueuse, mais j’aime aussi les lieux comme Konbu-in, où règne une tranquillité réconfortante et apaisante.

Festival de Gion

Un petit retour sur l’été 2025 à Kyoto

L’année dernière, je disais déjà à mes clients : «L’été au Japon est tellement chaud et humide que de nombreux touristes étrangers ont du mal à s’y habituer. Surtout à Kyoto, la chaleur estivale est insupportable pour les Occidentaux.» Mais la chaleur est encore plus intense cette année que l’année dernière.

Certains clients m’ont dit : «Nous sommes habitués à la chaleur, il y a eu des vagues de chaleur en Europe aussi.» Mais je pense que l’humidité moite que l’on ressent au Japon leur est très désagréable. Cette année, j’ai remarqué que beaucoup de mes clients utilisaient des ombrelles, des ventilateurs portables et des serviettes rafraîchissantes pour se protéger de la chaleur extrême, à la manière des Japonais. Concernant les ombrelles (la plupart sont aussi efficaces contre la pluie), ces dernières années, même les enfants et les hommes les utilisent aussi au Japon. Il faut particulièrement se méfier des malaises liés aux coups de chaleur (necchusho en japonais). L’été au Japon, et en particulier à Kyoto, ville située dans une cuvette entourée de montagnes, la chaleur et l’humidité sont souvent écrasantes, même à l’ombre. Il est donc crucial de vous hydrater constamment, même si vous ne ressentez pas la soif.

La canicule de cet été à Kyoto est vraiment difficile à supporter, mais la vue du bord de l’eau donne une sensation de fraîcheur. La beauté pure des lotus qui fleurissent le matin fait oublier la chaleur un instant. Cependant, la température de l’eau est plus élevée cette année et j’ai l’impression que les carpes koi, d’habitude si gourmandes, manquent d’énergie…

Le festival de Gion, l’un des symboles de l’été à Kyoto, est une scène caractéristique que j’apprécie particulièrement. Lié au sanctuaire shinto Yasaka-jinja, ce festival aurait débuté il y a plus de 1 000 ans comme un rituel pour chasser les épidémies. J’aime la vue nocturne de ses chars illuminés de lampions et l’ambiance animée de la procession. De plus en plus, les étés sont étouffants et voir le défilé des chars dans la foule est épuisant. Malgré cela, ce festival riche d’une si longue histoire continue d’attirer les gens avec son charme.

HARIO CAFE

Mes trois coins préférés pour une pause sympa à Kyoto

J’imaginais que les Japonais ne buvaient que du thé vert. Mais ils aiment aussi beaucoup le café, finalement… C’est le commentaire d’un de mes clients français. Moi aussi, j’aime autant le matcha et le sencha que le café. On a du mal à l’imaginer avec l’engouement actuel pour le matcha, mais il y a une vingtaine d’années, même ici à Kyoto, il n’y avait presque pas de salons de thé qui mettaient en avant le thé japonais. Bien sûr, il y avait des amami-dokoro (maisons de douceurs traditionnelles) qui servaient des wagashi (pâtisseries japonaises) avec du thé, mais le matcha était plutôt associé à la cérémonie du thé, et les autres thés comme le sencha ou le hojicha étaient considérés comme des boissons offertes gratuitement dans les restaurants pendant les repas. Quand j’y pense, je suis toujours un peu surprise de voir autant de salons de thé spécialisés dans le thé japonais aujourd’hui.

Contrairement à son image traditionnelle, Kyoto a étonnamment une forte consommation de café. On y voit beaucoup de cafés branchés, même si on trouve aussi des Starbucks un peu partout, il faut bien le dire. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de mes coins préférés à Kyoto. Ce ne sont pas des adresses cachées, loin de là, mais l’ambiance de ces endroits est telle que je ne peux m’empêcher d’y aller régulièrement.

HARIO CAFE KYOTO ハリオ カフェ 京都

Fondé en 1921 et fabricant d’ustensiles pour le café, HARIO possède un café en propre niché dans la ruelle Ishibe-koji, où l’on peut vraiment apprécier le charme de Kyoto. Le café propose également à la vente les accessoires en verre de la marque. Bien qu’il soit toujours possible de se promener dans Ishibe-koji, la prise de photos y est interdite en raison du surtourisme. C’est peut-être ce qui contribue à son atmosphère paisible et agréable. Le jour de ma visite, une fine pluie tombait, et il me semble que ce genre de ruelle kyotoïte tranquille se marie particulièrement bien avec le doux murmure de la pluie.


  • Dans la ruelle Ishibe-koji, à seulement 3 minutes à pied du temple Kodai-ji
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert de 10h à 17h, tous les jours sauf pendant les congés de fin d’année

Salon de thé FRANÇOIS フランソア喫茶室

Fondé en 1934, ce salon de thé est le premier de son genre à avoir été désigné bien culturel matériel national. Bien qu’arborant à l’époque une atmosphère moderne et élégante, son propriétaire souhaitait en faire un lieu de débat sur l’anti-guerre et l’art d’avant-garde, en résistance à une époque où la montée du militarisme rendait la liberté d’expression de plus en plus difficile. Ces dernières années, les cafés et salons de thé à l’ambiance rétro-moderne sont très prisés au Japon, et celui-ci ne fait pas exception. Pourtant, comparé à d’autres endroits, il conserve relativement une tranquillité, je trouve.


  • Dans la rue Nishi Kiyamachi-dori, au sud de l’avenue Shijo-dori, à 4 minutes à pied
    de la sortie 3 de la gare Gion-Shijo sur la ligne Keihan
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert de 11h à 22h, tous les jours sauf pendant les congés de fin d’année
    Dernière commande (à 20h pour les repas et à 21h30 pour les boissons et les gâteaux)

Saryo Housen 茶寮 宝泉

C’est le salon de thé de la maison Housen, fondée en 1952, réputée pour ses douceurs traditionnelles. Il est installé dans l’ancienne demeure d’un homme d’affaires. On y savoure notamment leurs fameux mochi fougère, de délicieux gâteaux frais de saison, et une exquise soupe de haricots rouges sucrée agrémentée de mochi grillés. Son beau jardin bien entretenu au fil des saisons vaut aussi le détour. En hiver, le jardin japonais est un peu triste, mais il n’en dégage pas moins un charme singulier. Les mousses du jardin sont délicatement recouvertes d’aiguilles de pin rouge tombées. C’est une tradition japonaise pour les protéger du gel.


  • À 3 minutes à pied de l’arrêt de bus Shimogamo Higashi Honmachi, et à 12 minutes à pied du sanctuaire Shimogamo-jinja
  • Jours et horaires d’ouverture
    Ouvert tous les jours de 10h à 17h, sauf le mercredi et le jeudi
Nakanoshima

Découvrir une facette différente d’Osaka à Nakanoshima

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous pensez à Osaka ? Des nourritures délicieuses, des enseignes lumineuses, un labyrinthe souterrain tentaculaire, ou simplement un aéroport ? L’avis sur Osaka est souvent tranché : on l’aime passionnément ou on la déteste. C’est sans doute due à son image très forte, celle d’une métropole chaotique et trépidante.
Née à Osaka, j’habite aujourd’hui dans la banlieue calme de Kyoto. Après m’être habituée à ce rythme tranquille, je trouve les visites à Osaka un peu fatigantes. Pourtant, cette ville me rappelle toujours les souvenirs de mon enfance.

Dotonbori, Umeda Sky Building, château d’Osaka, Shinsekai… Ces quartiers sont présentés comme des incontournables de la ville par les agences de voyages, mais ceux qui trouvent Osaka trop bruyante et chaotique me demandent souvent s’il existe d’autres facettes à découvrir dans cette ville.

Pour une pause culturelle et historique, je conseille une visite de Nakanoshima, l’île aux trésors culturels d’Osaka. Ce quartier, bien que de plus en plus apprécié des touristes étrangers, reste encore relativement méconnu comparé au quartier Sud, surtout Dotonbori. Nakanoshima et ses environs vous offrent la possibilité de visiter des musées, de vous promener dans le jardin de roses (au printemps et en automne), et de découvrir des architectures rétro-modernes qui évoquent l’âge d’or d’Osaka au début du XXe siècle.

Où est Nakanoshima ?

Nakanoshima est une île étroite d’environ trois kilomètres de long bordée par les rivières Dojima et Tosabori. En servant d’entrepôt de marchandises à l’époque d’Edo (1603-1867), Nakanoshima s’est développé comme centre d’échanges commerciaux du pays et aujourd’hui accueille le cœur administratif, économique et culturel. Nakanoshima est facilement accessible en métro. Depuis la station Umeda, prenez la ligne de métro Midosuji et descendez à la station Yodoyabashi (une seule station).

Les Musées
Le musée des Beaux-Arts de Nakanoshima

Situé à l’ouest de Nakanoshima, ce musée consacré à l’art moderne et contemporain a ouvert ses portes en 2022, après quarante ans de gestation. Sa collection, qui rassemble plus de six mille œuvres – peintures, gravures, photographies, affiches, sculptures, meubles et objets de design –, couvre la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Les œuvres de Yuzo Saeki (1898-1928), dont la vie brève mais intense s’est déroulée entre Osaka,Tokyo et Paris, constituent l’une des principales collections de ce musée. L’extérieur de ce musée, en forme de boîte noire, contraste avec son intérieur chic. D’un point de vue architectural, il vaut également le détour.

Le musée national d’Art d’Osaka

Adjacent au musée des Beaux-Arts de Nakanoshima, ce musée d’art contemporain souterrain présente une sélection d’œuvres d’artistes nationaux et internationaux. À l’entrée, une sculpture originale évoquant du bambou accueille les visiteurs.

Le musée de la céramique orientale

Situé à l’est de Nakanoshima, ce musée abrite une collection exceptionnelle de céramiques coréennes, chinoises et japonaises. Ce qui est rare dans les musées japonais, la photographie y est autorisée. De plus, l’ambiance y est calme et propice à une contemplation approfondie des œuvres.

La forêt des livres d’enfants Nakanoshima

Conçu par Ando Tadao, l’un des architectes les plus renommés du Japon, cet édifice a ouvert ses portes en 2020. Il abrite plus de 18 000 livres tels que des livres d’images et des œuvres littéraires pour enfants. Ce lieu est également un espace de lecture ouvert à tous.

Le parc de Nakanoshima

Créé en 1891, le parc de Nakanoshima est le premier parc d’Osaka. Ce parc urbain offre un espace vert de 1,5 km de long. Il possède une magnifique roseraie qui s’étend sur près de 500 mètres d’est en ouest. Au printemps et en automne, on peut admirer le spectacle enchanteur des roses en fleurs. C’est une véritable oasis urbaine.

L’architecture rétro-moderne

À Nakanoshima, on trouve encore de beaux bâtiments de style occidental, vestiges de l’essor économique et industriel d’Osaka du début du XXème siècle. Une promenade à travers ce patrimoine architectural est aussi intéressante. Aux alentours, des bâtiments traditionnels historiques côtoient les immeubles modernes, offrant un contraste saisissant.

Jardin Genkyu-en

Le château de Hikone, édifice emblématique de l’époque féodale japonaise

Visiter un château japonais, c’est une expérience unique pour les touristes étrangers qui veulent plonger dans l’histoire et la culture du Japon. Le château de Himeji, celui d’Inuyama et celui de Nijo (Kyoto) comptent parmi les plus populaires. Parmi les châteaux japonais, quels sont vos préférés ?

Au Japon, le château était avant tout une forteresse destinée à repousser les envahisseurs. La plupart des châteaux ont été érigés entre l’époque des conflits militaires du XVIe et le début du XVIIe siècle. Il y avait environ 3 000 châteaux à travers le pays. Mais quand la famille Tokugawa est arrivée au pouvoir et a établi le shogunat, elle a mis en place une politique restrictive limitant chaque province à un seul château. En raison de cette politique, le nombre de châteaux a été réduit drastiquement à environ 200. Toute nouvelle construction ou rénovation était soumise à l’autorisation du shogunat.

Ensuite, la restauration de Meiji qui a marqué la fin de l’ère des samouraïs, a entraîné un déclin sans précédent des châteaux. Un décret du nouveau gouvernement a ordonné leur abandon en 1873. Les deux tiers de ces châteaux, considérés comme des vestiges de l’époque féodale, ont été démolis. La restauration de Meiji a ainsi marqué le début de la modernisation du Japon, inspirée par les modèles occidentaux. Il est regrettable que les contemporains n’aient pas eu la conscience de préserver et de valoriser ces héritages historiques…

Puis la Seconde Guerre mondiale a aggravé les dégâts. Le donjon est l’emblème du château et aujourd’hui une relique rare. Seuls douze de ces donjons ont résisté au temps.

Dans un contexte de prise de conscience de leur valeur historique, les châteaux japonais ont été restaurés après-guerre. Les donjons, tourelles et portes perdus ont été reconstruits ou remis en état, permettant ainsi de préserver un patrimoine architectural unique.

Château de Hikone
Château de Hikone

Le château de Hikone que je vous présente dans cet article est l’un des douze châteaux japonais dont le donjon a conservé son aspect d’origine. À environ 40 km au nord-est de Kyoto, le château de Hikone a été construit sur l’ordre du shogunat Tokugawa par le seigneur féodal Ii de la demeure de Hikone dans la province d’Omi (actuelle préfecture de Shiga) vers 1622 après vingt années de travaux. Son donjon, ses tours de guet et ses remparts, préservés dans leur état d’origine, témoignent de l’architecture du début de l’époque d’Edo. La beauté de son donjon est l’un des principaux attraits de ce château. Malgré sa taille modeste (21 mètres de haut), il est admiré pour sa beauté, mais aussi pour son architecture et sa fonction originelle de forteresse.
Après la Restauration de Meiji, le château de Hikone était aussi sur le point d’être démoli en raison du décret du nouveau gouvernement, mais grâce à un ordre impérial de l’empereur Meiji de le préserver, il a été sauvé.


Après avoir visité le donjon, n’hésitez pas à vous balader dans le jardin Genkyu-en. Vous le trouverez en suivant le petit chemin indiqué, sur le côté nord-est du château. Ce vaste jardin, aménagé autour d’un étang, était parcouru de sentiers sinueux invitant à la flânerie et à la contemplation dans ses quatre pavillons de thé. Il constituait ainsi un lieu privilégié de sociabilité pour les seigneurs féodaux de l’époque. Aujourd’hui encore, ce jardin avec le donjon en arrière-plan, vous plongera dans l’époque. Et pourquoi ne pas déguster un thé matcha dans le paisible pavillon de thé Hosho-dai ?

Le château de Hikone a miraculeusement été préservé, mais malheureusement, de nombreux autres héritages historiques sont menacés d’oubli au Japon. Il est plus que jamais nécessaire d’agir pour les préserver et transmettre leur richesse culturelle aux générations futures.

Paysage verdoyant

Une petite escapade au village d’Ohara

Ohara est un village paisible, niché à 12 kilomètres au nord du quartier de Demachiyanagi qui s’étend autour du delta formé par la confluence des rivières Kamo et Takano. Tandis qu’Arashiyama, avec ses paysages pittoresques, était autrefois un lieu prisé des empereurs et de la noblesse, Ohara était réputé comme un havre de paix où se retiraient les nobles et les moines pour s’échapper des ennuis et des tumultes du monde.

Si la canicule de Kyoto touche à sa fin, les températures resteront encore élevées en début d’automne. Si vous recherchez un peu de fraîcheur et de tranquillité, pourquoi ne pas faire une petite escapade à Ohara ? Ce village vous dévoilera un autre visage de la ville.

Comment se rendre à Ohara

Prenez le bus numéro 19 à la station Kokusai-kaikan sur la ligne Karasuma et descendez à l’arrêt final Ohara. Le trajet dure environ 20 minutes (360 yens). Ohara est situé en amont de la rivière Takano. Le trajet vous offrira aussi des paysages champêtres.

Le temple Sanzen-in

Ce temple d’une histoire millénaire a connu de nombreux déménagements et s’est finalement installé à Ohara à la fin du XIXème siècle. Son arrivée est relativement récente, mais ses paysages pittoresques s’intègrent harmonieusement dans l’atmosphère d’Ohara.
Il abrite deux magnifiques jardins et partout, le doux murmure de l’eau est des plus agréables. C’est l’un de mes temples favoris à Kyoto.

Autour du temple Sanzen-in

Vous pouvez également visiter les petits temples autour de Sanzen-in. Ils ne sont pas grands mais regorgent d’histoire. Ne manquez pas le majestueux pin de 700 ans du temple Hosen-in, le regard miséricordieux du grand Bouddha Amida au temple Shorin-in, et les fleurs au fil des saisons… Une escapade qui vaut le détour.

Bonne adresse à Ohara
Shino Shoumon 志野 松門

Ce restaurant, à l’atmosphère champêtre et rustique, propose un déjeuner à base de légumes locaux d’Ohara. Goûtez aussi le jus de feuilles de shiso rouge, une sorte de basilic japonais.


  • À 5 minutes à pied de l’arrêt de bus Ohara sur le chemin vers le temple Sanzen-in
  • Heures et jours d’ouverture
    Tous les jours
    11h-17h (dernière commande du déjeuner : 14h30)
  • Prix
    Hassai lunch (déjeuner à base de légumes du terroir) : 2 310 yens
    Bol de riz accompagné de rosbif : 2 530 yens
    Porc pané frit, accompagné de légumes variés du terroir : 3 080 yens, etc.
Oubai-in

Un moment de zénitude au temple Oubai-in, Kyoto

Oubai-in est un des sous-temples de Daitoku-ji, Kyoto. Il règne un silence reposant au temple Daitoku-ji, contrastant avec l’atmosphère du temple d’or qui, non loin de là, regorge toujours de touristes. Daitoku-ji abrite plus d’une vingtaine de sous-temples au sein de son vaste enceinte, dont seuls quatre (Ryogen-in, Zuiho-in, Daisen-in et Koto-in) sont habituellement ouverts au public. Les jardins pleins de saveurs de chacun de ces temples méritent une visite (Koto-in est actuellement fermé et sa réouverture reste incertaine). Depuis quelques années, le jardin de bonsaï de Hoshun-in et Oubai-in sont également accessibles au public.

Chaque été, j’entends souvent de mes clients qu’ils étaient impatients de visiter Kyoto pendant leurs vacances mais qu’il faisait trop chaud et humide pour profiter pleinement de la ville. Bien qu’il soit impossible de contrôler la chaleur, je vous invite, dans cet article, à découvrir Oubai-in, un lieu où vous pourrez vous ressourcer loin de l’agitation.

L’enceinte de ce temple, bien plus vaste qu’on ne pourrait l’imaginer de l’extérieur, abrite quatre jardins aux ambiances distinctes, offrant une vue agréable et paisible.

Jikichu-tei

Jikichu-tei
Un jardin sec recouvert d’un tapis de mousse conçu par un grand maître de thé au XVIème siècle.

Jardin Hato-tei

Hato-tei
Un jardin sec simple conçu au XVIème siècle. Les deux pierres représentant les bodhisattvas sont posées sur la mousse.

Jardin Sabutsu-tei

Sabutsu-tei
Une grande pierre représentant une cascade est disposée. Ce jardin est relié au jardin Hato-tei.

Jardin Kanza-tei

Kanza-tei
Un petit jardin moderne. À travers une fenêtre arrière, on aperçoit le jardin Sabutsu-tei.

Et ici et là, des coins respirent une beauté zen discrète.

Il existe aussi des espaces propices à la méditation tranquille, face aux jardins. Même par temps chaud, une certaine fraîcheur semble apaiser l’esprit. Peut-être est-ce dû à la beauté sereine et pure que dégagent ces jardins. La saison des feuilles rouges d’automne pourrait attirer de nombreux visiteurs dans ce temple habituellement paisible. Ce moment présent, où l’on savoure la sérénité du temple en contemplant la variété des nuances de vert, est peut-être le plus précieux.

  • Période de visite habituelle :
    Tarif : 1 000 yens
    Horaires : Ouvert de 10h à 15h30. Veuillez noter que ce temple ferme un peu plus tôt que d’autres temples.
  • Période spéciale d’automne (5 octobre – 8 décembre 2024, sauf les 28 et 30 octobre)
    Tarif réduit : 800 yens
    Horaires prolongés : Ouvert de 10h à 16h.

    Attention : La photographie est interdite.